22 juin 2015

Il n'y aurait pas de Muse qui tienne...

Aujourd'hui, j'ai décidé de vous saouler parler d'écriture.
Arrêtez de geindre, ça ne m'arrive quand même pas si souvent (la preuve, je n'arrive même plus à me souvenir de la dernière fois ; vous non plus ? ça me rassure...).

Hey ! J'ai même été super sympa, mes derniers articles étaient très courts et surtout remplis de photos ! Alors, merci qui ? (puis vous pouvez tout à fait squizzer cet article et aller visiter les blogs en lien en bas à droite, je dis ça, je dis rien, je ne vous en voudrai pas)

Aujourd'hui, je vais vous parler de Muses, d'imagination, de créativité et de leurs impacts (ou pas) sur l'écriture. En tout cas sur la mienne.

Tout a commencé par des échanges sur d'autres blogs, qui, je l'avoue, m'avaient laissée quelque peu perplexe sur le moment (mais ça, c'est juste parce que je suis dure de la comprenette et longue à la détente, oui, je cumule).
Pour Xavier, il n'y a pas à tergiverser : détestant la notion de Muse, il a rédigé un article très documenté pour argumenter à ce sujet. Pourtant, c'est finalement chez Francis qu'on en a le plus discuté, je crois.
Je les soupçonne d'aimer le ping-pong, ces deux-là...

Pour ma part, je n'aurais jamais cru qu'on puisse disserter sur les Muses. Ca a été mon premier réflexe en découvrant leurs échanges, j'ai bien précisé que ça tenait de la private joke, pour moi, quand je rapporte mes déboires avec la mienne.
Au final, je me fiche bien du terme employé pour parler du processus créatif. Je pense que sur Plumes Sauvages, ma page FB auteur ou le forum CoCyclics, selon les endroits où nous nous croisons, vous avez bien compris que mes délires et apartés avec Muse-inside restent des délires et apartés, nourris bien souvent à l'auto-dérision. Je ne pense pas qu'ils vous filent des complexes. Il ne manquerait plus que ça.
(perso, la seule chose qui me file des complexes, c'est que Muse soit aussi bien roulée qu'une kitsune de Stéphane Sabourin, oui, là, je complexe ; à mort : mais c'est un poil hors sujet)

Bref, où en étais-je ?
Ah, oui, les Muses et l'écriture...
Ce qui m'a pas mal perturbée dans les échanges dont je parlais ci-dessus, c'est justement la place donnée à l'imagination, à la créativité, à leur rôle dans l'écriture. J'ai eu l'impression que sans ces ingrédients-là, point de possibilité d'écrire.

Or...
Or donc.
Eh bien figurez-vous qu'à titre personnel, je souffre d'un manque chronique d'imagination et que côté créativité, on repassera, je n'en possède pas.
Du tout.
Ca, c'est du coming out, non ?

Je m'explique.
Comme un enfant, je suis tout à fait capable de me vautrer à loisirs dans les univers des autres. Je dirais même que c'est l'une de mes activités favorites. Me les approprier ne me pose aucun souci.
Par contre, qu'on ne me demande pas de créer, c'est la cata assurée.
Ce n'est pas compliqué, si nos lointains ancêtres avaient compté sur des gens comme moi pour inventer de quoi sortir des cavernes, nous serions encore tous des hommes de Tautavel (ou pas loin). Clairement, je suis de celles qu'on envoie cueillir des baies, en espérant qu'elle ne bouffera pas tout (ce qui reste du domaine du possible) ou qu'elle n'intoxiquera pas toute la tribu (ce qui est encore plus probable).

