2 avril 2014

Ce crétin de prince charmant

Roman contemporain d'Agathe Colombier Hochberg, éditions Pocket.

Ce petit roman m'a surprise car il ne correspond pas à l'idée que je m'en faisais par rapport à la couverture et surtout à la quatrième de couverture. Je m'attendais à un roman façon chick-lit axé sur ce formidable vivier d'idées et de critiques que sont les relations hommes-femmes (en espérant que ce ne soit pas trop caricatural...).
Alors certes, c'est une partie du sujet... mais pas que.

Ce crétin de prince charment est davantage un roman contemporain et d'ailleurs, si vous cherchez une romance, j'ajoute au passage que vous en serez pour vos frais.
Ce que j'y ai apprécié, c'est qu'il esquisse surtout deux beaux portraits de femmes : Ariane, la narratrice parisienne, et Justine, new-yorkaise avec laquelle elle entame une correspondance après l'avoir rencontrée à un mariage. Ces deux jeunes femmes, juives, citadines, cultivées et bien dans leur peau, sont en réalité très différentes mais cela les rend d'autant plus complémentaires. Ce qui fait qu'au court de leurs échanges, ponctués d'humour, leur amitié se consolide.


Pourtant, elles ont bien du mal à s'épanouir... et c'est en ça que j'ai trouvé le roman intéressant. Elles subissent toutes deux une telle pression sociale et / ou familiale qu'il leur est difficile de trouver et maintenir un équilibre. Ariane s'est mariée mais sa vie de couple semble déjà tendre vers une impasse. Le bonheur qu'on lui avait promis ne résiste pas à la multiplication des déceptions. Son époux ne m'est pas apparu comme un "jeune loup", contrairement avec ce qui est noté dans la quatrième de couverture, mais plutôt comme un accro du travail qui n'arrive pas à concilier toutes ses obligations, dépassé par les responsabilités qui lui tombent dessus. De ce fait, il néglige de plus en plus sa femme, malgré leur attachement.
Ariane peine donc à y croire encore, se bat pour ça mais... elle n'est pas aidée par sa famille, 'charmante' cousine langue de vipère en tête. Ce qui lui reste, de ce fait, c'est un peu d'indépendance, qu'elle va défendre avec l'espoir de devenir styliste à son compte. Elle est en pleine période de doute.

De son côté, Justine est une pétillante célibataire, qui donne l'impression d'être parfaitement heureuse en l'état... mais bien entendu on lui fait comprendre de mille et une façons qu'il serait temps qu'elle trouve chaussure à son pied. De ce fait, elle dépense une énergie folle à tenter de trouver l'âme soeur et se gâche l'existence avec ça. Autant dire que les confidences d'Ariane sur les réalités de son propre mariage vont la secouer...
En parallèle, d'autres amis d'Ariane subissent aussi leurs lots de doutes, recherches, déceptions, tout en se soutenant les uns les autres, tentant de préserver leur bonheur et leur joie de vivre malgré tout... y échouant parfois.

Au final, sous un ton enjoué et bourré d'humour, le roman est donc loin d'être drôle. Il met en avant des personnages un peu perdus, qui font de leur mieux pour correspondre à ce qu'on attend d'eux, au prix de leur épanouissement personnel dans certains cas. Il sonne comme un état des lieux... juste, un peu perturbant parfois.
Ce que je lui reproche, à ce petit roman, c'est qu'il n'y a pas de véritable évolution dans la vie d'Ariane et Justine. Il se passe quelque chose de terrible pour Ariane, à la fin, qui l'oblige à écourter en catastrophe son séjour à New-York et j'ai eu la sensation que c'est là que les choses commençaient vraiment... car tout au long du roman, Ariane et Justine font connaissance, se confient l'une à l'autre, deviennent de plus en plus critiques sur leur situation, mais au final... celle-ci ne change pas, n'évolue pas. Du coup, j'ai été un peu déçue car j'attendais un véritable dénouement, au moins pour l'un des personnage, qui n'est jamais venu. 
Une chose est sûre : le chevalier servant n'existe pas ! Beau parleur, mesquin, égoïste, obsédé, irresponsable, voire désespérément immature, le mâle du XXIe siècle pencherait plutôt du côté " odieux crapaud ", avec tout ce qu'il faut de ridicule et de veulerie affichée. Et ce n'est ni Ariane, jeune Parisienne branchée, mariée " par intérim " à un jeune loup de la finance aussi agaçant qu'absent, ni Justine, charmante célibataire juive new-yorkaise adepte des cuites au saké et névrosée de première, qui vous diront le contraire. La preuve, les innombrables et irrésistibles mails que nos deux trentenaires délaissées - et déchaînées - ont décidé de s'envoyer le temps d'un jeu de massacre transatlantique à la fois acerbe et drolatique...
Les plus du roman :
deux beaux portraits de femmes (et même plus)
une belle critique de la pression sociale (et familiale)
le ton enjoué, les piques humouristiques
le voyage à New-York


4 commentaires:

  1. Je me souviens avoir bien aimé ce livre (qui m'a poussé à découvrir d'autres livres de l'auteur), mais c'est à peu près tout ce qu'il m'en reste. Peut-être que j'aurais envie une fois de le relire

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour ces précisions, j'avoue que je ne suis pas certaine de m'intéresser aux autres titres de l'auteur, mais je ne les bouderai pas si je tombe dessus à l'occasion.

      Supprimer
  2. Tu me fais franchement envie :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tant mieux ! (pourtant, ce retour n'est peut-être pas super enthousiaste ^^)

      Supprimer