20 juin 2016

Lectures de mai

Chhhhhuuut. Ne dites rien.
Je suis moins en retard que le mois dernier !

Si vous avez suivi, vous ne serez pas surpris d'apprendre que j'ai lu début mai les deux derniers tomes de la série L'exécutrice, de Jennifer Estep, traduite par Laurence Murphy et éditée par les éditions J'ai Lu. Je n'en parlerai pas plus que dans le bilan précédent.

L'orchidée et l'araignée (tome 4) et La revanche de l'araignée (tome 5) possèdent les mêmes qualités que les précédents tomes et j'y applique les mêmes bémols ans pour autant nier qu'ils sont plus addictifs que jamais. Je n'en dis pas plus pour ne pas spoiler.
Au final, ces 5 tomes se tiennent et se terminent en apothéose, formant un tout cohérent.

Je sais que la série se poursuit en VO, sans doute avec une tout autre Némésis, cependant elle n'a pas été traduite à ce jour. Je suppose qu'on peut en faire notre deuil...

 



Dans le style "je poursuis dans ma lancée", j'ai aussi terminé la lecture des romans jeunesse d'Anne Rossi que j'avais en stock. C'est toujours un régal, une découverte de jolis portraits.

J'ai commencé avec Petite Musique de Nuit, de feu les éditions Les Lucioles, qui avaient choisi pour la peine une couverture assez flippante... au final bien dans le ton du roman ! En effet, Stella et Amaury, deux enfants contraints et forcés de cohabiter dans une nouvelle maison (la joie des familles recomposées !), vont devoir rapidement trouver un terrain d'entente pour faire front : il se passe des choses bizarres, dans la vieille bicoque.

Surtout la nuit, quand une petite musique entêtante les empêche de dormir... mais que leurs parents n'entendent pas. Les enfants vont donc fureter, s'intéresser à l'histoire de la maison et de ses habitants et découvrir que, malheureusement, les hantises peuvent être terriblement dangereuses.

Pour s'en sortir, ils devront apprendre à se serrer les coudes, et ce n'est pas gagné vu leurs personnalités et l'éducation quasi opposée qu'ils ont reçue. 


Après cela, j'ai découvert Suzy Online, paru chez le même éditeur, qui aborde une toute autre forme de hantise ! Lou découvre en effet que sa romancière préférée, dont la mort l'affecte beaucoup, a survécu sous forme virtuelle et squatte son PC !

A partir de là, enchantée, Lou accepte de reprendre en son nom la prose de Suzy. Cependant, petit à petit, Lou s'interroge sur l'influence de son auteure fétiche... d'autant plus que celle-ci a la fâcheuse tendance à mettre son nez partout, y compris dans ses relations au collège.

Lou va ainsi découvrir que non seulement il est dangereux de s'approprier l'oeuvre d'une autre, mais qu'elle risque aussi de passer à côté de ses véritables aspirations et de gâcher son talent. Il n'est cependant pas toujours facile de faire le deuil de ses propres rêves.pour découvrir qui l'on est vraiment.


Vu que j'étais branchée littérature jeunesse, j'ai poursuivi avec Cook and Love, qui est loin d'être aussi mièvre que titre et couverture l'annoncent, mais bel et bien aussi sucré !
Ce roman de Katie Cannon, traduit par Emmanuelle Pingault pour les éditions Milan, aborde tout d'abord la difficulté, pour Lottie, de faire le deuil de son père un an après l'accident qui lui a coûté la vie. Ayant toujours été protégée par ses parents, l'ado possède une certaine innocence proche de l'enfance, tout en sachant très bien que les problèmes de sa mère, qui vit encore plus mal qu'elle la disparition de son mari, ne sont pas anodins.

