26 février 2015

Et le prochain, tu le sors quand ?... #02

Dans le 1er épisode consacré à mon rapport à l'édition, je disais donc que placer un roman dépend de divers facteurs.
Passons en revue certains d’entre eux…

1- L’édition, c’est avant tout un milieu

Or ce n’est pas le mien, du tout.
Non seulement je n’ai pas un pied dedans, mais je n’y ai même pas l’ombre d’un orteil.
Alors que c’est un milieu qui fonctionne beaucoup par réseau.
Il se trouve justement que, si certains auteurs sont très doués pour « se vendre », ce n’est pas mon cas. Je vous le dis tout net si vous souhaitez être édité : il faut sortir de votre bulle.
À ce sujet, de mon côté, ce n’est pas gagné, le pire étant que je n’y travaille même pas. Ne faites surtout pas comme moi. Sauf si c’est vraiment incompatible avec votre nature (mon cas) et vos névroses personnelles.

2- Un milieu en pleine mutation

En France, les éditeurs sont relativement protégés (loi Lang, tout ça) malgré tout, c’est un secteur en crise, on ne peut pas le nier. Un secteur qui essaye tant bien que mal de s’adapter (ou pas…). Actuellement, la plupart des éditeurs sont en pleine évolution / mutation, mais certaines choses ne changent pas, il y a les « gros » d’un côté, les « petits » de l'autre, avec toutes sortes de nuances.
Certains sont très sérieux, d’autres pas du tout, on trouve les meilleurs et les pires, dans le même panier. Donc il faut s’informer un minimum avant de les contacter.
Contrairement aux gros, les petits ont rarement les moyens d'être distribués et diffusés. Ce n’est pas toujours gênant, certains de ces éditeurs ont un fan dom fidèle et s’en sortent bien grâce à une politique de communication efficace et cuisinée aux petits oignons, l'exploitation intelligente des nouvelles technologies et une utilisation pertinente des réseaux sociaux.
On peut donc avoir la surprise d'être hyper bichonné par ces petits éditeurs et y trouver son bonheur (je parle d'expérience). J'ajoute que je suis très attachée à certains d'entre eux, en tant que lectrice.

Reste que petit ou gros, les éditeurs ont tous un point commun : même s’ils ont aimé un roman, si celui-ci n’est pas viable économiquement, il est compliqué pour eux de l’éditer.
Alors s’ils ne l’ont pas aimé… n’imaginez pas qu’ils vont avoir envie de consacrer des ressources précieuses à le défendre, sauf s’il est hyper bankable et  permet donc de financer leurs projets coup de cœur moins porteurs…
(je ne parle pas des éditeurs qui ne cherchent que du bankable, car la littérature de niche ne les intéresse évidemment pas, donc ils ne sont pas concernés par mes articles : en général, leurs soumissions sont fermées ou c'est du pipeau)

Les éditeurs ne peuvent donc pas éditer tout et n'importe quoi s'ils sont sérieux. Quelle que soit leur taille et leurs moyens.

3- Mutation qui ne tend pas vers bisounours-land

En dehors même de leur politique éditoriale et de leur sélection de nouveaux titres pour leur catalogue, les éditeurs sont très inégaux dans leur travail, la façon de négocier et traiter leurs auteurs, sans même parler de celle de défendre leurs romans, de promouvoir leur production.
Du coup, quand j’ai un roman à soumettre, je prends mes précautions.
Je ne sélectionne que des éditeurs avec lesquels j’ai envie de travailler.
Ma méthode est empirique, avec des variantes telles que :
- L’image globale de la maison d’édition.
- La qualité de fond des ouvrages (j’essaye de lire des titres des éditeurs qui m’intéressent, autant que possible).
- Leur marketing (j’avais prévenu, c’est empirique).
- Les bonnes expériences des copains copines auteurs.
- Forcément, les mauvaises expériences aussi.

Je me permets d’être « difficile » parce que je ne suis pas une adepte du « je veux être publiée à tout prix ! ». Bien au contraire. Vu le travail et l’investissement que ça demande, j’ai envie que ça se passe au mieux, je ne veux pas me retrouver liée contractuellement avec un éditeur que "je ne sens pas".
C'est un choix personnel.
Même avec la meilleure volonté du monde, il y aura toujours des moments de grande panique, des trucs qui ne vont pas, des imprévus, des urgences, et tout cela se gère et se rattrape beaucoup plus facilement quand la communication passe bien et qu’on a de vrais pro expérimentés en face de soi.
L’édition d’un roman, c’est un travail d’équipe. Je préfère autant intégrer une équipe fiable.
(surtout que tant qu'on n'a pas réellement bossé avec, eh bien on n'est pas à l'abri de tomber de haut)

4- Bisounours ou pas… mais au fait, ils éditent quoi ?

Eh oui ! Encore faut-il aussi sélectionner des éditeurs susceptibles d’être intéressés par le roman…Etape cruciale et… délicate.
La ligne éditoriale d’un éditeur n’est pas toujours facile à cernerOn se plante, parfois… et pas qu’un peu. Surtout qu’il ne faut pas seulement prendre en compte le genre du roman, mais aussi le public visé.

Dans mon cas, ça réduit de façon drastique les portes auxquelles frapper, vu que j'écris de l'urban fantasy assez spéciale.
(oui, je sais, je n’ai qu’à écrire autre chose)
(mais non)

Donc, très souvent, quand on cible bien, il ne reste plus beaucoup d’adresses.
Et lààà, encore faut-il que les éditeurs en question soient en recherche de tapuscrits.
Entre ceux qui ont fermé leurs soumissions et ceux qui ont un planning éditorial déjà bouclé pour au moins 3 ans… à mon niveau, je n’ai quasiment aucune marge de manœuvre.

Je vous parlerai un peu plus de la façon dont La pelote d’épingles a pu se retrouver entre vos mains et de mon futur parcours du combattant pour mes autres romans au prochain épisode


2 commentaires:

  1. J'aime beaucoup cette série d'articles qui donne un très bon aperçu du parcours du combattant pour se faire éditer...

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