12 octobre 2013

Je t’aime, moi non plus : la romance comme une valse (1/3)



À petite dose, la guimauve ça fond sous la langue, en overdose que c’est écœurant !

Cet article fait suite à celui de Cindy Van Wilder, qui a écrit un joli papier sur les raisons pour lesquelles elle lit et écrit de la romance.
Son coming-out m’a fait réfléchir sur le sujet.

Tout comme elle, je vais commencer par un aveu, qui va en surprendre certaines : je ne suis pas une lectrice de romance neuve et récente.
Je n’en ai pas lu pendant longtemps, certes (plus de 20 ans), mais je piquais les Harlequins et les Nous Deux de mes grands-mères quand j’étais petite. Je confesse que j’étais une sale petite voleuse emprunteuse de livres. Enfant, je lisais tout et n’importe quoi, je pouvais donc passer de Mon amie Fraise à Les chaussons verts avec un détour par des romans clairement pas destinés à une gamine de moins de 10 ans.



Je me suis détournée des romances avant même d’attaquer réellement l’adolescence pour différentes raisons. 

J’ai découvert des genres de prédilection qui me correspondaient plus et surtout des auteurs dont les titres convenaient davantage à mon état d’esprit. Je me souviens avoir lu quelques romances, prêtées par des copines mais cela restait très anecdotique et je ne les avais pas aimées.
Si j’ai lu des romances jeune sans en retenir les titres, au point que je suis incapable d’estimer le volume de lecture que j’ai pu absorber, il en va autrement de certains contenus. Je me souviens par exemple que plusieurs romans m’ont marquée parce que :
- le héros violait l’héroïne (ça m’avait choquée, en fait, et ça me choque toujours autant, si ce n’est plus, vu la recrudescence de ce type d’agressions…),
- l’héroïne avait quasi-toujours un statut socioprofessionnel inférieur au héros,
- l’objectif n’était pas uniquement l’amour, façon toi & moi ensemble, mais le mariage et les enfants (malgré mon éducation qui allait aussi dans ce sens, ça m’a fait beaucoup réfléchir, car dans certains cas je trouvais que ça « sonnait faux »), 
- plusieurs intrigues tenaient uniquement sur l’incapacité des héros à communiquer,
- ce qui entraîne ce genre de tergiversation : « je ne veux pas qu'il/elle parte, mais je ne lui dis pas » / « je ne veux pas partir, mais je ne lui dis pas », « si je lui dit que je l’aime, je vais le/la perdre », etc. que j’ai vite trouvées gonflantes (ça, à l’adolescence, ça ne passait clairement plus).

Petit à petit, marquée par ces points de détails, j’ai donc développé une forme d’aversion pour les romans estampillés romance, d’autant plus que mon parcours personnel me rendait de moins en moins réceptive à cette forme de glamour. En gros, même si j’étais autant avide d’affection que n’importe quelle fille, je n’étais pas une sentimentale.
En conséquence, rien que les titres et les couvertures me répugnaient. Ils ont toujours un effet rédhibitoire sur moi. Je n’achète pas spontanément de romance, aujourd’hui encore, car je n’en fréquente même pas le rayon en librairie. Et comme Cindy, je suis critique avec la 4ème de couverture : c’est mon seul moyen de déterminer si la rencontre peut se faire ou non, donc c’est un passage obligé. Mais rien ne vaut, malgré tout, les conseils d’autres lectrices. J’y reviendrai…

Donc, pendant plus de 20 ans, je n’ai pas lu de romances ou de façon très accidentelle. Etais-je pour autant allergique aux histoires d’amour ? Non, absolument pas, bien au contraire ! J’ai pu en découvrir de très belles dans tous les genres et tous les styles. Sans garantie de happy end, certes, mais c’est justement ce que j’apprécie : j’ignore alors ce que l’auteur va offrir à ses lecteurs. Alors que dans les romances, l’un des codes exige une résolution heureuse. Quelque part, c’est l’assurance pour les lecteurs de ne pas être déçus, je l’ai bien saisi, et l’intérêt des romances est ailleurs.

Pourquoi est-ce que j’apprécie les belles histoires d’amour dans mes genres de prédilection tout en ayant des difficultés avec les romances ? Je vousexplique cela dans un 2ème article, car je déborde et celui-ci prend des proportions alarmantes…




4 commentaires:

  1. Je suis consterné par ce qu'il faut bien appeler un "cahier des charges" façon psychopathe (en gros ce n'est pas grave d'être violée quand c'est fait par le héros). La couverture de ce "patron séduisant" m'a bien fait rire en tout cas ^^

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    1. Tu vas t'étouffer de consternation avec l'article 2/3, je le crains. ;)

      Ah, "Un trop séduisant patron", grand moment de lecture... ^^ (non, je blague, c'est ironique : j'ai détesté ce titre, qui contient à peu près tous les clichés que je fuis). La couverture et le titre annoncent parfaitement la couleur, au moins le marketing est honnête... ;)

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  2. Ah, je retrouve dans ton article certains trucs qui m'avaient aussi interpellée (la position sociale & professionnelle inférieure de l'héroïne, etc) plus jeune.
    Oui aussi pour les histoiresd'amour sans qu'il y ait obligatoirement un "happy end" (ou même consommation de l'attirance physique & sentimentale... Y'a des histoires qui m'ont énormément marquée sans pour autant qu'il y ait de scènes "hot" ou de HEA ^^)
    Allez, la suite, la Miss, tu nous teases! ;)

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    1. Je me doutais que ça t'interpellerait. La suite est en ligne et je mets la partie 3 à la suite. La chute devrait beaucoup te plaire. ;)

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