12 juin 2014

[Série] Insaisissable

Romans dystopiques young adult de Tahereh Mafi, traduits par Jean-Noël Chatain, éditions Michel Lafon (broché et poche).

Tome 1 :          Ne me touche pas
Tome 1.5 :       Ne me résiste pas
Tome 2 :          Ne m'échappe pas
Tome 2.5 :       (pas encore traduit / édité en français)
Tome 3 :          Ne m'abandonne pas

J’ai déjà parlé du début de cette série lors d’un mardi sur son 31 !..., la lecture de la fin du tome 1 m’avait laissée sur une excellente impression : le style à lui seul valait le détour. Depuis, j’ai lu tout ce que la série Insaisissable compte de traduit.


Comme je l’avais déjà signalé, le style du 1er volume est excellent. À la fois fluide et complexe, coulant et saccadé. Juliette lutte contre la folie, elle est brisée psychologiquement et la quasi-incohérence de ses pensées est restituée de façon magistrale.

Par contre, le coup de cœur ne s'est pas renouvelé pour les tomes 2 et 3, bien au contraire... ce qui fait que la série me laisse sur une impression de gâchis. J'ai vraiment été déçue par la toute fin, en particulier. Sans même parler de l'évolution de certains personnages.
Bref, un premier tome excellent, des suites très en deçà, qui tombent en plus dans les travers des dystopies young adult.

Pour en revenir au style, l'auteur n’a pas conservé celui du 1er volume tout du long de la série, elle l’a simplifié au fur et à mesure que Juliette reprend pied et renoue des relations sociales, on sent déjà une grosse différence dans le tome 2 ; quant au tome 3, il adopte une écriture classique (bien que le style reste d’un bon niveau). 
Dans le tome 1, la psychée de Juliette ne s'est pas désagrégée car sa particularité l'avait déjà isolée et "blindée". À la façon de Malicia (la référence aux mutants façon X-men est volontaire : plusieurs personnages de la série sont vraiment comparables à des héros de comics), elle ne peut toucher personne, et tous les manques provoqués par cette absence de contact humain la rongent (ce qui transparaît ici ou là au sujet de la relation avec ses parents, qui l’ont rejetée dès qu’ils ont su pour sa différence, est à la fois limpide et terrible).
La dernière fois que Juliette a touché un enfant, elle a provoqué sa mort et elle doit composer avec ce traumatisme.

Au début de la série, Juliette est repliée sur elle-même, coupée du monde… Elle sait juste que suite au dérèglement climatique majeur qui a rendu l’environnement hostile et provoqué une crise à l’échelle mondiale, un ordre nouveau a pris le pouvoir : le Rétablissement.
Mais celui-ci n’a pas tenu ses promesses : mettant en place une dictature militaire, il réduit la population en esclavage, écrasant toute tentative de rébellion dans le sang. Juliette n’en sait pas beaucoup plus depuis qu’elle a été isolée dans un asile.
Alors qu’elle n’attend plus rien, tout s’enchaîne pour elle : après quelques jours de cohabitation avec Adam, un jeune homme de son âge qui ne semble pas la reconnaître alors qu’ils ont suivi la même scolarité, elle est sortie de sa cellule par Warner. Du haut de ses 19 ans, celui-ci est redoutable. Fils du Commandant Suprême du Rétablissement, il porte déjà la responsabilité d’un secteur entier, avec une autorité en apparence sans failles. Warner a des ambitions pour Juliette, il la heurte, la bouscule, et ses méthodes la choquent. Très vite, ses relations évoluant avec Adam qu’elle fréquente toujours, la jeune fille va nourrir le désir de s’enfuir… et découvrir ainsi des « détails » qui vont radicalement changer sa vie et l’aider à évoluer.

Je ne peux pas en écrire plus sous peine de spoiler. Je peux juste dire que certains personnages secondaires sont vraiment extras (Kenji !), et que l’évolution des relations sentimentales est plutôt bien ficelée (j’ai eu peur à cause de l’esquisse du triangle amoureux, par chance c’est géré de façon logique vis-à-vis de l’évolution parallèle de Juliette).
J’ai particulièrement apprécié le côté un peu « huis clos » de la série.

Reste que si je trouve l’ensemble d’un bon niveau, j’ai été sacrément déçue par l'évolution de l'intrigue générale, du personnage d'Adam (littéralement sacrifié par l'auteur, qui visiblement ne savait pas trop qu'en faire, et je n'ai pas vraiment aimé ce qu'elle en a fait) et la toute fin.

Je préfère être honnête, au final, cette série est une déception.

Très précipitée, la fin en particulier m’a paru bâclée et surtout d’une naïveté qui dénote sacrément par rapport au reste. De plus, l’évolution de Juliette est pour la peine trop extrême pour que j’y adhère, même si elle est bien entourée pour aller dans ce sens.
C’est vraiment dommage ; après l'excellent 1er tome, en tant que lectrice, j’ai trouvé ça frustrant.

JE SUIS MAUDITE
J'AI UN DON
JE SUIS UN MONSTRE
JE SUIS PLUS FORTE QU'UN HOMME
MON TOUCHER EST MORTEL
MON TOUCHER EST POUVOIR
JE VEUX QU'IL ME TOUCHE
IL NE DOIT PAS M'APPROCHER
JE SUIS LEUR ARME
JE ME VENGERAI

Les plus de la série :
- le style du 1er tome
- l’importance de la relation au touché / au contact
- le contexte et l’apparition des « pouvoirs »
- Juliette et sa relation avec les autres personnages

2 commentaires:

  1. Pourquoi l'édition française met l'accent sur la partie sentimentale de l'intrigue ?
    Parce que c'est ça qui fait vendre, pardi !

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    1. En vrai, après réflexion, ce n'est pas ce que je reproche à ces couvertures (après tout, vu ce que j'édite moi-même en février prochain, je suis mal placée ^^), le souci c'est qu'elles ne représentent pas l'univers ni le personnage de Juliette.
      Le plus drôle, c'est la couv' du tome 1.5 : oh, le joli brun !... alors que Warner est blond de chez blond (avec les yeux verts).
      Enfin, si cela contribue au succès commercial auprès des amateurs de romance, tant mieux, mais je le re-dis : ces romans peuvent vraiment séduire un plus large public et ce serait dommage de passer à côté (et pourtant, je n'ai pas aimé la toute fin, trop "facile").

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