8 avril 2016

Désencombrement #05

Après mon dernier article, je tiens tout de même à préciser que ce n'est pas mon entourage qui me bloque le plus dans la démarche de désencombrement. Loin de là ! Les pires blocages sont personnels... ce qui est rassurant, c'est qu'il semble que ce soit des "freins" assez universels.

En effet, d'après les sources que j'ai parcourues (blogs, documents édités en ligne) on retrouve toujours plus ou moins les mêmes "trucs" pour nous empêcher de désencombrer tranquillement ou, pire, nous pousser à combler les vides dès que possible. Au final, j'ai identifié 5 freins majeurs à ma propre démarche. Il en existe sans doute d'autres si on cherche bien... je n'essaierai pas d'être exhaustive.




Les freins à lever
  • La peur de manquer (objets / matériaux / en général ça concerne le concret)

    Vous reconnaîtrez la peur de manquer par de petites phrases type telles que "ça peut toujours servir".
    Qui ne l'a pas entendue, celle-ci ? Qui ne l'a pas prononcée ?

    Astuce : quand j'ai vraiment peur que quelque chose puisse me manquer si je le jette, je le range de façon à pouvoir le retrouver très facilement - donc je ne le cache pas derrière une multitude d'autres choses - en l'identifiant comme "stock inutile potentiel", avec la date de rangement.
    Ce que j'ai trouvé le plus simple, c'est d'avoir une "zone tampon", dans une dépendance, où je stocke ainsi quelques cartons dont le contenu est identifié et protégé.
    Au bout de quelques temps, si je n'y ai pas remis le nez, j'admets que le contenu en question est inutile et je m'en sépare sans le moindre souci.
    La difficulté restant de définir ce que j'entends par "quelques temps"... et de ne pas employer la "zone tampon" de façon systématique (son usage doit rester exceptionnel) (sinon, on ne fait que déplacer son merdier au lieu de s'en désencombrer).
    Un truc aussi à admettre, la plupart des outils dont on pourrait éventuellement manquer peuvent être empruntés ou loués... bon à savoir quand on est pas des rois de la bricole et qu'on s'en sert donc de façon très très ponctuelle.

  • Les trucs dont on ne sait pas si on doit les conserver ou non (concerne davantage l'immatériel et l'administratif)

    J'englobe là-dedans tout ce qu'on n'ose pas jeter car on ne connait tout simplement pas les obligations les concernant, en particulier les documents administratifs. Honnêtement, on en possède souvent un stock épouvantable parce qu'on a la flemme d'y mettre le nez... pourtant, ce stock est parfois provoqué par le fait qu'on ne sait tout simplement pas combien de temps on doit conserver tous les papiers que l'on reçoit.

    Astuce : j'ai imprimé une page qui récapitule ce qu'on doit conserver / combien de temps, et je l'ai placée en en-tête du classeur adminitratif qui contient le plus de documents concernés ; tous les ans, je me fais une passe de tri. Ce qui est sensible est détruit, le reste placé au tri.
    Voici un lien qui est très utile et que je conserve en favori : "Papiers à conserver", mis à jour par le Service Public (on peut difficilement trouver source plus fiable et complète).
  • La difficulté de jeter des produits coûteux, à peine entamés / utilisés

    Avec la nourriture, on ne fait pas de quartier en général, car la date limite de consommation oblige à se décider (soit on en fait quelque chose, soit ce sera perdu).
    Avec les autres produits, tels que les cosmétiques, c'est plus difficile. Pourtant eux aussi ne se conservent pas ad vitam... donc il faut rester vigilant. D'autant plus que leur prix d'achat agit directement comme un frein : plus c'est cher, plus on a du mal à s'en séparer. Ce frein s'applique aussi au matériel (bricolage, jardinage, loisirs) et aux vêtements, accessoires et chaussures. C'est donc un vicelard qui peut nous bloquer à tous niveaux.

    Astuce : pour les cosmétiques, j'ai mis une gommette sur ceux que je ne me souviens pas avoir utilisé depuis 6 mois. A partir de là, soit je me contrains à les utiliser (et je retire la gommette), soit ils ne correspondent vraiment pas à mes besoins.

    Au bout de 6 mois, si la gommette y est encore, je les jette. Autant vous dire que d'ici la fin du semestre, je n'aurai plus de maquillage en stock... mais à quoi me servirait du maquillage périmé, si ce n'est à risquer d'agraver mes problèmes de peau ?
  • Le découragement

    Ce frein apparaît surtout sur la durée, en particulier lorsque le désencombrement ne peut pas se faire en bloc ou lorsque l'on part de loin.
    La démarche demande tellement de temps et d'énergie qu'on peut être amené à baisser les bras. Surtout lorsque le fait de sortir tout ce que l'on "planque" dans nos tiroirs, armoires, placards ou sous le lit vient... encombrer notre espace de vie et qu'on ne sait plus quoi en faire.
    Il est extrêmement pénible d'entamer la démarche et de découvrir que, dans un premier temps, elle a l'effet inverse. On peut être tenté de tout re-camoufler dans le moindre interstice disponible au plus vite et de faire comme si de rien n'était.
    (ça sent le vécu, n'est-ce pas ?)

    Astuce
    : pour commencer, j'ai appris à éviter de me fixer des objectifs "trop ambitieux", j'essaye de limiter mes étapes de tri sur des créneaux dédiés et de faire en sorte de m'y tenir, sans trop déborder. De plus, je ne commence pas un chantier tant qu'un autre n'est pas terminé. Enfin, je me lance uniquement si j'ai la place pour m'étaler, faire mon tri sereinement puis ranger ce que je conserve (ce qui nécessite parfois un surplus de ménage pour ranger dans une zone nettoyée et propre), ou placer en zone tampon / zone d'enlèvement le reste.
  • La culpabilité

    J'ai gardé le meilleur pour la fin... Je me suis aperçue que la culpabilité peut prendre des formes diverses, sournoises et que c'est le PIRE des freins car elle joue sur les émotions, qu'elle fait vibrer en profondeur.
    On peut culpabiliser sur tellement de sujets... et là j'avoue que je fais au cas par cas, et pour ce qui me pose vraiment problème (vieux courriers, photos) j'ai décidé de les conserver dans un meuble spécifique, le tout étant qu'ils y soient rangés au mieux et stockés dans de bonnes conditions pour ne pas s’abîmer (à l'abri de la lumière et de l'humidité).
    Ca se complique avec certains cadeaux, les livres - surtout dédicacés ! - surtout dédicacés par des auteurs que je connais et apprécie ! je suis en plein dedans et pour le moment, ça reste très délicat.

    Astuce : bien que le tri et le désencombrement de choses auxquelles on tient ou auxquelles on a tenues soit à faire au cas par cas, je sépare ce qui joue sur l'affect en deux catégories : les trucs qui me font du bien / me rappellent de bons souvenirs (que je conserve, ça ne se discute même pas !) et le reste... je ne travaille du coup que sur ce reste, par petite touche.
    Rien que le fait de le ranger, l'identifier et lui trouver un rangement dédié est une bonne avancée (le vrac et les stocks non maîtrisés, c'est le mal).
    Ensuite, il reste un travail à fournir sur soi-même.

    Un détail qui joue aussi, c'est le temps... il est en général plus facile de se séparer des choses lorsque celui-ci a passé et que l'affect qui leur est lié s'est émoussé. Après, il y a des objets très symboliques pour nous qui "nous touchent" et pour lesquels le passage du temps ne changera rien.
    S'ils nous touchent positivement, non seulement il faut les conserver, mais il serait même judicieux, autant que possible, de les mettre en valeur pour en profiter.
    S'ils nous touchent négativement, même si c'est difficile, il faut vraiment essayer soit de les "neutraliser" (= travail sur soi, là encore) soit prendre la décision de s'en séparer une bonne fois pour toute.
Éviter de céder à une nouvelle vague de stockage

C'est certainement le défi le plus important une fois que l'on a atteint l'équilibre visé.

La nature n'aime pas le vide, parait-il. Il semblerait que la plupart des humains non plus.
Il faut apprendre à apprécier l'espace, à aimer que chaque chose possède une place qui n'empiète pas sur les autres, y compris quand c'est "caché" (tiroirs, placard).

Il faut aussi apprendre à dire "non" à ses proches : ce n'est pas parce qu'on a maintenant de la place chez soi (à croire que c'est un luxe honteux) qu'on doit récupérer 36 trucs dont on n'a pas besoin.

Et il faut surtout résister aux sirènes de la consommation... un vrai défi dans notre société.

Je me suis aperçue que j'avais évolué (dans le bon sens) quand je n'ai plus ressenti le besoin d'acheter tout de suite quelque chose. Je me laisse le temps d'y réfléchir, de comparer, de vérifier mon besoin réel.
Je suis aussi devenue plus difficile. J'avoue que cela commence même à me poser quelques soucis, par exemple pour les vêtements.



Les raisons pour lesquelles je poursuis ! 

Au moment où j'écris cet article, ma zone tampon / enlèvement est archi-pleine. Mon objectif prioritaire est donc de la vider, car je suis coincée. En attendant, je me pose un peu et je m'occupe avec d'autres tâches.L'une d'entre elles, qui n'est pas la plus simple, est de me séparer de plusieurs dizaines de livres qui sont pour l'instant à terre, à côté de mon bureau : le tri est fait, maintenant il faut que liste tout ça. Vous verrez peut-être un article de blog façon "qui n'en veut" apparaître quand les copines auront terminé leur marché...
Bref, je ne me décourage pas et je continue, petit à petit, couche par couche.

En dehors même du fait de mieux maîtriser mon environnement, d'avoir moins de bazar à ranger et nettoyer, de retrouver ce dont j'ai besoin quand j'en ai besoin (et donc de m'en servir !), les raisons pour lesquelles je me suis remise à désencombrer ne sont pas si matérialistes que je l'aurais tout d'abord cru.


D'ailleurs, tant que j'ai eu des difficultés financières, j'en ai été incapable, je crois que la peur de manquer me paralysait complètement. Pourtant, c'est là que j'aurais pu/dû me séparer de ce qui pouvait se revendre et me rapporter un peu de fonds, car j'en avais besoin.
Maintenant que je travaille à la résolution de cette source de stress, mon état d'esprit est différent.

Certains des facteurs qui me motivent sont très personnels, directement liés à... mon image de moi. Je n'en dirai pas plus car je ne veux pas tomber dans les travers de la psy de comptoir, j'ai simplement l'impression que j'évolue et que j'y arrive mieux depuis que je lâche prise sur des sujets sur lesquels toute mon éducation, toute la pression sociale et familiale tendent à essayer, au contraire, de maintenir un étau.


(ce n'est pas une blague, j'ai vraiment l'équivalent de ça par terre à côté de mon bureau)
(dont une bonne partie dédicacée... la galère pour réussir à me convaincre de m'en séparer !)

Cette série d'articles généralistes sur le désencombrement aura bien occupé ma semaine !
J'arrête de vous saouler sur le sujet. Cependant, s'il vous intéresse, n'hésitez pas à parcourir la multitude de ressources qui en parlent sur le net. Vous y trouverez des trucs et astuces et des techniques pour vous aider, si besoin.
De mon expérience, je dirais que le plus difficile est de s'y mettre puis de ne plus s'arrêter une fois lancé !
Après, la façon dont chacun s'y prend ne regarde que lui... si ça vous intéresse, je pourrai vous rédiger des petits articles plus ciblés et concrets, il suffit de demander.

2 commentaires:

  1. Merci pour cette série d'articles, c'était très intéressant à lire :-)

    Même sans pratiquer la philosophie du désencombrement, tes astuces sont bonnes à prendre. Et puis tout ça donne à réfléchir...

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    1. C'est le but ! ;)
      Merci pour ce petit mot.

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