20 février 2015

Fortune cookies

Roman d'anticipation de Silène Edgar, éditions Bragelonne (Snark).

J'étais prévenue avant d'entamer ce (très) court roman : il a un côté anxiogène.
Je confirme ! De ce fait, même si je l'ai trouvé un peu trop rapide sur certains aspects, je ne regrette pas pour autant son format "novella".


Au départ, j'avoue que je n'étais pas forcément convaincue par le pitch, le "black-out" de départ, mais c'est bien amené et exploité par l'auteur donc j'ai très vite dépassé mon appréhension. De toute façon, l'intérêt des Fortune cookies réside ailleurs. Au niveau des personnages. Comment Blanche devient-elle Bianca ? Que s'est-il passé pour que cette mère qui voit son monde s'effondrer, ses valeurs jetées à bas, dépasse son déni ? Puis entre en résistance ?
En dehors même de cette question, il y a l'ensemble des personnages... Elisabeth, la fillette, absente et pourtant omniprésente. L'époux, d'abord moteur puis dépassé, les amis, les collègues puis les compagnons de combat. Tous sont tellement vrais, si réalistes, qu'on se reconnait forcément à un moment ou un autre en eux. On ne se contente pas de les suivre, on est avec eux, et c'est bien la raison pour laquelle le roman prend autant aux tripes.

Fortune cookies pose aussi une question dérangeante : où placer le curseur entre résistance et terrorisme ?
Je ne vais pas en dire davantage sur ce roman, pour la bonne raison qu'il est vraiment très court et que j'ai déjà l'impression d'en avoir trop dit... Mon seul véritable regret, c'est que les "vrais" fortune cookies y soient aussi anecdotiques, au final. Je m'attendais bêtement à ce qu'il y ait un enjeu autour d'eux... Vous vous doutez que si c'est le seul truc que je regrette dans ce roman, c'est bien que je l'ai trouvé excellent et que j'en conseille la lecture. Même si certains aspects remuent très fort, parce qu'il n'y a pas d'échappatoire possible.

Bretagne, demain :
Une coupure d'électricité plonge la petite vie de Blanche et Hadrien dans le noir, ainsi que toute l'Europe. Un mystérieux appel résonne sur les ondes : le gouvernement cache qu'il se passe quelque chose au Sud... la guerre ? Leur fille est loin, en vacances au-delà des Pyrénées. Hadrien décide de partir immédiatement à sa recherche, mais Blanche a peur.
Paris, après-demain :
État d'urgence, peuple bâillonné. Blanche est devenue Bianca, résistante. Les opposants à la dictature médiatique utilisent les réseaux de consommation pour faire passer leurs messages, sur les barquettes de poulet, les barils de lessive ou dans les fortune cookies, mais, bientôt, il faudra aller plus loin. Bianca trouve de la force entre les bras de Joshua, et jamais elle ne parle ni d'Hadrien, ni d'Elisabeth.
Quelque chose a basculé sur la route.

Les plus du roman :
- le rythme des flash-backs
- la voix de Bianca
- l'évolution des personnages




2 commentaires:

  1. Bon, deuxième chronique qui aiguise ma curiosité!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. N'hésite surtout pas ! C'est sur, il faut l'encaisser, mais il en vaut la peine.

      Supprimer