Paumée, isolée, Lottie ne sait réagir que d'une façon : en cachant le "secret" de sa mère. Ce qui pose souci quand le proviseur exige qu'elle (re)développe un minimum de vie sociale. J'avoue que j'ai trouvé le côté hyper-intrusif du proviseur étrange, surtout vis à vis d'une élève qui ne pose pas de problème, mais c'est peut-être normal en Angleterre ; dans tous les cas Lottie s'inscrit sur un coup de tête au club de cuisine afin de rassurer l'équipe éducative et d'éviter une visite chez elle. Petit à petit, malgré les craintes qui ne la quittent jamais, elle va de nouveau créer des liens et reprendre pied. Elle avait tout simplement occulté cette passion qu'elle partageait avec son père et se prend rapidement au jeu.

Le seul truc qui m'a agacée, c'est que Lottie se montre infecte à plusieurs reprises avec Mac, qui est bien sympa de lui pardonner à chaque fois. Certes, elle veut protéger son foyer, mais à force, j'ai trouvé certaines ficelles répétitives. J'ajoute que Mac est peut-être encore plus intéressant à suivre, vu les contraintes auxquelles il est soumis à cause des attentes de son père.
Malgré le petit côté naïf du roman (la narration étant à l'image de son héroïne), je l'ai trouvé mignon et la "bande" de jeunes cuistots m'a fait passer un bon moment. Par contre, je suis nettement moins convaincue par les recettes au programme... allez savoir pourquoi ! 
(les anglais mangent de ces trucs strange, parfois)



Après cela, j'ai lu un roman young adult nettement moins naïf (pas naïf du tout, même !) mais je n'en parlerai pas plus vu que je lui ai dédié une chronique spécifique. Suivez ce lien pour en savoir plus sur Cette fille c'était mon frère, de Julie Anne Peters, traduit par Alice Marchand et paru lui aussi aux éditions Milan.


Après ces lectures contemporaines, j'ai cédé à la tentation de lire le tome 3 de la série urban fantasy Alpha & Omega, de Patricia Briggs, toujours traduite et éditée par Milady.

Au départ, je ne souhaitais sincèrement pas lire Jeu de Piste, surtout que le tome 2 ne m'avait pas plus emballée que ça. Seulement, plusieurs retours de lecteurs en disaient beaucoup de bien et un événement qui s'y déroule est mentionné dans le dernier tome que j'ai lu de la série Mercy Thompson : forcément, l'envie d'en savoir plus m'a trop titillée.

Au final, malgré quelques bémols, j'ai vraiment apprécié l'immersion et surtout la fin, qui est géniale. Terrible, mais géniale. Malheureusement, quand on sait comment se sont déroulés certains procès aux USA et les pseudo condamnations qui en ont découlé (c'est d'ailleurs encore à mettre au présent, en fait), ce n'est pas vraiment surprenant et même carrément crédible. Je pense que l'auteure a voulu pointer du doigt (avec succès !) des travers judiciaires qui font régulièrement trembler et flamber des villes... j'en dis déjà trop alors je me tais, c'est un tome à lire, rien que pour son côté thriller très efficace.

Par contre, il parait que la traduction du tome 4 a été bâclée, beaucoup de fan l'ont littéralement écharpé et en déconseillent la lecture. Du coup, je pense que je vais m'abstenir. Histoire de rester sur une bonne impression.


Pour finir le mois de mai, j'ai pris un virage à 180° en m'enquillant coup sur coup deux romans historiques mâtinés tous les deux de voyages dans le temps et de romance et pourtant... aux antipodes l'un de l'autre !
En fait, ce n'était pas franchement fait exprès, c'est après avoir lu ces deux pavés que je me suis rendue compte des points communs.

Le premier, le 1er tome de la série Outlander, de Diana Gabaldon, traduit par Philippe Safavi et édité par J'ai Lu est un tel best seller mondialement connu (surtout vu le succès de la série) que je ne vais pas trop perdre de temps dessus. Au final, j'ai trouvé que Le chardon et le tartan est une lecture sympa, une excellente surprise même (oui, désolée, on me l'a vendu comme une "romance", alors j'étais sur l'expectative) surtout grâce à la narration moderne et décomplexée de Claire.