Je suis certes quasi à temps plein dans la lune. Je suis là, mais pas vraiment présente. Un peu à l'ouest (beaucoup même). Tout ça fait surtout de moi quelqu'un souffrant de troubles de l'attention, clairement pas quelqu'un d'imaginatif, encore moins quelqu'un de créatif.
Je n'invente rien et je me garde bien de m'en vanter !
Je ne crois pas être un cas isolé. Peut-être que oui, peut-être que non. Ce n'est pas un sujet sur lequel j'ai été amené à échanger. Etrange d'ailleurs.
Je ne suis pas une créative, par contre je me nourris beaucoup des créations des autres, de celles qui me touchent. Un univers dans lequel je me perds, c'est un vrai bonheur pour moi. Ca me met tellement de papillons dans le ventre qu'en comparaison un Magic Mike pourrait aller se rhabiller (ou pas, faut pas charrier quand même... gardons un minimum de sens pratique).

Là, je vous vois venir. Pas au sujet de ce dernier aparté vaseux, mais avec la légitime question "si tu n'as pas de créativité, comment as-tu fait pour pondre des romans ?". 
Ce à quoi je suis tentée de suggérer, tout simplement...

"Bosser ?"

Sans blague.
Les auteurs autour de moi, tous sans exception, triment sur leurs textes. Certains avec plus de facilité que d'autres, mais c'est la constante qui se dégage. Ce sont des gens qui font des concessions sans arrêt (parce que boulot, famille, vie sociale et autres contraintes), qui pour certains ne peuvent tout simplement pas faire autrement qu'écrire (question d'équilibre personnel) ou au contraire se demandent tout le temps pourquoi ils s'emmerdent à continuer (ça, c'est plutôt mon profil). Cependant, tous y passent des heures (des soirées, des week-end, des journées entières).
Tous sont des bosseurs.
Il me parait difficile d'aboutir plusieurs projets d'écriture quand on est une feignasse avérée. Cela demande bien trop d'investissement, d'énergie et de prises de tête.
Quand on veut être un auteur, un vrai, il faut surtout de la détermination, parce qu'il ne faut (presque) rien lâcher.
C'est ça, pour moi, la qualité principal pour écrire.
Si, en plus, vous avez une imagination débordante, que votre créativité dégouline de partout, tant mieux ! Cela vous aidera à bien des niveaux, sauf si vous avez des difficultés à canaliser (ce qui est encore un autre souci).

Voilà donc où je voulais en venir. L'écriture, à mes yeux, ce n'est pas uniquement une question d'imagination et de créativité. Parce qu'on peut écrire pour des tas de raisons qui peuvent s'en passer. 
Pour dénoncer. Pour partager ses angoisses. Pour critiquer la société ou ses compatriotes. Pour capter des tranches de vie, de larmes ou de rires. Pour offrir un doudou à ses copin(e)s. Pour leur faire peur. Pour les émouvoir.
Il existe mille et une motivations qui peuvent pousser à écrire. Sincèrement, ne laissez jamais quelqu'un vous dire que vous n'en êtes pas capable sous prétexte que vous manquez de créativité, ou d'imagination, ou des deux.
Et ce n'est pas valable que pour l'écriture. 

Ne laissez jamais votre entourage vous imposer ses règles, ses diktats, ses retenues et ses peurs. Testez, expérimentez par vous même. 
Il n'y a pas pire échec que celui de ne même pas avoir essayé.
(bien d'autres l'ont dit / écrit avant moi ; j'approuve complètement)

Là, je suis devenue un peu gonflante, non ?
Maintenant que je me suis exprimée, si on en revenait au sujet ?...
Si je devais vraiment me coltiner une Muse, je préfèrerais autant qu'elle possède un côté roots et hardcore. Franchement, une jolie donzelle aux longs cheveux et à la robe drapée au pli près, ce serait d'un ennui mortel, si son ramage est à l'avenant.
Je risquerais de me retrouver à écrire des textes vraiment chiants, pour la peine.
(là, j'ai presque l'impression d'en entendre certaines s'écrier "Pitié, tout, mais pas ça")
(je plaide coupable, des textes chiants, j'en ai déjà quelques uns à mon actif)
(franchement, ce n'est clairement pas ce que je fais de mieux...)
(oui, certaines copines ont dû se les coltiner en bêta-lectures, les pauvres)
(les filles, je m'excuse encore, vous êtes des amours d'avoir supporté ça !)

Bref, tout ça pour dire que je vote pour l'influence d'une muse (beaucoup) moins sage que moi. Ce serait tellement plus fun...


Vous ne trouvez pas ?...

(j'aimerais bien avoir l'air aussi cool, de temps en temps)
(moi, sur les photos, j'ai juste l'air d'avoir un balai... hum... douloureusement situé)
(life is a bitch)


5 commentaires:

  1. J'ai découvert ton article voici quelques jours mais n'ai pas pris le temps d'y répondre.
    Je voulais te dire qu'en fait, tu es une vilaine menteuse ^^ (pas taper ! Je développe ;) )
    Tu affirmes n'avoir aucune imagination. Or, tu écris des fictions, tu crées donc des personnages fictifs, que tu places dans des contextes inventés en leur faisant faire des choses et dire des choses qui n'existent pas. Si cela n'est pas avoir de l'imagination, comment pourrait-on qualifier ça ?
    Si tu n'as pas d'imagination, alors on peut dire qu'un auteur comme King n'en a que rarement, puisque l'essentiel de son oeuvre commence et s'achève dans un monde contemporain.
    Et je vais te confier un doux secret : à ce compte-là, moi non plus je n'ai pas d'imagination. Parce que mon trip à moi, c'est d'incorporer un élément fantastique dans le monde réel (présent ou passé). L'élément en question, je pense que d'autres s'en sont servis avant moi. Je ne le crée pas.
    Donc, on a le choix : soit on admet que ta définition de l'imagination n'est pas tout à fait exacte, soit on admet que ni toi, ni moi, ni Stephen King (à quelques exceptions près) n'avons d'imagination :D

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    1. Attention, ce n'est pas parce qu'à titre personnel j'estime ne pas être imaginative / créative que ça vaut pour tout le monde. Je ne ferai jamais de mon cas une généralité. Et comparer mes textes à ceux du Maître King, ça me parait vraiment too much. Lui a vraiment inové, et pas qu'un peu ! Rien de comparable avec ma propre approche. Et cela n'a rien à voir avec le décorum qu'un auteur se choisi, au passage.
      L'imagination, c'est très variable d'une personne à une autre. La créativité, la capacité créative, tout pareil. Quand j'écris une fiction, je pense que je mets davantage en oeuvre un talent de conteur qu'un talent créatif. Les personnages, les contextes, les intrigues, tout ça est réfléchi, travaillé (merci Truby, au passage...) et développé avec tout ce qui m'a nourrie avant. Et retravaillé. Et corrigé. Et recorrigé.
      Je pense que pour l'écriture il vaut mieux être un excellent conteur qu'un créatif, vraiment.
      Tu peux avoir l'imagination la plus prolifique, incroyable et colorée, si tu ne sais pas raconter une histoire, la transmettre, ça ne passera pas facilement.
      (là encore, je prends des pincettes, parce qu'il y a des auteurs qui y parviennent quand même, mais ce sont souvent de purs littéraires et c'est plutôt leur style qui est apprécié que leur histoire).
      Donc voilà mon point de vue : j'adore l'écriture en grande partie à cause de ça, parce qu'on peut raconter la même histoire de multiples manières, juste en jouant sur la voix de narration, le style, des petits détails, qui font qu'on va emporter le lecteur.

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  2. Article vraiment sympa. Le débat sur l'imagination est vaste, mais ce qui me semble évident, c'est que écriture rime avec boulot, beaucoup de boulot... Et du temps aussi...

    (Tu crois qu'on peut passer une commande au Père Noël pour avoir du temps?)

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    1. Je ne sais pas... je lui ai demandé un supplément de cerveau et je n'ai pas encore eu de réponse. ^^
      (et je confirme, boulot, beaucoup de boulot, des recherches, des échanges avec les copines bêta-lectrices... mais c'est passionnant aussi)

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    2. Oui, je suis bien d'accord avec toi!

      Le manque de temps est très frustrant pour moi. J'ai du mal à gérer, je dois le reconnaître.

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