18 septembre 2014

Misérable Miranda

Roman contemporain d’Isabel Wolff, traduit par Denise Beaulieu, éditions Pocket.

Après la lecture d’Avis de grand frais, je me suis réchauffée avec Misérable Miranda, de la même auteure, qui m’a embarquée beaucoup plus vite et beaucoup plus fort. Ce qui est regrettable, à mon avis, c’est le choix du titre français, qui ne donne absolument pas le ton ni du roman, ni de sa narratrice.
Car s’il y a bien une chose que Miranda n’est pas, c’est misérable (même si un personnage prétend le contraire, mais il faut remettre dans le contexte pour comprendre).


Elle est au contraire très sympathique et forte, cette héroïne ! Elle s’est construite entre des parents excentriques qui adorent se détester puis est devenue adulte au prix d’une trahison de la part d’un jeune homme charismatique qu’elle avait placé, à tort, sur un piédestal… mais elle ne pouvait pas le savoir et a compris bien trop tard qu'elle était manipulée. Le pire étant qu’elle n’a pas été son unique victime, ni la plus amochée. Elle souffre encore de la culpabilité d'avoir participé, malgré elle, à ce qui tient de l'acte terroriste. Alors que sa routine est bousculée (elle ouvre son propre cabinet de comportementaliste pour animaux et emménage à l’étage, alors que son couple vient de se crasher dans un mur), elle décide de tout remettre à plat et de retrouver la personne à laquelle elle a fait du tort quand elle n'avait que 16 ans.
Le tout entre des rendez-vous folkloriques avec des propriétaires d’animaux « à problèmes » (lesdits problèmes provenant en général plutôt des humains), des émissions qui l'aident à se faire connaître et les crises de ses parents.
Miranda n’est pas au bout de ses peines, surtout que certaines choses ne se passent pas comme prévu et que sa recherche de pardon va forcément lui coûter cher.

J’ai tout aimé de ce roman. Le ton, la pudeur, les intrigues, la mère loufoque qui adopte des lamas, le père qui ferait n’importe quoi pour renouer, les bestioles qui sont de vrais personnages, les bribes du passé de Miranda qui viennent polluer son présent et la façon dont elle va, enfin, régler certains problèmes. C'est à la fois un beau roman et un roman qui donne la pêche. Alors que demander de plus ?

Tous les hommes sont des bêtes... C'est du moins ce que croit Miranda Sweet, spécialiste du comportement animal. Car si elle peut aisément analyser la psyché d'un dalmatien dépressif, d'un iguane introverti ou d'un persan boulimique, elle n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi les hommes de sa vie se comportent si mal. Miranda pourra-t-elle éternellement garder tous les mâles de l'espèce humaine à distance ? Trois expériences traumatisantes de la gent masculine ont eu raison de sa méfiance...
(cette 4ème de couv' est comme le titre : pas terrible du tout... et j'en sabre volontairement le reste parce que 1- il spoile 2- il raconte aussi des âneries !)

Les points forts du roman :
- Miranda et son teckel
- les personnages secondaires
- l’approche de la culpabilité
- les lamas…(si si !)
- les leçons de photographie

2 commentaires:

  1. J'avais beaucoup aimé ce roman! Un roman-interdit ça, sans nul doute...
    Et je suis d'accord avec toi, le titre français est nul...

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    1. Rho, voui, je n'y avais pas songé mais c'est sans nul doute un roman-interdit... (la scène de la baignoire débordante est tellement... tellement... choupi tout plein...).
      Ahem.

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