7 avril 2014

Beautiful Bastard

Romance érotique (oooouiiiiii ! de la clic-lit ! merci qui ?) de Christina Lauren, traduite par Margaux Guyon, éditions Hugo Roman (pour le broché) et Pocket (pour le poche).

Alors, je préviens, ce retour de lecture dérogera à toutes mes règles habituelles. En effet, lorsque j'ai admis que Beautiful Bastard était malencontreusement tombé dans mon caddie, Blackwatch m'a mise au défi d'en faire une chronique bien plus libre que mes retours usuels. Bon, en gros, j'ai l'autorisation (et même l'obligation) de me lâcher avec ce titre. Vous êtes prévenus. 
Quant à celles qui l'étaient déjà, prévenues, arf, je sais que vous l'attendiez avec impatience cet article. Et que vous seriez capables de l'avouer sans même en rougir, petites malignes !
(vous savez quoi ? j'ai découvert que certaines de mes copines sont encore moins coincées que je ne le croyais ; j'en apprends tous les jours et j'en tombe même de haut quand j'en fais les frais ; en ce moment, elles ricanent, prétextant que je suis une future cougar juste parce que j'ai filé un pourboire en main propre à un serveur... c'était gratuit ! mais tout de suite, elles y ont vu un geste libidineux de ma part... j'vous jure... du coup sa collègue n'a rien eu le lendemain, je ne voudrais pas qu'on me prête l'intention de taper à tous les râteliers)
(oui, il était mignon, le serveur)
(mais non, il ne m'intéressait pas)
(je suis une honnête femme, je vous le rappelle)
(bon, si on revenait à nos moutons ?)

Donc, aujourd'hui, je vais vous parler de ma lecture d'un véritable phénomène... heu, non, il n'est pas "littéraire" ce phénomène, ma bonne dame, ce n'est pas à proprement parlé le terme le plus approprié. BB (vous permettez que j'utilise BB pour la suite de l'article ? j'ai la flemme de retaper le titre entier à chaque fois) c'est de la bonne clic-lit qui s'assume. Côté niveau littéraire, je le dis tout net, on repassera. De toute façon ce n'est pas sa vocation (et, accessoirement, il y a de sacrés couacs dans la traduction, à des moments).
C'est un tout autre type de phénomène et j'avoue que je me suis plutôt amusée avec cette lecture... mais peut-être pas de la façon prévue par les auteurs / éditeurs. Autrement dit, je me suis (beaucoup) marrée, en la prenant au 3ème degré (au moins). Quelque part, c'est peut-être un constat navrant concernant ma libido, je réalise qu'en général les romans érotiques m'exaspèrent, m'horrifient ou me font rire, alors que leur but initial est tout autre (non, je ne compte pas consulter, merci quand même d'y avoir pensé, groumph, cela dit, ça explique peut-être que j'en lise si peu).  


Donc, BB, c'est de la clic-lit. Quand je la qualifiais de "bonne", c'est peut-être un poil exagéré, mais quand on sait que j'ai lu "Une nuit avec les Sole Regret" avant, cela peut justifier que je me montre un peu plus magnanime. Si vous ne comprenez pas de quoi je parle quand je mentionne "clic-lit" et / ou "Sole Regret", c'est que vous avez manqué quelque chose, je vous invite à fouiller dans les archives de ce blog. Je suis certaine que votre culture générale... n'en ressortira pas grandie !... (désolée) (ou pas...) Mais vous rigolerez certainement, alors n'hésitez pas.

Avec BB, on relève quand même un peu le niveau. Disons que côté sexe, même si la vulgarité des personnages m'y parait souvent injustifiée, on reste dans quelque chose de classique et on évite les phrases cultes du style "Chérie, je vais te sodomiser tellement fort que demain tu ne pourras plus marcher." (désolée, Chap', celle-là m'a vraiment marquée, il fallait que je la replace !).
Avec BB, pas de rock (ni de sodomie, d'ailleurs), malgré tout vous aurez votre lot de "putain" et autres joyeusetés (même quand ce n'est pas justifié, comme je le disais). Ce roman vous fait entrer dans un monde du travail complètement surréaliste (oui, encore plus que dans "Ce qui nous lie", ce n'est pas rien de le dire) dans lequel une stagiaire et son mentor vont jouer à tester tous les endroits possibles pour s'envoyer en l'air. Sans. Jamais. Se. Faire. Toper.
(même pas drôle... quoi que si, une fois, mais ça n'a pas plus d'importance que ça)  

Dans tous les cas, j'avais prévenu dans un article de mardi sur son 31, BB aurait mérité (mais je ne pouvais pas le savoir avant de lire) que j'ouvre des compteurs.

