21 avril 2014

La vieille qui voulait tuer le bon Dieu

Roman contemporain de Nadine Monfils, éditions Belfond (grand format) et Pocket (poche).

Si j’avais envie de rire un peu, je peux remercier le partenariat entre Pocket et le forum Mort-Sûre, qui m’a permis de découvrir l’univers déjanté de Mémé Cornemuse. Quand je parle de rire, je le dis tout net, c’est un rire souvent grinçant car l’humour distillé par Nadine Monfils n’est pas tendre, loin de là, et m’a pas mal rappelé les sketches d’Albert Dupontel. C’est drôle, mais horrible ; c’est cru, mais tordant. Bref, parfois, l’ambiance ou les situations mettent un poil mal à l’aise mais c’est présenté d’une telle façon qu’on s’en amuse quand même. Car il y a l’écriture et les répliques, qui sont truculentes.


Il faut dire que la galerie de personnage est gratinée. Pour commencer, il y a évidemment Mémé Cornemuse, qui malgré son surnom n’assume pas son âge, sauf quand il s’agit d’en faire le moins possible. La vieille oscille entre adoration de Jean-Claude Van Damme, manucures rose fluo, tendances libidineuses et élimination systématique de toute personne gênante… À cela s’ajoute le fait que la ville entière de Pandore semble habitée de personnes plus cinglées ou à l’ouest les unes que les autres, avec une concentration anecdotique dans l’immeuble dont Mémé Cornemuse est devenue la gardienne (en poignardant la précédente).
Du coup, le voisinage est pas mal non plus dans son genre, avec des portraits plus hallucinants les uns que les autres. Et au milieu navigue Ginette, cruche à souhait, qui cherche à élucider le meurtre de son mari (pas qu’il lui manque, mais elle aimerait bien savoir le pourquoi du comment). Meurtre camouflé par Mémé, qui préfère nettoyer les traces (ou plutôt les faire nettoyer par Jef, son acolyte) que de voir rappliquer les flics.

À partir de ce moment-là, que Mémé y soit pour quelque chose ou non, les petits meurtres entre voisins ne vont plus s’arrêter… et le jeu macabre est hilarant.

Reste le plus important : Mémé et Jef parviendront-ils à réaliser le casse de la bijouterie qu’ils convoitent ?...

Ce qui est très pratique, c’est qu’il n’y a pas besoin d’avoir lu les titres précédents de cette série, avec Mémé comme personnage principal récurrent (je n’ose pas parler d’héroïne en la mentionnant) (vu le contexte, on en déduirait sûrement que je parle de drogue…).
Au final, le meurtre du bon Dieu n’intervient qu’à la fin, par accident, ce qui n’a aucune importance. De toute façon, tant que JCVD est vivant, Mémé s’en tamponne le carafon, je suppose. La preuve, dans la suite de la série, elle décide d’aller demander son idôle, son Dieu vivant à elle, en mariage… Voilà qui promet !

Y a un truc qui tourne pas rond dans la cafetière fêlée de Mémé Cornemuse. Rescapée d’un séjour chez les flics, la vieille a déniché un boulot de concierge dans un immeuble de péquenots. Pas pour descendre les poubelles, tu penses, mais pour préparer discrètement le casse de la bijouterie du coin. L’assassinat du mari de la voisine – Ginette, fan de Lady Di – risque de compliquer les choses. D’autant que le crime n’est pas ordinaire : on retrouve le zizi de Marcel au frigo, planté dans un camembert. Tu parles d’une planque !

Les plus du roman :
- les expressions pas piquées des vers
- les personnages, plus irrécupérables les uns que les autres
- l’horreur loufoque et jubilatoire des situations
- Mémé Cornemuse, évidemment !

2 commentaires:

  1. "La vieille oscille entre adoration de Jean-Claude Van Damme, manucures rose fluo, tendances libidineuses et élimination systématique de toute personne gênante… »

    Ca a l’air d’être complètement barré ! Merci pour l’info ;)

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    1. Je le (re) confirme : ça l'est ! ;)

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