13 octobre 2013

Je t’aime, moi non plus : la romance comme une valse (2/3)

Lors du précédent épisode article, j’étais restée sur la question : « Pourquoi est-ce que j’apprécie les belles histoires d’amour dans mes genres de prédilection tout en ayant des difficultés avec les romances ? »… alors même que je venais d’avouer que celles-ci firent partie de mes premières lectures. 
J’y ai pas mal réfléchis et cela tient à de nombreux aspects qui viennent renforcer ceux qui m’en avaient éloignée à l’adolescence.




1- J’aime lire de bonnes intrigues, pas uniquement basées sur l’arc sentimental ou du moins pas réduites à celui-ci. Je préfère en effet que ce dernier vienne les enrichir.
2- J’aime que les personnages dépassent (ou pas) leurs faiblesses et leurs obstacles pour des motivations diverses et pas uniquement pour les beaux yeux d’un love interest.
De préférence pour / par eux-mêmes.
3- La virginité reste un pilier du fond de commerce de la romance : si cela sert l’intrigue, en présentant une utilité réelle ou une logique, pas de souci, dans le cas contraire, j’ai du mal. Surtout, c’est révélateur de l’âge des héroïnes, et personnellement je ne peux me contenter de toujours lire des histoires de jeunes filles / jeunes femmes qui font leur expérience. Je veux aussi des héroïnes qui en ont déjà, et dans toutes les tranches d’âges. J’estime qu’on peut aimer à tout âge. Y compris (surtout !) quand on est vieux.
4- Dans les romances, il me semble avoir remarqué que, lorsque l’héroïne n’est pas vierge, elle a rarement été contentée sexuellement (ou pire, elle est soi-disant frigide) ; bien entendu le héros va la faire grimper aux rideaux. Sans commentaire.
5- Dans la même veine, le héros  semble être le seul autorisé à compter dans la vie de l’héroïne : là, je suis carrément réfractaire, car cela signifie que, lorsque l’héroïne a du vécu, ses ex sont toujours critiquables et critiqués. Ou mort. Idéalement les deux. C’est valable dans les deux sens, avec par exemple le héros qualifié de libertin qui se range pour la seule femme qui compte vraiment (sic).
6- L’héroïne est donc inexpérimentée ou mal baisée, mais pas le héros qui au contraire a bien profité de la vie. Bah voyons. Ça, heureusement, c’est en train de sacrément évoluer, d’après mes dernières lectures (Ô miracle !).
7- Ce qui vaut mieux, parce que j’ai lu encore récemment que les héroïnes « trop libérées » (sexuellement) sont proscrites en romance, ou que les hommes moins expérimentés sont moins aimés des lectrices. Ça m’a fait mal au cœur.
8- Dans les romances, le héros et l’héroïne sont beaux, parfaits même, on leur colle bien parfois un défaut physique mais il ne fait que leur donner plus de charme. Désolée, je n’adhère pas. Surtout si, pour compenser, c’est leur caractère qui est profondément défectueux (même viril, un con reste un con).
9- J’ai toujours un petit souci avec le glamour et la guimauve : surtout quand ils sortent de la bouche des héros. Les « mon amour » à la louche me hérissent le poil, et pourtant c’est un moindre mal en regard de certains dialogues sur lesquels je me suis bien marrée.
10- Beaucoup de romances reposent sur l'incommunication, afin d'utiliser les a priori, quiproquo et autres ficelles (parfois des câbles) pour justifier des intrigues bancales ou inexistantes qui seront entièrement résolues dans les dernières pages. Du coup, j’ai beaucoup de mal à adhérer à ces résolutions, souvent très artificielles / irréalistes. Sans revenir sur les tergiversations qu’elles entraînent, dont je parlais dans l’article précédent, et qui m’agacent toujours autant.

Tout ça cumulé, vous l’aurez compris, je suis fondamentalement mauvaise cliente pour les romances.
Pourtant, j’en lis de nouveau… que s’est-il donc passé ?


Tout d’abord, il y a eu des « phénomènes » littéraires : la chick-lit et la bit-lit. Même si j’en ai peu lu, je n’ai pu qu’applaudir ces genres qui ont explosé les clichés des romances classiques tout en offrant pourtant des intrigues souvent très basées sur l’arc sentimental et même complètement dépendantes de celui-ci. 
 
(je songe à commander, un jour, tous les Isabel Wolff)
(qu'est-ce que j'ai pu me marrer avec celui-ci)

(archi fan)
(cette lecture là, c'est de la faute de Cindy)


Après, il y a eu les « petits bijoux » de littérature contemporaine qui, à mes yeux, sont bel et bien des romances mais pas estampillés tels que car, encore une fois, ils en dépassent les codes. Je songe en particulier au délicieux Le mec de la tombe d’à côté (la fin aurait dû me hérisser, mais non, car elle est d’une logique sans faille et tout à fait appropriée aux personnages).

 (drôle, irrévérencieux, cute)
(mais quelle couv' atroce !)

Enfin, il y a la vile influence des copines, blogs, forums.
Les copines, les pauvres, je leur en fais voir de toutes les couleurs car, parfois, les titres qu’elles me conseillent me déplaisent pour des points de détails. Elles doivent vraiment m’apprécier parce qu’elles ne renoncent pas et continuent à me coacher en me suggérant de nouvelles lectures.
Je suis une pinailleuse, pourtant. En effet, je visualise maintenant comme des ficelles, des câbles même, les aspects "clichés de romance" qui me gênent aux entournures. Après, certes, il y a :
- des romans qui présentent ces mêmes travers alors qu'ils ne sont pas des romances ;
- des auteurs de romances doués pour les faire passer, les intégrer dans le décor, mais je n'en lis pas assez pour en avoir croisé beaucoup à ce jour, de ces auteurs. 

Reste donc la question de fond : continuerai-je à lire des romances ? La suite dans le 3ème article !



8 commentaires:

  1. ah ah tu parles d'une faute :D Une des meilleures séries de fantasy urbaine que je connaisse ;-) Et j'imagine juste la tête de Kate si Curran commençait à lui déverser de la guimauve dans l'oreille... Priceless!
    La fin pour demain ? :)

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    1. Je pense que Curran se ferait proprement démonter la tête... non ?
      Priceless, c'est clair ! ^^

      Tu as vu, j'ai livré la fin quasi dans la foulée (demain, je n'aurai pas le temps de blogger).

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  2. Vu que j'ai exactement les mêmes soucis que toi avec la romance, je vais lire celles que tu as aimées ! ^^

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    1. N'hésite pas à lire les retours de lecture, d'abord, ou à me demander les défauts que j'y ai trouvé (je ne m'étale pas forcément dessus dans mes retours).
      J'espère que certains te plairont. Là comme ça, je conseille surtout Moïra et Svein (si tu aimes la SF).

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  3. Pareil qu'Aelys !
    ps : j'aime beaucoup ces articles ! ;)

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    1. Merci miss... ça fait plaisir d'avoir un retour dessus (ça m'a pris un temps fou pour les rédiger).
      Sinon, même conseil que pour Aelys, n'hésite pas à fouiller ou me demander directement pour les titres. Par contre, sachant d'office que toi, tu n'aimes pas la SF, je te suggères d'esquiver Moïra et Svein. ;)

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  4. A quand une romance entre un jeune diplomé en littérature en manque de confiance qui rencontre une femme d'affaire aussi richissime que dominatrice ? ^^

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    1. Je suis certaine que ça doit se trouver... mais pas au rayon romance... ^^
      En tout cas, je prends ! *rires*

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