1) Le compteur de "putain" : il y en a même quand ce n'est pas utile pour ponctuer une phrase ; la vulgarité des personnages est assez hallucinante, souvent injustifiée, je ne sais pas qui, dans la vie réelle, aime vraiment s'exprimer ainsi pendant une partie de jambes en l'air (vous avez tout à fait le droit de témoigner en ce sens dans les commentaires) (comment ça, sans façon ?). 

2) Le compteur de petites culottes déchirées ; d'où la scène dans la cabine Aubade, parce qu'il faut bien les remplacer ; d'où le fait que je doute que la marque en question doive vraiment se féliciter du coup de pub, car les auteurs la font passer pour un fournisseur de slips jetables... Dites, en vrai, vous avez déjà essayé de déchirer un sous-vêtement, surtout au niveau des coutures ? (bref : oooh le vilain fantasme d'auteur pas réaliste du tout... m'enfn, il y en a d'autres dans le roman, vous êtes prévenus ; celui-ci m'a juste particulièrement marquée et fait rire car les auteurs en ont fait un fil rouge)

3) Le compteur de lieux de scènes de fesses.
Et oui ! côté sexe, ça commence vers la page 20, ensuite ça ne s'arrête plus et les auteurs semblent avoir relevé le défi de changer à chaque fois d'endroit pour laisser leurs personnages expérimenter différents décors :
- salle de meeting (check !)
- ascenceur (check !)
- escalier (check !)
- bureau (check !) (quand même !)
- cabine de la boutique Aubade (j'en parlais plus haut) (c'était original, pour la peine) (check !)
- voiture (check !)
- toilettes d'un bar (check !)
- salle de bain familiale (check !)
(j'en oublie sûrement)
(à ce stade, je me suis demandée s'il y aurait un lit)
Et, oui, il y a eu un lit (d'ailleurs, une fois dedans, ils ont du mal à en sortir) (triple check !).

Vous comprenez mieux pourquoi cette lecture m'a autant amusée ? Non ? (pfff, vous faites preuve de mauvaise foi, là)

La multiplication de la réalisation de fantasmes (soft, les fantasmes, je reprécise) dans des endroits à chaque fois différents est plutôt drôle (humour douteux, le retour). Je précise bien "de fantasmes", parce que le sexe dans la clic-lit, c'est magique ! Les conclusions de mes précédentes lectures ont été confirmées avec BB.
En effet, ici, le sexe a quelque chose de géniallissimement parfait (comme les personnages, notez) : orgasme systématique voir multiple, jamais de souci, d'incompréhension, de mec en panne ou de nana dans sa mauvaise période ; pas de peur des MST, donc pas de capote (ça sert à quoi, d'abord ? oui, bon, là je ris jaune en vrai) ; couple toujours en phase, sur la même longueur d'onde, jamais d'échauffement même après l'avoir fait trois fois d'affilée (ce qui sous-entend que... un mars, et ça repart) (de toute façon, elle mouille tellement bien, ça ne peut pas frotter) (mhhh, qui parlait de dentelles ?) (et encore, je vous épargne un commentaire dégueu de Chap au sujet de la collection de petites culottes déchirées).
Bref, le sexe dans la clic-lit, c'est toujours top, parfait, avec orgasme garanti, et BB ne déroge pas à la règle.
(pourquoi c'est pas comme ça dans la vie réelle ?)
(hein ?)
(pourquoi ?)
(parce qu'on passerait notre temps à baiser au lieu de bosser ?)
(ou d'écrire des articles de blog longs et débiles ?)
(hum, c'est peut-être ça...)

Donc, ne vous faites pas d'illusion, BB c'est très bisounours côté sexe, la vulgarité orale des personnages ne saurait le cacher. Le tout m'a bien fait rire, donc au final j'ai plutôt apprécié la lecture. Les amateurs apprécieront que ce soit une romance (pour ma part, j'avoue que ça n'avait pas d'importance, cela aurait pu se terminer autrement et la liaison rester un plan cul facile sur le lieu de travail sans que ça ne me perturbe) (mais c'est bien le choix des auteurs) (donc c'est une romance) (et je ne spoile pas vraiment, vu que l'intrigue est minimaliste).

