26 mai 2017

J'ai découvert sur Etsy que les princes existent*...

* ... par paquet de 16, fourrés au chocolat !
(OK, en fait, je le savais déjà)

Je vous ai parlé de ma furieuse tendance à me disperser ? 
Eh bien figurez-vous que j'ai d'autres défauts au compteur qui n'aident pas (eux non plus).
Le voici enfin, l'article dans lequel j'avoue passer des soirées entières à scroller sur certains sites plutôt que de bosser...

J'ai découvert (au final assez récemment) le terme "procrastiner" et je m'étais mise en tête que j'étais 'victime' de ce phénomène mais en fait... après analyse... pas tout à fait.
Procrastiner n'est pas dans ma nature et ne l'a jamais été.
Voilà la vérité brute : j'ai commencé cet article en voulant aborder un sujet - la procrastination - pour le finir sur un autre - le phénomène de fuite. J'ai dû en grande partie le réécrire. Cela m'apprendra.


Forcément, c'est sans doute plus facile de se revendiquer procrastinateur que d'employer le terme de fuite, parce que jouer les fugueurs a très certainement une connotation qui passe nettement moins bien en société. Pourtant, je suis loin (très loin) d'être la seule à adopter ce type de comportement.

En fait, j'ai l'impression que l'être humain sait inventer mille et une astuces pour ne pas faire ce qui doit être fait avec toute l'imagination dont il est capable (amis des mauvaises excuses, bonjour !). Le pire étant quand même que, dans la majorité des cas, nous n'en avons pas conscience et ça, ça peut devenir un sacré problème.


Ma petite révélation personnelle a eu lieu suite à la découverte de la vidéo de Tim Urban partagée par Aemarielle sur son blog. Mon premier réflexe a bien entendu été de jaser sur mon petit singe personnel (ah ah) mais je sentais bien que quelque chose ne collait pas et, en effet... mon fonctionnement personnel est encore plus... tordu ? aléatoire ? ingérable ?
Puis j'ai repensé à des échanges que j'ai eus lors d'une formation sur l'accompagnement du changement, fin 2014 et... j'ai réalisé.

En tout cas, prenez le temps de regarder la vidéo de Tim Urban, elle est terriblement drôle et bien fichue.
Ce qu'il en ressort, très résumé, c'est qu'il existe deux types de procrastination (on peut appliquer l'une, l'autre, ou les deux) :
  • Celle qui touche des tâches / projets avec des délais définis : en général, les procrastinateurs rattrapent leur retard en bossant comme des malades juste avant la date butoir et s'en sortent.
  • Celle qui touche des tâches, envies, rêves, projets au long court, sans dead-line : là par contre, elle fait plus de "dégâts" car on peut se retrouver spectateur de sa propre vie, à toujours tout reporter sans jamais concrétiser / mouiller sa chemise.
    C'est une terrible source de frustration, de regrets et d'angoisse
De mon côté, les dead-lines sont mes amies, j'apprécie (un peu trop) les rétro-planning, j'aime pouvoir planifier, découper un projet au-secours-c'est-trop-énorme-je-n'y-arriverai-jamaaaaaais (hum ; ça vous parle ?) en petits morceaux qui me paraissent inoffensifs si je les prends un par un, individuellement, et que je définis bien les priorités.

Sinon, ça donne rapidement ce résultat-là...

Quand quelque chose me tient vraiment à cœur, je finis tôt ou tard par le gérer comme un projet, je le décortique, définis des dead-line et je m'y atèle. Tant pis si je me plante au final, au moins j'aurai tenté et j'en retire toujours quelque chose ; même si l'échec est si mal vu et la réussite tellement tout le temps plébiscitée, dans notre société, que ça me demande souvent du temps pour digérer.

Le problème est plutôt... sur les trucs qui ne me motivent pas. Et qui, en plus, empiètent sur des loisirs ou des tâches auxquels j'ai bien plus envie de consacrer du temps. Mais je finis tôt ou tard par prendre la décision qui s'impose : soit je fais, soit je laisse définitivement tomber en toute conscience.
Bien entendu, ce n'est pas toujours aussi manichéen : parfois je vais le faire de façon détournée, si je ne peux pas gérer en frontal, parfois, je vais appeler à l'aide (si j'ai juste besoin d'un coup de pouce, de fouet ou... de compétences / moyens que je n'ai pas... ce serait dommage d'abandonner un projet réalisable et intéressant).
Dans tous les cas, pour que je me bouge, il vaut mieux que je sois motivée ; sinon, ma force d'inertie peut faire peur. Tssss, n'allez par prétendre que cela ne vous ai jamais arrivé, je ne vous croirai pas.


Cependant, comme je le signalais en introduction, je peux aussi avoir cet autre défaut, très ennuyeux car il est inconscient : la fuite.
Elle est vicieuse car c'est un processus qui trouve sa source dans la peur de l'échec, le manque de motivation, la surcharge mentale, le stress, le surmenage, bref, elle se nourrit de beaucoup de choses et sait se cacher si bien qu'il est difficile de lutter contre. Surtout qu'elle entretient la démotivation et la mauvaise image de soi.
Depuis que je me suis découverte sujette à la fuite, j'ai décrété de façon unilatérale que c'est mon pire ennemi intérieur. Rien de moins.

Le gros souci avec la fuite, c'est qu'elle peut ressembler à de la procrastination, ou bien se cacher derrière une activité intensive : tout en faisant plein de choses, je me découvre parfois en pleine situation de fuite ou bien je réalise que je l'ai été (trop tard, forcément).
Je ne trouve pas évident de la détecter à temps pour la tacler et tout remettre en ordre.

D'autant plus que je ne suis pas aidée par ma boulimie. J'ai envie de goûter à plein de trucs sans avoir du temps libre à rallonge. Je dois me raisonner pour rester concentrée, ce pour quoi je ne suis pas douée.
C'est dur de lâcher du lest en me disant "laisse tomber, n'essaye même pas : tu ne pourras pas le coller dans ton planning ni en soirée, ni le week-end".
Ça, c'est frustrant !


Du coup, je reste une personne qui se disperse continuellement, toujours en train de faire et de penser à 1001 choses, incapable de se spécialiser et, si je ne me botte pas le train pour m'obliger à trier, organiser, prioriser, forcément, ça part en vrille... tout en ayant jamais l'occasion de m'ennuyer.
Malgré tout, je n'arrive pas à trouver ce travers vilain car, quelque part, il m'apporte une curiosité qui me nourrit, à sa façon.

En ce sens, découvrir et adopter le Bullet Journal m'a changé la vie.
J'y jette mes idées, envies, rêves et trucs-à-faire et... pfff, ça me permet de me mieux me concentrer sur ce que je dois faire là-tout-de-suite-maintenant. Enfin, si je me discipline assez pour bien le tenir, mon BuJo... quoi qu'il en soit, c'est un outil qui m'aide car il me permet de diminuer ma charge mentale.

Là où cela devient véritablement gênant, c'est qu'une situation de fuite peut se nourrir de ce petit penchant pour la dispersion... puis venir l'augmenter ! Dans ce cas, les outils organisationnels peuvent aider, mais pas toujours.
En effet, il faut prendre conscience du nœud du problème pour le défaire.

J'en arrive donc à un stade où je préfère ne pas confondre un phénomène de fuite avec de la simple procrastination.

C'est moins sympa, mais il faut savoir appeler un chat, un chat

Pourtant, ça peut parfois sacrément y ressembler, et le piège est bien là : la fuite peut avoir une source très précise, être provoquée par un projet spécifique ou une crainte d'échec.
Malgré toute ma motivation, j'esquive en me lançant dans d'autres activités ou en me surchargeant plus ou moins inconsciemment de façon à ne plus avoir de temps ni d'énergie à consacrer au sujet qui me pose problème.

Là où ça devient plus tordu, c'est qu'il m'arrive même de faire des trucs qui ne me motivent pas plus que ça (trucs sur lesquels je ne perdrai pas de temps si j'étais quelqu'un de sensé), juste pour avoir à éviter les tâches que je fuis. Quand j'en arrive là, franchement... il faut que je fasse quelque chose !

Alors, oui, je vais arrêter de reluquer les blogs parlant chiffons (ou limiter, en tout cas), arrêter de perdre du temps avec la gestion de mes fringues, limiter mes connections et la lecture de magazines, arrêter de scroller sur Etsy, Vinted, Pinterest ou de passer de page en page sur Wikipedia et... me remettre sérieusement à écrire.

En fait, vous l'aurez sans doute deviné : si j'ai réussi à rédiger cet article, c'est bien parce que Muse est revenue.

J'ai découvert que les princes existent ; quelque part, à l'autre bout du monde, un beau brésilien* pleure.

Au retour de Muse... quand j'ai vu toutes les valises qu'elle a rapportées..
seulement, partir en courant n'est pas une option envisageable !

* désolée de finir avec une private joke, celles qui savent comprendront.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire