21 janvier 2015

Eleanor & Park

Romance 80’s de Rainbow Rowell, traduite par Juliette Paquereau, éditions PKJ

J’ai eu l’occasion de le constater sur des blogs, des forums, à travers des flux de conversations sur des réseaux sociaux… Eleanor & Park est un roman qui fait mouche et plait, beaucoup. Quand je l’ai vu passer en partenariat sur le forum Mort Sûre, j’ai aussitôt mis une option dessus car je voulais me faire ma propre opinion.
Grand bien m’en a pris, car je suis moi aussi tombée sous le charme.
Ce roman, c’est tout ce que j’aime.
Sous un aspect très cute, romance, il aborde des sujets de fond toujours d’actualité, qui dépassent l’aspect générationnel. Mignon, Eleanor & Park ? Objectivement, par certains aspects, oui. Mais c’est aussi un roman décalé, plein d’humour, et… assez dur, à sa façon.


Park est un garçon qui cherche à se faire oublier, il se demande vraiment quoi faire de cette Eleanor qui a pris la place à côté de lui, dans le bus du lycée. Comment se débarrasser de cette fille trop bizarre, trop décalée, tout de suite prise en grippe et harcelée par les plus gouailleurs… ceux dont Park ne veut justement pas attirer l’attention. Pas qu’il souffre du même problème, mais il assume mal son métissage coréen, il a un aspect chétif dont il sait qu’il déçoit son père, archétype de l’américain d’origine irlandaise.
Eleanor, de son côté, a déjà tellement de soucis que le harcèlement pendant les heures de cours, c’est juste un problème parmi d’autres. Elle apprécie la paix qu’on lui accorde dans le bus. Le fait d’être assise à côté de Park l’y protège, d’une certaine façon. Puis il lit des comics qu’elle arrive à zieuter l’air de rien.
Sans qu’un seul mot s’échange entre eux, ils commencent à s’apprivoiser, à développer une amitié atypique, étrange, très vite remplacée par de l’attirance. Jusqu’au jour ou Park va toucher la main d’Eleanor… jusqu’au jour, aussi, où il va enfin saisir qu’elle ne porte pas volontairement son look excentrique.

Ce roman aborde de nombreux sujets… la notion de mixité sociale, la relation parent-enfant (sous différentes formes), le harcèlement scolaire, l’image de soi, son acceptation et même son affirmation. Pourtant à aucun moment le roman ne sombre dans le pathos, le mélo, jamais il ne devient pénible.
La romance qui s’y développe est si mignonne et naturelle qu’elle coule de source, sans pour autant tomber dans la guimauve fondante et collante.
Ce roman possède un juste équilibre, on suit la relation naissante entre Eleanor et Park, on comprend la situation de plus en plus difficile de la jeune fille, on stresse avec elle, on la voit changer ; tout comme on voit changer Park et son regard sur elle, puis sur lui-même. Il va tout faire pour Eleanor, à  commencer par s’accepter.
À chaque fois que l’un d’eux évolue, il entraîne l’autre. À chaque fois que l’un monte deux marches, l’autre s’élève aussi. Jusqu’au road trip final… mais je n’ajouterai pas un mot de plus, vous n’avez qu’à le lire !
Ce roman file directement dans ma  pile de lectures doudou (les copines comprendront).

PS : dommage quand même pour l’énorme bourde de départ ; la duchesse d’Aquitaine s’appelait Aliénor et non Eleanor…

1986. Lorsque Eleanor, nouvelle au lycée, trop rousse, trop ronde, s'installe à côté de lui dans le bus scolaire, Park, garçon solitaire et secret, l'ignore poliment. Pourtant, peu à peu, les deux lycéens se rapprochent, liés par leur amour des comics et des Smiths... Et qu'importe si tout le monde au lycée harcèle Eleanor et si sa vie chez elle est un véritable enfer, Park est prêt à tout pour la sortir de là.

Les plus du roman :
- une romance cute, fine et intelligente
- des personnages pur sucre… qui savent mordre
- un contexte très 80’s et pourtant toujours d’actualité
- une ode à la tolérance autant qu’à l’affirmation de soi

8 commentaires:

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    1. Pfff, prise en flagrant délit de flemme de vérification... ^^
      Merci Oph pour la rectification, mais en VF, ça passe bizarre.
      (en plus elle est qualifiée de reine d'Aquitaine dans le roman, alors qu'elle était duchesse d'Aquitaine, reine de France puis reine d'Angleterre, l'Aquitaine n'était pas une royauté ; ce n'était pas trop difficile à corriger, quand même)

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  2. Je n'ai lu que Fangirl de l'auteur mais j'en entends toujours du bien. J'ai un autre roman mais pas celui ci. Il faudrait que je tente ça !

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    1. Tente ! ;)
      De mon côté, la seule personne que je connais qui a lu Fangirl n'a pas aimé, du coup c'est un titre que je n'ose pas tester. J'ai lu E&P parce que l'occasion s'est présentée, je ne regrette pas (au contraire).

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    2. J'ai bien aimé fangirl mais pas du tout le coté fanfiction du livre que j'ai sauté. La je commence A un fil.

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    3. C'est bien le souci, je crois, avec Fangirl... Blackwatch, qui connait le milieu des fanfics, n'a pas du tout été convaincue par ce pan du roman... alors que tout repose dessus, non ?

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  3. Tu as réussi à me faire envie !!!
    Et je confirme, c'est Aliénor d'Aquitaine le nom de la duchesse (deux fois reines, un sacré caractère ! et accessoirement le prénom d'une de mes filles ! :)). Mais il faut savoir que pour les Anglo-saxon, Aliénor n'existe pas comme prénom. C'est Aliénor !
    (Tout comme ils ont énormément de problèmes avec mon prénom qu'ils transforment systématiquement en Gail ! ^^;;;; )

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    1. Franchement, ce serait dommage de passer à côté d'une lecture aussi fraîche si tu en as envie prochainement. ;)
      Pour les prénoms, ne m'en parle pas, le mien perturbe pas mal les anglo-saxons aussi (Cecil = prénom masculin).

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