Ce qui m'aura le plus agacée au final, en plus de leur ultra-plus-que-perfection, ce sont les dents trop longues des personnages... à se demander comment Cholé peut tailler des pipes à Bennett sans l'estropier, pour la peine !
L'esprit vif, bosseuse et volontaire, Chloé Mills n'a qu'un seul problème, son patron : Bennett Ryan. Exigeant, direct, dépourvu de tact, ou d'une quelconque considération à l'égard d'autrui, il est absolument... irrésistible. Un salaud magnifique. Bennett retourne à Chicago après avoir séjourné en France pour jouer au sein de l'entreprise familiale, un grand groupe de media, un rôle de premier plan. Rien ne laissait supposer que son assistante, chargée de l'aider à distance lorsqu'il était à l'étranger, puisse se révéler être cette sublime créature, dotée d'une innocence toute provocatrice et absolument exaspérante, avec laquelle il allait désormais devoir travailler chaque jour. Malgré sa réputation, Bennett n'est pas du genre à entretenir une aventure sur son lieu de travail. Mais Chloé est si séduisante qu'il envisage de faire une entorse à la règle - pour ne pas dire, la faire complètement voler en éclats - si c'est le seul moyen pour lui, de la conquérir, de se l'approprier, de la posséder.  Alors que désir et attirance mutuelle ne cessent de croître jusqu'à un point limite, de non-retour, Bennett et Chloé doivent décider exactement ce qu'ils sont prêts à perdre ou à sacrifier, pour continuer à s'auto-posséder l'un l'autre sans répit.
Les plus du roman :
pas de prise de tête
très drôle (même quand ce n'est pas censé l'être...)
ne ment pas sur la marchandise

6 commentaires:

  1. Pour avoir lu une palanquée des livres du genre (au moins dix maintenant), c'est un des pires représentants du genre aussi celui que tu as cité. Il y en a des très drôle (non mais franchement Fifty Shades, on en parle???) Si tu ne ris pas et que tu ne le prends pas comme ça... ma foi... déjà tu regrettes l'achat (avoue, tu regrettes un peu je parie :P tu vas pas le relire dix fois je sens) et il vaut mieux en rire comme on dit. Dire que c'est adapté en film... trois points ça ne suffit pas, il faudrait plus "........................"
    Ce que trouve dommage c'est que c'est l'archétype de ce qui se fait et le parfait exemple à cité pour les gens qui critiquent la romance en général. On va croire que c'est bien "ça" la romance. Snif.

    Bon je te laisse retourner à ta énième relecture de BB...
    Nyaoh

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    1. Je regrette surtout l'achat des Sole Regret (qui est vraiment une grosse daube, il faut bien le dire). Quant à BB, j'ai limité la casse en achetant l'édition poche.
      Mais je ne relirai pas, il ne faut pas abuser. Surtout que je viens de me souvenir d'un détail qui tue et m'a VRAIMENT fait grimacer : les morsures de seins. A laisser des marques de dents dessus. Eeeerk !

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  2. Chapardeuse12 avril, 2014

    Tu oublies de préciser que le mignon petit serveur nous a reconnues le lendemain, lui avais-tu tapé dans l'oeil ? ; p
    Très chouette article qui m'a beaucoup fait rire, mais pas donné envie de lire le bouquin. En revanche, ça mérite une lecture publique de morceaux choisis...

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    1. Pffff ! Enfin, je vous le garde de côté. ;)

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  3. Il m'arrive parfois de lire ces livres "interdits", ces plaisirs pas si secrets que la "littérature" veut nous offrir pour nous "libérer". Et je rigole beaucoup aussi!! J'ai un côté bisounours, les belles histoires de temps en temps me font vibrer, mais les belles histoires bien écrites. Parce que pour BB, NON! je n'ai pas pu, trop de vulgarité gratuite...Alors comme toi j'ai ri, en comptant le nombre de fois où il lui arrachait sa petite culotte!

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    1. Aaaah ! je savais bien que je n'étais pas la seule à avoir tilté sur l'utilité d'un compteur de petites culottes ! :))
      (merci, ça me rassure)
      (et c'est vrai qu'en dehors du côté amusant du roman, il est surtout très mauvais, il faut être honnête)

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