27 octobre 2013

L'aube de la guerrière

Roman urban fantasy / bit-lit de Vanessa Terral, éditions du Chat Noir

Je m’excuse par avance mais je ne ferai preuve d’aucune objectivité concernant mon retour de lecture sur ce roman, car c’est un véritable coup de cœur ! (bien que je ne suis pas fan de la couverture)
Je peux affirmer que je me suis fait avoir en beauté… J’ai débuté le roman en attendant une lecture sympa, une détente, et au fond sans vraiment savoir à quoi m’attendre car, malgré sa longueur, la quatrième de couverture ne dévoile pas l’intrigue de L’aube de la guerrière.
Pour commencer, autant être prévenu, Solange a du caractère, beaucoup de caractère, ce qui n’est pas motivé par l’envie d’offrir une héroïne forte en gueule mais, de façon très logique et terre-à-terre, par le fait qu’elle n’aurait jamais survécu sans cela. Ses actes concordent avec ses paroles. Beaucoup d’auteurs de bit-lit / urban fan devraient en prendre de la graine…
Alors, certes, Solange est déjà morte. Mais c’est bien tout le souci, malgré son statut d’ange, elle peut encore se faire « disperser » et vu les conditions dans lesquelles elle travaille, ce n’est pas une crainte à prendre à la légère. Heureusement, elle met tout en œuvre pour revenir de ses missions. Le style de la narration s’en ressent et m’a souvent fait rire.
Pourtant, ce style est aussi porté par une capacité de description qui est une véritable leçon en soi. Que ce soit le « décorum » du paradis, les Larves, la ville de Laon… ou les personnages, les scènes d’action, chaque description est un vrai bonheur.


En parlant de paradis, j’ai beaucoup aimé la critique sous-jacente le concernant. L’auteur n’utilise pas son roman pour réaliser une critique des religions mais de ce qu'on en fait.
Dans L’aube de la guerrière, le paradis et l’enfer sont des plans en lien avec notre réalité... celle-ci n'étant pas au top, ça s'en ressent à leur niveau. C'est d'une grande logique et l'objectif du roman, quelque part, est d'insuffler l'espoir que cela évolue dans le bon sens par la suite, grâce aux actes de Solange et sa capacité à faire travailler ensemble des personnes que l'on a toujours placées en opposition.
Le début du roman est révélateur, en ce sens : Solange est une nouvelle fois envoyée au casse-pipe et s’interroge de plus en plus sur sa place en tant qu’ange. La mission tourne mal et elle ne s’en sort que de justesse, grâce au secours de… deux démons. Bien dépités d’avoir secouru un ange. Prenant conscience qu’elle est en danger et ne peut faire confiance à sa « hiérarchie », elle prend la poudre d’escampette et retourne sur terre, bafouant un interdit, pour demander l’asile à ceux qui l’ont aidée malgré eux et en apprendre plus sur sa propre nature. Sans se douter des effets de bord que son choix va engendrer… et qui vont l'obliger à découvrir les circonstances réelles de sa première mort.

Le plus « drôle », si je puis dire, c’est que ce roman développe une magnifique prémice sentimentale, avec le début d’une relation forte et juste qui m’a beaucoup plus touchée que celles des romances que j’ai pu lire ces derniers mois. En effet, cette esquisse apporte de l’espoir à un personnage en souffrance qui va ainsi pouvoir enfin dépasser la culpabilité qui le ronge, ou du moins essayer, sans que ça ne sonne jamais de façon artificielle ou capillo-tractée. J'ai trouvé sa culpabilité à fleur de peau, qui le ronge, très bien rendue. D'autant plus que jamais il ne s'apitoie sur lui-même : il se "contente" de trop donner, de flirter avec ses limites, en prenant des risques (je l'ai senti sans cesse partagé entre la volonté de poursuivre sa mission et son côté suicidaire). Sa relation avec Solange, ce qui l'attire chez elle, c'était juste beau et évident.
Et chaud, accessoirement... alors qu’il n’y a rien d’explicite !
Ce qui me conforte dans l’idée que je suis une mauvaise lectrice de romances « classiques » et que jamais une ébauche sentimentale ne me marque autant que lorsqu’elle est offerte en bonus au cœur d’une intrigue passionnante.

« Marre de jouer les éboueuses ! De ramper dans les divers infra-mondes à traquer les monstres les plus tordus de la Création. Et maintenant, on nous envoie sans équipier, direct au casse-pipes ! Trop de boulot, qu'ils disent. Trop de manifestations. Il paraît que c’est à cause de la fin du monde. Quel monde, déjà, je ne sais pas trop... Mais quelle fin en plus ?! On a déjà eu droit à l'éclipse de 1999, au bug de l'an 2000, à l'ère du Verseau qui s'est glissé quelque part là-dedans et maintenant à décembre 2012 grâce à cette connerie de calendrier maya ! N'importe quoi... Remarquez, je devrais quand même me méfier ; je suis bien placée pour savoir qu'en matière de légendes, il n'y a pas de fumée sans feu. La preuve : moi, ça fait trois semaines que je suis un ange guerrier.»
À peine décédée, Solange est envoyée à l’armurerie divine. Le Livre de saint Pierre a parlé : guerrière par prédisposition naturelle, mais ange sans grande valeur, elle ne sera d'aucune utilité dans la guerre qui oppose les siens aux démons. Autant l'utiliser près des Fosses, ces lieux dispersés dans les plans qui ont pour point commun d'abriter des Larves et autres créatures de cauchemar. Lesquelles ont une fâcheuse tendance à fuguer... Un job qui n'a rien de bien intéressant à part une meilleure connaissance des différents types d'effluves méphitiques jusqu'à ce qu'elle découvre que les démons aussi envoient des guerriers dératiser les abords des Fosses. Dont Terrence et Aghilas... ce dernier possédant le même Don qu'elle, un pouvoir très rare visiblement : le Feu des Ténèbres.

Les plus du roman :
- le style, en particulier sur les descriptions
- l’évolution de Solange
- Aghilas et Bel, l’armurier divin (archi fan)
- le rôle réel de Solange et des « guerriers »
- le regard sur les religions et ce qu’on en fait

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