20 janvier 2014

[Série] Fièvre (Les chroniques de MacKayla Lane)

Série urban fantasy de Karen Marie Moning, traduit par Cécile Desthuilliers, éditions J’ai Lu.


Cindy, alias Blacky, m’avait défiée en août 2013 de lire le 1er Fever, série mondialement connue et plébiscitée. Nous nous étions lancé un défi réciproque et elle ne m’a en aucun cas forcée à lire les suites. Donc j’assume mon entière responsabilité.
Avec le recul et en ayant lu la totalité de la série, je ne partage pas l’enthousiasme général la concernant. Pas du tout, même. J’aurais aimé ne pas mettre en ligne un retour de lecture trop long, mais la série contient 5 tomes plutôt épais, donc il est un peu normal que je déborde.

Tout d’abord, je reprends ce qui m’avait poussée à poursuivre après la lecture du tome 1 : j’appréciais l’univers, le fait que cette série de fantasy urbaine se déroule en Irlande, et non aux USA, ce que je trouvais rafraîchissant. Ensuite, son début se déroulait à l’aube d’un changement majeur : les Faes s’apprêtaient à envahir notre réalité / dimension, et ce n’était pas de gentilles Clochette.
Le lecteur découvrait deux « clans » majeurs : les Seelies et Unseelies. La différence entre les deux tenant en fait uniquement sur des considérations esthétiques, puisque les deux catégories sont toxiques pour les humains.


Le début de la série mettait en scène une jeune femme originaire des USA, très fifille, protégée et naïve. Mac était donc une jeune adulte d’une grande fraîcheur, absolument pas badass dans l’âme.
Sauf que sa sœur se fait tuer en Irlande, dans des conditions pour le moins glauques et que l’enquête menée sur place est classée sans suite, faute de pistes. Mac ne parvenant pas à faire son deuil, rongée par la peine et le besoin de faire rouvrir l’enquête,  échappe à son cocon doré, prend l’avion et arrive à Dublin. Elle entre alors dans la 4ème dimension, dès le début de son séjour, en découvrant une créature immonde dans un bar. De plus elle s’y fait agresser verbalement par une femme qui lui reproche son manque de discrétion, alors qu’elle se demande si elle hallucine juste ou si le jet-lag n’est pas plus violent que prévu…
Pour moi, ça a commencé à devenir très intéressant. Car toute naïve qu’elle soit, MacKayla a surtout un instinct de survie puissant. Par contre, j’ai été nettement moins convaincue par l’arrivée du chéri de ses dames, à savoir Barrons. Mais au départ, cela vaut des échanges plutôt amusant entre les deux personnages, donc j’en ai pris mon parti. Pour survivre et s’adapter, Mac accepte la protection de cet étrange libraire, pas vraiment humain et à mettre au plus-que-parfait, qui en sait long, très long, sur cette faculté qu’elle a à voir les faes. Ayant franchi la limite, Mac ne peut plus rentrer chez elle et reprendre sa petite vie rangée. Surtout qu’elle a maintenant le désir de venger sa sœur, lorsqu’elle découvre qu’elle aussi voyait les créatures et que, clairement, il ne faut pas compter sur la police pour mettre la main sur son assassin. Surtout que Barrons lui propose un échange : contre son aide pour mettre la main sur le Sinsar Dubh, une relique ayant l’aspect d’un livre, il la soutiendra.

Il y a beaucoup de bien à dire sur cette série, entre la galerie de personnages qui ne sont pas forcément ce que l’on croit, la complexité des faes, la flippante Zone Fantôme, etc. J’ai eu un gros coup de cœur pour Dany, jeune fille au caractère trempé. Et la toute fin est vraiment extra, c’est la première fois que je lis un Deux ex machina aussi bien amené et assumé (il est quasi à prendre au sens propre !).

Le problème, c’est que je n’ai vraiment pas nourri l’enthousiasme général au sujet de la plupart des personnages et de Barrons en particulier. Je ne sais pas si je vais avoir grand-chose à ajouter à ce sujet, car... presque tout a été dit par Blackwatch sur son blog. Je suis d'accord avec une grande proportion de ce qu’elle remonte, y compris en partageant sa crainte de me faire trucider par les fans inconditionnelles de ce best-seller.
Comme je le disais à l’occasion d’un lundi sur son 31, j'avoue avoir été très tentée de survoler les tomes 4 et 5 sans vraiment les lire. J'ai lu jusqu'au bout parce que je voulais savoir comment le monde créé par l'auteur se réadapterait après la chute des murs et l’irruption de la féérie dans notre réalité, si les hécatombes provoquées par le Sinsar Dubh allaient être stoppées, qui l'avait libéré et les liens entre les différents protagonistes / factions.

