28 décembre 2013

La colline de l'oubli

Romance historique de Eve Terrellon, éditions Laska.

Ce court roman est l’une des plus belles romances que j’ai eu l’occasion de lire, car il dépasse les codes du genre tout en abordant des sujets graves ou inattendus, rarement explorés dans la littérature grand public, sans pour autant se noyer dans le pathos. Je comprends parfaitement, après lecture, pourquoi il a autant ému, autant fait parler, pourquoi tant de lecteurs ont eu un coup de cœur pour ce texte.
C’est un petit bijou ! Et même si on peut lui trouver quelques défauts en cherchant bien, la délicieuse plume de l’auteur les rattrape à elle seule.


Comme tous les bijoux, il serait dommage de trop le montrer ou de le dévoiler sous une mauvaise lumière… c’est pourquoi mon retour de lecture sera court, afin de permettre de conserver tout l’attrait de ce texte qui sort des sentiers battus, tout en abordant des thèmes qui restent d’actualité à notre époque : le rapport à la religion, l’intégrisme, l’influence de celui-ci sur les réactions et les choix des gens, le choc de cultures trop différentes, le formatage de la sexualité par le genre imposé aux enfants dès leur plus jeune âge, la complexité que peuvent prendre les sentiments dans des situations extrêmes.

Ce petit roman mérite vraiment qu’on s’attarde dessus et qu’on suive John dans sa découverte de la culture indienne, sa découverte de lui-même et de l’amour de sa vie. Surtout que les personnages sont très attachants et qu’on les suit en frémissant pour eux d’un bout à l’autre du livre.

John ne connaît rien d’autre que la ferme de ses parents, où il a toujours vécu. Elevé au sein d’une communauté rigoriste, il sait cependant qu’existe davantage que le christianisme étroit et conquérant de son oncle, depuis qu’il a découvert, adolescent, la présence d’Indiens Sioux sur ses terres. L’un d’eux, encore enfant, l’a particulièrement marqué, et il n’a jamais oublié son nom : Mahpee…
Des années plus tard, sa sœur est secourue par une Indienne qui se présente à lui sous le nom de Chumani. Sa ressemblance avec le petit garçon d’autrefois est troublante. Plus troublante encore est la haine que semblent lui porter l’oncle de John, ainsi qu’une partie de la communauté blanche. Partagé entre sa famille, son éducation et son sens moral, John finit par s’attacher à Chumani malgré les avertissements. Mais est-il prêt à entendre la vérité, toute la vérité ?

Les plus du roman :
- la jolie plume de l’auteur
- la complexité du sujet abordé sur le fond
- les questions soulevées sur le sexe, le genre, la sexualité et les sentiments
- la magnifique mise en couleur des cultures explorées et de leur antinomie

7 commentaires:

  1. J'aime quand les gens aiment les livres que j'aime.
    (Aimer au cube, c'est un indicateur de mon amour pour ce bijou. :-D )

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    1. Moi aussi, j'aime que tu aimes ! ;)

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  2. Tout pareil que Jo Ann, en fait (oui, je suis une copiteuse) (n'empêche, j'aime lire ce billet ;-)))

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    1. Vive les copiteuses ! Note que, contrairement à toi, je trouve la fin parfaite et je n'aurais pas voulu en savoir plus. Les personnages sont si pudiques que ça n'aurait pas collé.

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  3. euh je n'ai jamais dit que la fin n'était pas parfaite, dear. ;) Par contre, la slasheuse que je suis n'aurait pas craché sur une scène de rapprochement supplémentaire ;)

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    1. Ce que je voulais dire, c'est que de mon côté, j'aurais trouvé cette scène de trop. ;)

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    2. Ok, ainsi, nous sommes d'accord ;-)

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