29 janvier 2014

La Réelle Hauteur des Hommes

Romance contemporaine de Jo Ann Von Haff, éditions Laska.

Le roman de Jo Ann est sans conteste une romance, mais une romance d’un genre aussi atypique que son auteur. Je suis son blog, sa page facebook, je me doutais que cette jeune femme brillante ne pouvait pas écrire une romance contemporaine usant des clichés habituels… surtout en matière de caractérisation des personnages. Je n'ai pas été déçue !
De ce fait, son personnage masculin principal échappe aux stéréotypes du genre, et il n’est pas rien de le dire.
Car c’est justement de cela que parle son roman, de différence, du regard des autres, sur soi, sur son couple, de la faculté de ce regard à vous modeler et à vous contraindre, ou au contraire à vous pousser à vous dépasser.


Mel est une illustratrice terriblement romanesque. Après s’être s’attachée au blog La Réelle Hauteur des Hommes, dont elle suit et commente les publications, elle s’attache à son auteur. Celui-ci refusant de se montrer malgré la pression de ses « fans », elle s’amuse à le dessiner sous différents aspects… ce qui lui vaut un coup de fil du blogueur en question, qui en entraînera d'autres. Il se tisse alors un lien fort entre Littlejohn et elle, qui en tombe virtuellement amoureuse. Le talent de Jo Ann est de montrer à quel point cet attachement est réciproque, tout en restant constamment du point de vue de Mel.
Pourtant Littlejohn refuse de rencontrer Mel et, lorsqu'elle insiste, préfère rompre tout lien avec elle, coupant les ponts des réseaux sociaux, ce qu’elle va vivre comme une véritable rupture. Lorsqu’ils vont renouer et qu'il se dévoilera enfin, Mel comprendra le dilemme de cet homme qui doit se dépasser au quotidien et choisira de défendre leur chance d’être heureux ensemble, envers et contre tous.

La Réelle Hauteur des Hommes est très loin d'être aussi "léger" qu'il y parait. Parce qu’il repose sur le personnage de Littlejohn, avec ses forces, ses faiblesses, son handicap que sa mère et l’éducation qu’elle lui a imposée ont rendu encore plus difficile à porter. Pourtant, l’autre regard - celui de l’amoureuse - va l'aider, sans pour autant tout changer car cela est impossible ; simplement, c'est un grand pas vers l'acceptation de soi.
Je regrette juste que Mel, elle, refuse sans qu’on sache pourquoi ce qu’elle impose à son homme, à savoir se mettre en pleine lumière (et qu’elle ne fasse pas d’efforts, bien au contraire, à ce sujet). De ce fait, elle m'est apparue comme étrangement capricieuse sans que j'en comprenne la raison.
Autres bémol, je reste très réservée sur la fin, pour des raisons personnelles qui n’engagent que moi (après tout, c’est le choix des personnages, pas le mien, et je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler).
Dans tous les cas, cette romance est avant tout un bon petit roman contemporain et très humain que je conseille chaleureusement.

Melanie, jeune illustratrice, ne commence pas sa journée sans avoir lu le billet de neuf heures du blog La Réelle Hauteur des Hommes. Elle ne veut pas se l’avouer, mais elle a le béguin pour Littlejohn, son auteur anonyme. Sa meilleure amie, Alice, se moque constamment d’elle. Comment avoir le béguin pour un homme qu’on n’a jamais vu, et qui écrit exactement ce que les filles en mal de Prince Charmant veulent lire ?
« Littlejohn » cache plus que son vrai nom derrière ce drôle de pseudonyme. La relation virtuelle qu’il noue avec Melanie est aussi inattendue qu’enivrante. Mais plus ils se rapprochent, plus s’impose à lui la question : est-il prêt à se dévoiler ?

Les plus du roman :
- le héros, qui explose les clichés véhiculés par le genre
- l’aspect lumineux, coloré de l’héroïne
- le message de tolérance véhiculé par le roman
- la réflexion sur le regard des autres, son influence sur nos choix

2 commentaires:

  1. Merci pour ton retour, Cécile ! J'aime beaucoup ta façon de parler de Mel et Littlejohn, et tu résumes mieux que je ne résumerais jamais (je suis nulle en résumés !).
    Quant à l'ombre et la lumière, Mel est ambiguë, c'est vrai. Mais Littlejohn a toujours voulu que les gens lisent ses histoires, il a toujours voulu partager ses textes, alors que ce n'est pas le rêve de Mel d'être exposée. Elle aime son travail, donner vie aux univers des autres. Le sien reste le sien. Sauf quand elle s'amuse sur son blog. :-D
    (Si je savais dessiner...)

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    1. Merci pour ton passage, Jo Ann, ainsi que pour les explications complémentaires. :)
      (comme quoi, cela tient à du point de détail, ma petite remarque sur Mel)

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