Je voulais le fin mot de l'histoire, malgré quelques problèmes de fond gênants à mes yeux. Ainsi, je n’ai pas cru un instant à la révélation de ce qui est arrivé à la sœur de Mac, c’est juste absurde, mais bon, ce n’est qu’un point de détail. Vu la longueur de la saga, l’auteur a sacrément bien ficelé son univers. Ce n’est pas là-dessus que j’ai matière à critiquer.

Au final, je n'ai apprécié que les 2 premiers volets. Le hic, c'est qu'il est impératif de lire les 5 pour avoir toutes les cartes en main et comme je n'accrochais pas une grande partie des personnages, j'ai trouvé que ça trainait. Comme je l’ai déjà signalé, je ne trouve pas que Barrons soit un fantasme sur pattes. Là, clairement, ce n'est pas ma came en matière de personnage masculin principal catapulté en love interest. J’aurais préféré qu’il conserve sa place du début, celle d’un mentor sans faille et sans scrupules. Au final, il n’a qu’une seule faille mais on l’apprend vraiment trop tard, du coup ça ne m’a pas touchée du tout, d’autant plus que j’avais eu le temps de prendre le personnage définitivement en grippe au court du tome 4, où la nature des remarques dont il abreuvait Mac à la première occasion était odieuse.
A noter qu’un autre personnage, Ryodan, est encore pire que Barrons. J’ai toujours eu envie de le voir s’en manger une belle à chaque fois qu’il apparaissait, il fait un superbe adversaire, un « méchant » plus-que-parfait (de toute façon, c'est la caractéristiques des personnages masculins de la série, physiquement du moins : ils sont tous plus beaux les uns que les autres ! y compris le père adoptif de Mac... sans commentaire). Pour en revenir à Ryodan, il n’est pas envisageable pour moi de lire la série suivante, vu qu’il en sera l’un des personnages principaux, peut-être même LE personnage masculin principal, placé lui aussi en love interest vu les chroniques que j’ai lue par-ci par-là. Pour moi ce n’est pas possible, rien que d’y penser j’ai envie de vomir… (ceux qui ont lu mes articles sur ma relation à la romance comprendront : là, on tape en plein dans les personnages de Gros Connards, qui m'insupportent).

Il faut aussi que j’ajoute que sur le fond, l’univers des Fièvres est assez glauque et obsédé par le sexe, ce qui fait qu’il m’a laissée sur une impression de malaise persistante (l’épilogue tout bisounours n’y a rien changé, au contraire). Même sous couvert de « love story », le sexe y est crasse ou complètement surfait. J’ai particulièrement détesté l’image des relations hommes-femmes de cette série. Aucun des deux n’en sort grandi… et quand on y parle d'amour, c’est pour qu’il serve de prétextes à des trucs qui, si on y réfléchit, sont hyper malsains, par exemple afin d’excuser l'autre d'être immonde.

Si vous êtes fan, je suppose que vous allez m’envoyer des tomates pourries… Pourtant, je n’ai pas pour but de vous froisser, chacun ses goûts, je respecte les vôtres : j’ai juste une grille de lecture différente. Cette série m’a plus mise mal à l’aise qu’autre chose, et comme ce n’était pas le genre de lecture avec laquelle je pensais terminer dans cet état d’esprit, ça m’a sacrément déçue.

 «Ma philosophie tient en quelques mots : si personne n'essaie de me tuer, c'est une bonne journée. Autant vous le dire, ça ne va pas très fort, depuis quelque temps. Depuis la chute des murs qui séparaient les hommes des faës. Pour moi, un bon faë est un faë mort. Seulement, les faës Seelie sont moins dangereux que les Unseelie. Ils ne nous abattent pas à vue. Ils préfèrent nous garder pour... le sexe.
Au fait, je m'appelle MacKayla Lane. Mac pour les intimes. Je suis une sidhe-seer.
La bonne nouvelle : nous sommes nombreux.
La mauvaise : nous sommes le dernier rempart contre le chaos.»

Les plus de la série :
- l’évolution de MacKayla
- le décorum entre Irlande et féérie
- l'intrigue additive
- les joutes verbales (ou non) entre Mac et Barrons (du moins au début)

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