9 juillet 2016

Je le veux

Roman contemporain d'Eliza Kennedy, traduit par Daphné Bernard, éditions Robert Laffont / Pocket.

Il y a des romans, comme ça, dont le pitch intrigue (bien plus que la couverture ou le titre) : ils ont l'air de sortir des sentiers battus et de promettre une lecture bien sympa. La plupart du temps, quand je me laisse tenter par ce type de roman, j'espère juste que l'auteur va vraiment assumer jusqu'au bout et que je ne serai pas déçue par la fin...

C'est ainsi que je me suis positionnée sur le titre Je le veux, l'un des romans en partenariat sur le forum Mort Sûre, en croisant les doigts très très fort pour que la lecture soit aussi jubilatoire qu'elle le promettait.
Je peux le dire tout de suite : ça a été encore mieux que ça !


Evidemment, si vous êtes du genre collé-monté, plutôt coincé, adepte du slut-shaming, je vous inviterai aimablement (ou pas) à passer votre chemin. Clairement, les choix de vie de Lily vous feront grincer des dents et vous serez infichu de les comprendre et sans doute prompte à la juger à l'emporte pièce, comme son idiot de collègue Lyle (alors que ce qu'il fait de son côté, avec sa rétention d'information au sujet d'un procès capital, est bien plus grave !).

Car Lily...
est la digne fille de son père. Celui-ci est un Don Juan et la jeune femme lui ressemble, tout simplement. Eh oui, le scoop, les femmes aussi peuvent aimer le sexe pour le sexe !
Ajoutez à cela les valeurs morales particulières de sa famille (qui a au moins le mérite d'être saine, puisque tout est clair pour tout le monde !) et son caractère particulièrement trempé, Lily n'est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds ni à faire décoration dans une soirée. Et quand un homme lui plait, elle s'emballe. Elle aime séduire, elle adore encore plus coucher et pour compenser toute l'énergie qu'elle dépense pour son travail, elle n'hésite pas à brûler la chandelle par les deux bouts.

Lily est avant tout une femme accro à son job d'avocat (encore junior, mais prometteuse) et libre. très libre... autant dire que ses proches, ceux qui la connaissent et l'aiment telle qu'elle est, ne comprennent pas sa décision de se marier.
Elle même se demande comment elle a bien pu accepter la demande de Will... il faut dire qu'il la fait craquer et que la demande en question, si romantiquement présentée, l'a si bien prise au dépourvu qu'elle l'a acceptée ; pourtant les sentiments forts qu'elle éprouve pour lui risquent plus de le blesser qu'autre chose.
Car au final, le seul qui ne semble pas au courant de la véritable personnalité de Lily, c'est son fiancé... alors forcément, pas étonnant que tout le monde, en priorité sa grand-mère (ancienne ténor du barreau, son modèle), sa mère et ses deux belles-mères lui mettent une pression dingue pour qu'elle annule le mariage...

Ajoutez à cela que la jeune femme est, en parallèle, envoyée au casse-pipe pour préparer un témoin pour une déposition dans un procès important pour son cabinet, et sa semaine prénuptiale ne sera pas sereine du tout ! Surtout lorsqu'elle découvre, affligée, que le témoin en question n'est vraiment pas doué (c'est bien peu de le dire) et qu'en plus la société qu'elle défend est vraiment dedans jusqu'au cou. Non seulement elle est sur la sellette sur le plan personnel, mais aussi sur le plan professionnel. C'est sa carrière qui est en jeu si elle n'arrive pas à gérer la déposition. 

Je pense que ce que j'ai le plus apprécié, dans ce roman, c'est que l'auteur va au bout des choses, ne choisi aucune facilité, ne cède pas à des ellipses malvenues, et que tous les personnages y règlent leurs comptes, d'une façon ou d'une autre.
La déposition du témoin en particulier est un passage énorme. Puisque Lily a face à elle un vieux de la vieille paternaliste et condescendant, elle va lui faire ravaler ses "jeune demoiselle" à sa façon, et il n'est pas prêt de l'oublier ! Certes, du point de vue de la déontologie, ce n'est sans doute pas ça, mais elle obtient ce qu'elle veut (du temps pour que son senior puisse éviter un désastre pour son cabinet), ce qui lui vaut même d'être félicitée par sa grand-mère !

Ce roman a donc été ce qu'il promettait, jubilatoire et même plus. 
J'ai adoré le fait que Lily ne change pas, au contraire, elle utilise ses atouts pour régler ses problèmes sur différents fronts.
J'ai adoré les retournements de situations. Je me suis attachée à tous les personnages, certains étant sacrément hauts en couleurs.
J'ai adoré qu'une femme puisse être aussi libre et que son entourage l'accepte sans problème.
Et j'ai eu le cœur serré pour elle dans certains passages. Parce que ce roman est loin d'être dénué d'émotions...

Lily se marie dans huit jours. Pour ceux qui ne la connaissent pas ou peu (à commencer par son futur mari, Will, rencontré il y a six mois), c'est une merveilleuse nouvelle. Pour ceux qui la connaissent mieux (ses copines, ses amants, les ex-femmes de son père), c'est presque une blague. Même elle n'y croit pas. avec une foi dans la monogamie proche du zéro, une fâcheuse tendance à coucher avec le premier bellâtre venu au premier cocktail sifflé, Lily court à la cata.
Et s'il suffisait de le vouloir pour le croire ?

Les plus du roman :
- la personnalité complexe et contradictoire de Lily
- les personnages secondaires truculents, en particulier les ex-femmes
- le flingage en règle de la déposition du témoin (grand moment !)
- le règlement de comptes entre Lily et son cher collègue Lyle

3 commentaires:

  1. La couverture me plaît beaucoup (je suis quelqu'un de futile concernant les couvertures, j'assume !) et même si ce n'est pas mon genre de prédilection, je pense que le personnage de Judith saurait me plaire. Merci pour la dcouverte :)

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    1. De rien !
      J'ai lu à plusieurs reprises que certains lecteurs trouvent la fin WTF! mais je pense que ça dépend de quelle façon elle est interprétée.

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  2. Sans ta chronique, je ne me serais pas arrêtée sur ce roman... à tort! Je note le titre, je sens qu'il pourrait me plaire!

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