25 septembre 2013

Bel-Ami

Roman de Maupassant, disponible en ebook libre de droits chez Feedbooks

Je ne vais pas passer trop de temps sur ce classique que tout le monde connait (à défaut de l’avoir lu). Je l’avais découvert il y a très (très) longtemps, il m’avait laissé un bon souvenir de lecture mais je ne me souvenais plus des détails et j’ai eu l’envie de le relire.
Grand bien m’en a pris, car je crois bien que je l’ai beaucoup plus apprécié au cours de cette deuxième lecture.


Surtout que, sortant d’une véritable overdose de lecture de romances, Bel-Ami tombait à pique : si ce n’est pas de l’anti-romance assumée et pourtant particulièrement bien servie, c’est que quelque chose m’échappe. De plus, dans ses portraits de femmes, l’auteur se montre féministe avant l’heure, puisqu’il dénonce la façon dont la société de son époque les a rencardées, au point qu’elles sont obligées de tirer les ficelles en coulisses pour tout de même faire entendre leur voix. En ce sens, Madeleine – véritable journaliste de l’histoire, contrainte d’utiliser son époux pour s’adonner à sa passion – a vraiment été un personnage coup de cœur, même si j’apprécie toujours autant la pétillante et très parisienne Mme Marelle, dans toute sa fausse simplicité.
Dans tous les cas, je trouve qu’il n’y a rien à jeter dans ce texte et je suis surtout très surprise de voir que les relations humaines et sociales ont au final si peu changé depuis l’époque de Maupassant. Une grande partie de sa critique reste étonnamment actuelle et cela explique sans doute la raison pour laquelle j’adore ce roman (j’ai l’impression qu’il y a de l’écho entre ce retour et celui rédigé pour Les aventures de Tom Sawyer, dans un tout autre style, désolée).

Ce qui m’a beaucoup amusée, aussi, c’est de retrouver des expressions qui ont évolué…
Ainsi, Georges est souvent saisi d’un « désir d’amour », au début du roman, une façon bien glamour d’amener ce que nous traduirions, de nos jours, par l’envie de « tirer un coup ».

Préfèrera-t-on l’élégance hypocrite du XIXème ou la franchise crue du XXIème ?

Bel-Ami est un roman réaliste de Guy de Maupassant publié en 1885 sous forme de feuilleton dans Gil Blas et dont l’action se déroule à Paris au XIXe siècle, en pleine Révolution industrielle.
Ce roman retrace l’ascension sociale de Georges Duroy, homme ambitieux et séducteur (arriviste - opportuniste), employé au bureau des chemins de fer du Nord, parvenu au sommet de la pyramide sociale parisienne grâce à ses maîtresses et au journalisme. Sur fond de politique coloniale, Maupassant décrit les liens étroits entre le capitalisme, la politique, la presse mais aussi l’influence des femmes, privées de vie politique depuis le code Napoléon et qui œuvrent dans l’ombre pour éduquer et conseiller. Les thèmes sont éternels : le sexe, l’argent et le pouvoir. L’œuvre se présente comme une petite monographie de la presse parisienne dans la mesure où Maupassant fait implicitement part de son expérience de reporter. Ainsi l’ascension de Georges Duroy peut être une allégorie de la propre ascension de Maupassant.

Les plus du roman :
- le style de l’auteur, que j’admire toujours autant
- la subtilité des différents niveaux de critique
- l’art et la manière d’attacher le lecteur à un anti-héros
- la délicieuse galerie de personnages

2 commentaires:

  1. Moi aussi je l'ai lu il y a longtemps. Ton article me donne envie de me replonger dedans.

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  2. N'hésite pas ! Je suis même tentée de te dire "fonce", même si j'ai conscience que tu as déjà une énorme quantité de romans en attente de lecture. Bel-Ami se lit vraiment vite et bien, vu le style de Maupassant. Ce n'est ni un assommoir, ni un pavé. Et les portraits sont justes fabuleux (ou comment prendre une claque en matière de caractérisation de personnages... ;) ).

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