Quand je parlais de pavé, je n'exagérais pas, d'ailleurs je ne crois pas avoir déjà payé un autre poche 16 € ! Pourtant ce roman se boit comme du petit lait et c'est un vrai bonheur à lire car le style et l'intrigue sont maîtrisés. Au final, c'est bien plus que la romance à laquelle ce roman a été réduit, c'est avant tout un roman historique plein d'humour, mettant en scène de sacrées personnalités, le tout avec une petite touche fantastique.
Après, j'ai tout de même des bémols à émettre. Ainsi, Claire "oublie" un peu trop vite d'où elle vient et son premier mari (quoique que je comprends ce que voulait l'auteur et lui trouve des excuses).
Ce qui m'a plus dérangée, au final, c'est l'acharnement de l'auteur sur Jamie (ce ressort systématique m'a vraiment gonflée par son côté too much, manquant complètement son effet au point de me gâcher la fin du roman). J'ai donc eu de la peine à terminer, cependant je ne regrette pas ma lecture sur l'ensemble.

A noter, je suis épatée par le nombre de tomes que comporte la série. Par contre, vu qu'ils sont encore plus énormes, je vais esquiver. Si j'en ai le temps, je pense que je me contenterai de la série... (vu ma malédiction personnelle, c'est mal barré).


Le dernier roman lu en mai, de son côté, m'a d'abord déroutée par son début. Très axé sur la religion, je me suis d'abord demandée où l'auteur comptait m'emporter, jusqu'à ce que je plonge pour de bon, charmée par le décorum slave.

Il faut dire que la plume d'Orson Scott Card est excellente, j'ai été bluffée par certains passages, le mélange d'onirisme et de critique s'équilibrant sans que l'un ne gâche l'autre. Si Enchantement m'a été décrit comme une relecture de La belle au bois dormant, je peux désormais vous affirmer que ce roman traduit par Arnaud Mousnier-Lompré pour les éditions Points est bien plus que ça... car là où les contes s'arrêtent après le baiser (éludant la suite par le fameux "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants") Enchantement ne fait que commencer... et croyez-moi, le mariage et les enfants, ce n'est pas gagné !

En effet, en réveillant sa belle, Ivan se voit contraint - malédiction oblige - de la suivre pour l'épouser... plusieurs siècles avant sa propre naissance.
Si, en 1992, il possède un rang social établi par ses qualités de futur chercheur, aux yeux de sa fiancée et de son peuple, il n'est qu'un gringalet. N'étant pas physiquement "armé" pour les mener à la guerre, il est jugé incompétent pour la fonction de roi. Donc, pour le clinquant du prince charmant, on repassera... Les deux fiancés sont tout d'abord incapables de se comprendre et même si Ivan fait des efforts, cela se retourne régulièrement contre lui, le choc culturel tenant parfois dans des points de détails.

Le pire étant qu'Ivan est déjà fiancé, refuse de se marier avec la belle et ne souhaite qu'une chose : trouver une solution pour annuler ses obligations médiévales et surtout, rentrer chez lui, à son époque. Ce n'est évidemment pas aussi facile et quand il parvient à revenir en 1992, le mariage a été prononcé et c'est au tour de sa nouvelle épouse toute fraîche de s'adapter à une société complètement différente de la sienne, où elle passe du statut de princesse à celui de sans-papiers dont la langue est morte depuis belle lurette. Le tout en découvrant à quel point le mépris dont elle a inondé son fiancé a abîmé celui-ci.
Ajoutez là-dessus magie, sorcellerie, interventions plus ou moins divines et plus ou moins bienveillantes, le roman est juste tout en étant décalé par bien des aspects.

Les passages avec Baba Yaga en particulier sont priceless, surtout les échanges avec son époux, le dieu Ours : ce sont autant de petits bijoux d'humour et d'ironie mordante vraiment poilants, qui parviennent à faire passer l'horreur des crimes commis par cette affreuse sorcière d'un sadisme époustouflant, que son propre époux est contraint d'aimer pendant qu'elle le parasite pour son pouvoir.


