7 février 2014

Tout ton portrait

Roman contemporain / chick lit d’Isabelle Wolff, traduit par Denyse Beaulieu, éditions JC Lattès (broché) et Pocket (poche).

Avec ce roman, j’ai la confirmation si besoin en était que j’adore la plume d’Isabelle Wolff. Elle m’avait déjà séduite, en me faisant tour à tour passer du rire à des émotions plus douces amer sur les deux titres que j’avais déjà lus d’elle. Tout ton portrait reste dans cette lignée. J’ai jeté un œil à quelques chroniques, certains lecteurs ont raison, on y retrouve peut-être un peu trop les ficelles d’Un amour vintage, mais je pardonne sans mal à l’auteur ; surtout qu’il y a un clin d’œil au roman précédent que j’ai trouvé amusant. De plus, cette écriture fluide et faussement légère reste un vrai bonheur à lire.

(petite préférence pour la couv du broché)
(celle du poche fait un peu trop "chick-lit" et ne donne pas forcément le ton)

Tout ton portrait est donc, de nouveau, une excellente comédie de mœurs qui plonge les lecteurs dans le milieu de la grande bourgeoisie londonienne, avec une multitude de personnages secondaires et une petite touche sentimentale qui illumine sans noyer le reste. Cette fois-ci, l’auteur nous plonge dans les secrets de famille et les non-dits qu’il faut déterrer afin de dépasser des blocages et aller de l’avant. C’est donc, avant tout, un roman sur les relations parents-enfants, dans lequel certains faits, pris pour acquis, ne sont pas forcément aussi clairs qu’on pourrait le croire. Ella va se retrouver prise dans un conflit de loyauté entre sa mère, l’homme qui l’a élevée et son véritable père, conflit tout d’abord faussé par la vision qu’elle a d’évènement survenus dans son enfance. Par la force des choses, elle va faire des découvertes qui vont tout remettre en cause, autant pour elle que pour ses proches.

Par certains aspects, les réactions de la meilleure amie d’Ella, en début de roman, m’ont assez agacée par leur manque de tact. Cependant, elle se rattrape bien par la suite. Et j’ai trouvé la petite sœur, Chloé, très touchante à cause de cette fragilité provoquée par un choix qu’elle a fait sous influence et qu’elle n’a jamais cessé, au fond, de regretter. La relation entre les deux sœurs est d’ailleurs une grande réussite : elles veulent se protéger l’une l’autre sans s’apercevoir qu’elles se font ainsi encore plus de mal… Le tout est de savoir le prix à payer pour remettre les pendules à l’heure… sachant que c’est un mal pour un bien, qui permettra à chacune de trouver sa voie pour s’épanouir.
Bref, un beau moment de lecture et j’ai hâte de découvrir les autres titres de cette auteure.

Ella Graham est portraitiste. Grâce à ses œuvres lumineuses et émouvantes, elle connaît un début de célébrité. Mais quand sa sœur cadette, Chloé, lui demande de peindre le portrait de son fiancé, Nate, Ella est consternée. Elle déteste Nate et se méfie de lui. Pourtant, au fil de leurs séances de pose, Ella comprend qu’il ne faut pas se fier aux apparences. En parallèle, Ella recueille les confidences de ses autres modèles : une veuve âgée qui porte un lourd secret depuis la guerre, une belle Française qui redoute son quarantième anniversaire et un homme politique séduisant qui a une confession à faire. C’est alors qu’un message totalement inattendu parvient à Ella : celui de son père, John, qui n’a pas donné de nouvelles depuis près de trente ans. Tandis que Chloé organise le mariage de ses rêves, Ella est face à un dilemme. Soit déchirer sa famille en révélant son secret ; soit laisser ce mariage la déchirer…

Les plus du roman :
- la plume de l’auteur, toujours aussi fluide
- la relation entre Ella, sa sœur et leur mère
- les chassés-croisés entre les personnages secondaires
- les portraits des différents clients d’Ella et ce qu’ils apprennent les uns des autres


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