19 novembre 2013

Flashback

Thriller et roman d’anticipation (dystopie) de Dan Simmons, traduit par Patrick Dusoulier, éditions Robert Laffont pour le grand format, Pocket pour le poche. 

Il y a des romans qui vous décrivent un monde post-apocalyptique… et des romans qui vous plongent en plein dans l’apocalypse. Flashback rentre plutôt dans la deuxième catégorie, tout en étant border-line.
Dans un autre registre, il y a des dystopies qui restent relativement superficielles, voir assez caricaturales, et d’autres qui vous font flipper par leur réalisme et leur vision d’ensemble. Flashback se positionne clairement dans la deuxième catégorie.
Vous l’aurez compris, ce roman m’a accrochée, tenue en haleine, marquée. En un mot, c’est un coup de cœur.


Je tiens à préciser, pour commencer, que Flashback n’est pas un simple thriller, c’est aussi un roman engagé. Cependant, je ne m’attarderai pas plus que nécessaire sur cet aspect car, si je partage visiblement certaines craintes de l’auteur, j’ai aussi pour d’autres aspects une sensibilité différente, pour ne pas dire opposée aux siennes. J’aime cependant la façon dont Dan Simmons a défendu sa vision, cela m’a fait réfléchir et ne m’a en aucun cas gâché le plaisir de lire son roman. En effet, l’intrigue de Flashback est très prenante et portée par des personnages que j’ai eu envie de suivre d’un bout à l’autre, quand bien même le nœud de l’intrigue en question tient à peu de chose et peut paraître léger (mais sans ça, pas de roman, donc j’aurais mauvais goût de m’en plaindre).

Imaginez donc un avenir relativement proche au cours duquel l’économie de l’Europe, des États-Unis d’Amérique et de la Chine s’est effondrée. Un avenir dans lequel le pouvoir, à l’échelle mondiale, s’est complètement déporté sur d’autres nations (Japon, Russie, Inde) ou communauté de nations (le Califat Global). Maintenant, zoomez sur ce qu’il reste des USA, en ruines à presque tous les niveaux.
Dan Simmons vous emmène à Denver, sur les traces de Nick Bottom, ex-flic accro au flashback, une drogue qui lui permet de revivre à loisirs les bons moments passés auprès de son épouse Dara, décédée 6 ans plus tôt. Cette drogue fait des ravages dans une population qui a tout perdu (ou presque). Nick est soudain tiré de sa torpeur par Nakamura, un riche japonais qui veut le faire travailler sur sa dernière enquête importante (classée sans avoir été résolue), à savoir le meurtre de son fils unique. Nakamura lui colle dans les jambes Sato, qu’il présente comme l’ancien garde du corps de la victime, qui a tout du samouraï moderne (avec toutes les options de suréquipement incluses, il ne fait pas dans la dentelle) et dont Nick n’avait jamais entendu parler à l’époque.
En parallèle, l’auteur nous transporte à Los Angeles, sur les traces de Val, le fils de Nick, qui menace de mal tourner à cause du flashgang avec lequel il traîne. Le concept d’un flashgang est simple et sans bavure : revivre sous flash les « coups » qu’on a fait (ou tiré…). Je vous laisse imaginer le genre de dérives que cela entraîne. Val est encore en équilibre précaire, trop éduqué pour abandonner son sens critique et suivre aveuglément le leader de son flashgang, mais dévoré par la colère.
Pendant que Nick se retrouve obligé de revivre sous flash des évènements qu’il ne demandait pas à revivre et qui lui font (re)découvrir des détails troublants, son fils glisse sur la mauvaise pente.
Mais alors que Los Angeles menace d’exploser dans une guerre des communautés, c’est le personnage le plus inattendu, le plus inadapté, qui va jouer le rôle le plus important. Léonard, universitaire et père de la défunte Dara, en charge de son petit fils depuis que Nick le lui a confié 5 ans plus tôt, va sortir l’ado de la ville à temps pour rallier Denver. Sans se douter un instant que Val porte sur lui des informations capitales dont il n’a même pas conscience…

La question intéressante posée par le roman, de mon point de vue, c’est de savoir comment nous réagirions, en tant qu’individus, dans une situation similaire. En cas de crise, on peut choisir de se retrousser les manches, afin de reconstruire et de poser de nouvelles bases pour l’avenir. Ou s’accrocher au peu qu’on parvient à sauver du marasme et continuer à s’aveugler. Mais lorsque l’on a perdu tout espoir ? Refuse-t-on une fiole de flashback ?

2035. Les États-Unis ne sont plus que les vestiges d’un passé glorieux. Un passé devenu le refuge d’une population sans espoir : une nouvelle drogue, le flashback, permet de revivre des souvenirs parfaits. Nick Bottom était inspecteur avant de devenir accro. Avant le décès de son épouse, Dara. Aujourd’hui, il n’est plus rien. Pourtant, un milliardaire japonais lui demande d’enquêter sur le meurtre de son fils, six ans plus tôt. Pour découvrir la vérité, Nick va avoir besoin du flashback, qui lui permettra aussi de revoir Dara. Sauf qu’elle ne devrait pas se trouver dans ce passé-là…

Les plus du roman :
- les personnages, qui nous font grimacer et trembler
- les décors, les visions de ces USA en ruine
- la qualité de la dystopie : même sans adhérer à la totalité des opinions politiques de l’auteur, chapeau bas ! (de toute façon, j’admire les auteurs qui s’engagent, ça demande du courage)
- les questions soulevées par le roman

2 commentaires:

  1. Waow, ça a l’air passionnant ! C’est idiot, mais je pensais que Dan Simmons n’écrivait que du space opera, je me coucherai moins bête ce soir, merci pour l’article ;)

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  2. En même temps, vu que Hypérion et La chute d'Hypérion sont considérés comme des chefs d'oeuvre SF, pas étonnant que Dan Simmons ait surtout marqué les esprits avec ces romans. Cependant, je te confirme qu'il est aussi reconnu pour ses polars et thrillers... d'ailleurs j'en ai un qui prend la poussière sur mes étagères et je compte le lire début 2014.
    Concernant Flashback, c'est vraiment le genre de roman que j'adore, parce qu'il dérange et questionne intelligemment sans jamais oublié son rôle divertissant.

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