27 décembre 2014

Rose-thé et gris-souris

Romance contemporaine de Marie-Catherine Daniel, éditions Milady (ebook) ou Les roses bleues (papier).

Le très court roman de Marie-Catherine Daniel fait partie de ces titres dont j’avais envie de découvrir le contenu dès que j’en ai eu connaissance (ici, au moment de la promotion qui a suivi la publication papier). Je savais qu’un jour ou l’autre, je mettrais la main dessus pour le lire.
Il s’agit bien plus d’un roman contemporain que d’une romance digne de ce nom : il prend de sacrées libertés de style et de traitement qui l’éloignent des clichés du genre. Ce que, en toute sincérité, je n’irai jamais reprocher à l’auteur, au contraire (ça me rappelle un peu, quelque part, l’excellent « Le mec de la tombe d’à-côté »).


Au final, Rose-thé et gris-souris s’est révélé un coup de cœur pour différentes raisons, pas forcément celles auxquelles je m’attendais. C’est avant tout un roman de personnages, avec des caractères bien campés dans leurs solitudes et angoisses respectives, qui vont s’apprivoiser les uns les autres.
Il y a Gertrude, forcément, avec son humour et ses goûts particuliers. Son arrivée à La Réunion est liée à une fuite nécessaire pour repartir sur de bonnes bases.
Il y a Dégage, bien sûr, jeune bourbon royal (autrement dit, pur bâtard) obsédé par l’idée de se trouver une meute, question de survie après la disparition de la sienne.
Sachant qu’il jette son dévolu sur Gertrude, qui a peur des chiens, cela donne tout de suite un début roman très décalé.
Et il y a les autres personnages, ceux qui leur tournent autour dans un pas de deux, ou bien s’imposent sans fioritures ; l’arrivée inopinée de Maîtresse m’a beaucoup amusée. Surtout ses conséquences ! Pour savoir qui est Maîtresse, il faudra lire ce petit bijou, car je n’en dirai pas plus !
Il est très court (trop ?) ce serait dommage que j’en dise plus et vous gâche le plaisir.


Elle, c’est Gertrude. Y a pas idée d’avoir un tel nom et ça lui pose problème depuis la maternelle. Il y a peu, elle a décidé qu’en fait, c’était pas son vrai nom. Elle a décidé que son vrai nom, c’était Cunégonde. Elle a un humour particulier, Gertrude.
[...] Lui, c'est Dégage. C’est un chien bien élevé, alors quand on l'appelle, il obéit : il va planquer sa gale dans les cartons sous l'auvent. Il y a encore l'odeur de ses colocataires. Mais à peine désormais, parce que les humains ont arrosé l'endroit avec leurs produits détergents mais aussi parce que tous les vieux cartons ont disparu avec la meute.
Rose-thé et gris-souris est l'histoire d'une jeune femme blessée par la vie qui, grâce à l'optimisme tenace d'un chien en quête d'amour, finit par accepter de s'ouvrir à son entourage. 

Les plus du roman :
- le style incisif et ironique
- le côté hyper-attachant de Dégage
- les personnages aux caractères bien trempés

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