Je dois aussi vous avouer, platement, que j'ai entamé (et rapidement abandonné...) la série Psy Changeling, de Nalini Singh, traduit et paru chez Milady.
Je me suis accrochée, vraiment... mais j'ai préféré arrêter les frais quand j'ai songé "Oh my! C'est presque aussi mauvais qu'Une nuit avec les Sole Regret*..." et surtout quand j'ai réalisé qu'il y a 14 tomes (au moins).

Il y a un moment ou, quand ça ne passe pas, ça ne passe pas. Il vaut mieux arrêter les frais !
Je ne suis pas certaine de devoir remercier les copines qui m'ont "vendu" le truc. Vous m'avez bien eue. Bande de garces ! (je vous aime quand même)
Là, je peux clairement affirmer que j'ai eu ma dose de mecs hyper dominants supra protecteurs, tellement tous sortis du même moule qu'ils en deviennent interchangeables.

J'ai eu ma dose de "mienne", de "pour toujours", et autres joyeusetés... sans parler du lien "à vie" et unique. J'ai cru entendre la voix de Curran murmurer "Non ? Ils arrivent à être encore plus cons que mes loups ?"
(la réponse est oui) (de loin !)
(quand on commence à entendre la voix d'un personnage issu d'une autre série, ça craint)
(il fallait vraiment que j'arrête les frais, là)

En résumé : si vous n'êtes pas rebuté par les romances dont les beaux discours sexistes sont à peine camouflés par la guimauve, vous pouvez tenter ; au moins, vous êtes prévenus !
Un avantage avec ce genre de roman, vous allez me dire : le sexe y est toujours fooormidaaable !
(d'où la comparaison avec les Sole Regret ?... hum hum)

Quand je pense que la traduction et l'édition en VF d'excellentes séries bien meilleures que ça sont laissées en plan, je suis dépitée.

Puis il faut bien l'admettre : lire du Psy Changeling après avoir goûté aux plumes d'Anne Rossi, Diana Gabaldon et Orson Scott Card, c'était purement inconscient de ma part.

* OK, j’exagère, tout est dans le "presque" : c'est mieux écrit, l'intrigue de fond / l'univers ne sont pas si mal, mais c'est moins drôle (pour la peine).

4 commentaires:

  1. Ah ah ! C'est marrant, je me suis refait un petit trip Mercy Thompson et Alpha & Omega ces derniers mois... Franchement Dead heat (Entre chien et loups) n'est pas mauvais du tout... Il faut juste passer le fait que Charles appelle son père "son 'pa" tout à coup après 4 tomes (je compte le tome 0 : les origines dedans). Ca m'a déstabilisée un bon moment mais ce serait dommage de rater la lecture... surtout pour toi qui aime tant les chevaux... (et ça vaut vraiment la peine d'être lu !!! Moi j'ai adoré en anglais comme en français (une fois le "dad" digéré... ^^; ) !

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    1. J'avoue que... "Charles appelle son père "son 'pa" tout à coup après 4 tomes" suffit à me stopper net. Mais vu que nous avons des goûts très similaires, vu comme tu me le conseilles, je vais y réfléchir à deux fois. Merci beaucoup pour ton commentaire qui apporte un éclairage plus perso. ;)

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  2. Le thème abordé par Cette fille c'était mon frère m'intéresse beaucoup (en croisant les doigts pour que ce soit "bien" fait), je vais aller lire ta chronique.
    De mon côté, je me suis complètement faite avoir par Outlander, malgré le pavé, malgré les excuses que l'auteure trouve à Claire en permanence par rapport à Franck, et malgré le fait que Jamie soit visiblement le seul mâle intelligent, drôle et sexy (surtout sexy) dans tout le bouquin (et les rebondissements à base de (tentatives de) viols et emprisonnements récurrents). Je lirai la suite malgré tout, parce qu'il y a ce côté addictif auquel je ne peux pas résister (et parce que l’Écosse).

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    1. C'est clair que Outlander a un côté addictif malgré les ficelles... cependant, rien que le volumes de suites, ça a suffit à me convaincre que je ne les lirai jamais.
      Du coup, je vais faire ma feignasse et peut-être me rabattre sur la série... (un jour, quand j'aurai le temps...).

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