29 décembre 2013

Les Parias d'Engelar

Roman post-apo / dystopie d’Aurore Perrault, éditions Asgard.

Je termine l’année 2013 avec un retour de lecture qui me tient particulièrement à cœur.
Les Parias d’Engelar n’est pas n’importe quel roman, à mes yeux, et je ne peux pas rédiger un retour de lecture objectif dessus, donc je préfère être honnête et l’assumer.
Ce roman, j’en ai suivi la totalité de l’évolution, depuis les prémices provenant de la nouvelle qui l’a inspiré jusqu’aux toutes dernières étapes de la correction. C’est le « premier bébé » d’une amie auteure qui, partie d’un premier jet brut de fonderie, s’est retroussé les manches pour en faire un roman court, efficace, qui vous prend dès la première page et ne vous lâche plus jusqu’au bout.


La dystopie créée nous enferme dans une tour de taille monstrueuse, capable de loger l’équivalent de la population d’une ville de taille moyenne. Ces quelques dizaines de milliers d’habitants sont séparés par castes, en fonction des étages. La lie de cette société étant confinée dans les premiers étages et au rez-de-chaussée, dans des conditions à peine moins enviables que celles des basses classes, réduites depuis longtemps en esclavage. La plupart des habitants considèrent ce découpage comme normal. Ceux qui ne sont pas de cet avis et qui manquent de discrétion rejoignent rapidement la lie : le Prophète les châtie. Privés de la parole, ils deviennent des parias dont l’espérance de vie est limitée.
Mais est-ce vraiment le cas ? C’est ce que les lecteurs vont découvrir dès les premières pages.

Surtout que la restriction des ressources se fait de plus en plus sentir, les véritables gouvernants d’Engelar ont décidé de laisser mourir les habitants des premiers étages, sciemment, pour ne plus avoir à les entretenir, les tuant à la tâche, les privant de soins… Le roman se déroule à une période charnière où même les classes moyennes font l’objet de restrictions de plus en plus importantes. Dans ce contexte, que peut provoquer le retour d’un explorateurs, dont le simple fait qu’il soit en vie risque de remettre en cause les fondamentaux de cette société entièrement construite sur l’inégalité ?
L’Église fera tout pour étouffer l’affaire… provoquant par là-même la réaction d’un groupe d’homme et de femmes qui n’ont pas perdu l’espoir. Celui de quitter la tour. Mais avant d’en sortir, ils devront monter à son sommet. Et peut-être redécouvrir les fondamentaux de leur histoire, celle qui a été soigneusement cachée, travestie, modifiée au fil du temps.
Si vous êtes amateur d'anticipation façon old school, surtout ne boudez pas votre plaisir. Pour ma part, j'ai été ravie de lire la version finale et éditée de ce petit roman efficace.

Engelar, dernier bastion d’une humanité qui a survécu à la Grande Catastrophe.
Kairo, l’explorateur, rentre chez lui après des mois d’absence, porteur d’une nouvelle qui va changer la vie des habitants de la cité.
Dès son arrivée, il est intercepté par la milice : l’Eglise n’aime pas les surprises.
Dans les sous-sols, les Parias se terrent, isolés de leurs semblables par les pouvoirs du Prophète : l’Eglise n’aime pas les gêneurs.
D’autres les rejoignent, par choix ou après avoir déplu aux puissants : l’Eglise n’aime pas les rebelles.
Pourtant, les actions de tout un groupe pourraient bien changer l’ordre des choses et faire éclater certains secrets poussiéreux au grand jour…

Les plus du roman :
- l’action sans temps morts
- la caractérisation des différents personnages
- la solidité et la cohérence de la dystopie post-apo
- la réécriture de l’histoire par les castes dirigeantes
- la tour, ainsi que toutes les horreurs qu’elle peut bien camoufler… sans pour autant empêcher l’espoir de germer

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire