14 novembre 2013

Soirée littéraire et conférence à Poitiers... feedback.

Elikya, qui se défend toujours (je pense) d'être sage, reste surtout une jeune femme curieuse qui aime partager ses découvertes et rencontres avec ses amis. Et, accessoirement, leur coller de gentils coups de pieds aux fesses pour qu'ils se bougent quand elle l'estime nécessaire (sous son air doux, elle cache une vraie sadique, donc elle estime que ses injonctions sont toujours nécessaires et ne se prive pas d'y ajouter des piqûres de rappel) (aïe).
Avant qu'elle ne provoque l'apparition de bleus sur mon popotin (ce n'est pas glamour), j'ai préféré répondre présente tout de suite quand elle m'a parlé du cycle de rencontres Lire, écrire, penser et conserver dans un monde numérique, qui se déroule du 13 au 16 novembre 2013 (il n'est donc pas terminé au moment où j'effectue ma sobre restitution).
Ce cycle est organisé par le Centre du Livre et de la Lecture du Poitou-Charente, une association que je découvre à peine et dont j'espère pouvoir reparler (Elikya, toujours elle, pense qu'il faut qu'on s'intéresse de près à l'initiative La voix des lecteurs... à suivre).
Revenons à nos canards (mécaniques ou pas).
Le gros du cycle se déroulant en semaine, il n'était pas évident d'en profiter, heureusement j'ai pu me libérer pour une soirée et poser une journée pour suivre une conférence en matinée.
Les deux sujets étaient très différents et je vous offre une petite synthèse de mes notes et impressions, sachant que j'y suis allée par intérêt personnel et non pour offrir une restitution complète sur mon blog (je suis une feignasse, je sais, mais si vous n'êtes pas contents ça ne change rien - promis, si le Centre du Livre met en ligne des restitutions complètes, je vous donnerai les liens).


[interlude personnel ON]
Le mercredi, ce fut sportif, départ précipité du boulot par peur d'arriver en retard, pour arriver finalement en avance ; donc marche forcée dans le centre ville pour ne pas me refroidir en attendant Elikya. Alors que les magasins fermaient, qu'il faisait déjà nuit, c'était un poil déprimant. Je me suis refroidie quand même, du coup je suis entrée dans une boutique qui ferme plus tard pour m'acheter en catastrophe une paire de gants... et je me suis au final retrouvée en retard. On ne se refait pas. Au moins, Elikya est parvenue à me récupérer aux Cordeliers et nous avons mangé sur le pouce avant de rejoindre la soirée littéraire. 
(oui, promis, j'arrête de raconter ma vie)
(mais si vous avez bien suivi, vous avez noté que j'ai une nouvelle paire de gants)
(ça, c'est pour vous rappeler que vous êtes avant tout sur un blog de fille)
[interlude personnel OFF]

La soirée littéraire portait sur l'appréhension des rapports homme-machine, entre science et fiction. Elle était animée par Rodolphe Collet, bibliothécaire et historien, accompagné par un comédien (dont je n'ai pas noté le nom, désolée !) pour la lecture d'extraits (et ça, c'était vraiment génial, parce que sa diction était parfaite, la malentendante que je suis a apprécié).
Au départ, je n'étais pas emballée plus que ça par le pitch de cette soirée littéraire, au final elle m'a très agréablement surprise et j'aurais manqué quelque chose en me désistant.

En résumé, Rodolphe Collet a fait une jolie revue / présentation / vulgarisation de la Science Fiction en axant son argumentaire sur la relation homme / machine / IA, avec le distinguo sur tout ce que la littérature a pu inventer (machines, calculatrices, ordinateurs, clones, cyborgs, robots, intelligences artificielles, copies de la psychée humaine, les mix possibles, etc). Le tout bien documenté, illustré, avec des lectures d'extraits réalisées par son binôme très à l'aise dans l'exercice. Certains extraits étaient très accessibles, d'autres nettement moins, et pourtant je n'ai jamais eu l'impression de devoir m'accrocher pour rester concentrée. C'était amusant en tout cas de montrer ce que les auteurs SF ont anticipé et de recouper avec les évolutions popularisées dans l'intervalle. Il y a ainsi des textes qui sont "redécouverts" de nos jours, parce qu'ils nous parlent à nous maintenant (ce qui n'a pas forcément été le cas à l'époque de leur première publication).

C'était donc sympa, limpide pour des non initiés. Je pense que même les personnes avec une bonne culture SF ont apprécié. Pour ma part, j'ai découvert une multitude de titres que je ne connaissais pas, j'en suis ressortie avec l'envie de relire de la SF, j'ai en particulier noté L'IA et son double et Tous à Zanzibar (ne me demandez pas pourquoi !).
Par contre, voyant l'heure tourner, nous avons dû nous sauver pendant les échanges avec le public, ce qui m'a désolée mais j'avais du trajet. 
Note pour ma binôme : se placer en plein milieu de la salle, au deuxième rang, juste devant l'animateur alors qu'on avait des contraintes horaires, heu, ce n'était peut-être pas notre meilleure idée... (oups).

Après la soirée de la veille, la nuit a été courte, le réveil fastidieux et je suis arrivée sacrément en retard pour la conférence sur la diffusion des livres numériques, qui m'intéressait au plus haut point (c'est Beorn, mon binôme pour la matinée, qui était censé arriver en retard, le traître, il a été à l'heure !).
Concernant l'intervenant, il s'agissait de Bernard Strainchamps, un professionnel de la distribution / diffusion numérique qui travaille pour FeedBooks
La conférence s'adressait surtout à un public professionnel, en particulier les bibliothécaires, car il a été question entre autres du prêt d'ebooks (qui doit s'intégrer en parallèle du maintient du prêt de livres papiers). Une partie m'est donc passée un peu au-dessus de la tête, sans que ça ne me dérange plus que ça. Par rapport à la vente d'ebooks à proprement parler, à leur visibilité et à leur accueil par les lecteurs, j'ai tout de même noté des infos, qui confirment ce que la plupart de ceux qui s'intéressent à la percée du numérique savent déjà (ou devinent, de façon intuitive ou pas) ainsi que des infos métier qui donnent un éclairage à la néophyte que je suis.

Sans détailler, l'intervenant a abordé différents sujets :
- La notion de systèmes fermés et de formats propriétaires, leurs inconvénients et pourquoi ça fonctionne quand même (l'intervenant s'est clairement positionné en estimant que c'est négatif à terme)
- La présentation d'OPDS, un système ouvert qui a l'air très bien, mais serait difficilement exploitable par les lecteurs sur liseuse, auxquels il ne s'adresse pas si j'ai bien compris (cependant, vu l'engouement sur les smartphones et les tablettes, j'en vois tout à fait l'intérêt). Ce système donne accès à des catalogues, biblio, permet des achats simplifiés, des dons, des prêts. Un outil utile pour les professionnels.
- Je vous épargne les détails qui concernent les politiques de prix des ebooks, les problématiques franco-française / les DRM / HADOPI (ou comment se tirer une balle dans le pied...), les infos concernant les réalités de la distribution et de sa relation avec les éditeurs.
Ce qu'il faut retenir au sujet de ce qui bloque le développement de la vente d'ebooks :
- les prix des ebooks qui restent élevés ;
- qui ne sont pas revus quand le grand format passe en poche (on se retrouve avec la situation absurde d'ebooks plus chers que les romans papiers, c'est incompréhensible pour le grand public) ;
- les DRM.

Au final, les questions que je me pose par rapport à mes besoins personnels (pour L'Armoire aux Épices) étaient hors champ et trop "newbye", donc je suis restée discrète.
Ce que Bernard Strainchamps a partagé sur les réalités concrètes de son quotidien en tant que diffuseur et libraire 'virtuel' m'a intéressée, car il consacre un temps et une énergie considérables à l'aspect communication / interaction, pas seulement avec les lecteurs - utilisation de Facebook et autres réseaux sociaux devenue obligatoire - mais aussi avec les auteurs, ce qui fait qu'il se définit (à juste titre, d'après moi) comme un médiateur. Je me suis servie jusqu'ici de FeedBooks comme d'une simple librairie en ligne sans deviner la présence de toutes les ressources fournies par le site (interview, chroniques, éléments ludiques, articles mettant en commun et/ou en valeur des titres ayant des liens ou abordant une problématique similaire, etc.). Franchement, l'intervenant m'a donné envie de m'y intéresser de plus près et de fouiller.

Ce que je retire de cette conférence à titre personnel...
Rendre visible un texte dans la grande marée littéraire du numérique reste une problématique à part entière... je vais donc continuer à creuser pour voir comment une toute toute petite association basée sur le bénévolat peut réaliser sa petite tambouille et donner de la visibilité à ses auteurs sans les moyens d'un véritable éditeur (alors que même eux ont du mal...). J'ai bien retenu la leçon, en tout cas : cela va de paire avec implication et exposition. Reste à voir comment nous allons nous partager ça avec l'équipe de L'Armoire. Nous avons déjà débuté les discussions avec Oph, mais nous attaquerons sérieusement quand elle aura terminé son Nano et moi le 1er jet de mon projet 2013 (d'abord me débarrasser de mon roman avant de mettre les mains dans le cambouis associatif). Pour le moment, tout reste à faire... il y a des décisions à prendre, j'en reparlerai quand ce sera assez mûr.

Sur ce, je vous laisse, il y a Stephen King qui se fait interviewer en direct sur France 5, dans La grande librairie...

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