21 mai 2013

Ecrire : pourquoi pas ?...

J’ai été interpelée par les articles de trois auteurs que je connais et dont j’apprécie la plume autant que les textes que j’ai pu lire d’elles (et même publier d’elles, dans le cadre de L’Armoire aux Epices, car elles font toutes les trois partie des nouvellistes publiés dans le fanzine Piments & Muscade).
La première, Cindy Van Wilder, a donc commencé avec cet article sobrement intitulé Pourquoi j’écris ?
La deuxième, Celia Deiana, a pris le relai avec le même intitulé d’article.
La troisième, Anne Rossi, en a fait autant avec son billet Dis pourquoi ?...
Du coup, je m’y colle à mon tour.

La question est très difficile pour moi, d’autant plus que cette année la question de continuer à écrire se pose vraiment.
En fait, je ne sais pas pourquoi j’écris. C’est aussi bête que ça.
J’ai commencé à écrire à l’âge de 27 ans, donc sur le tard, et ça ne m’avait absolument pas manqué avant.
Je ne peux pas me vanter d’avoir affirmé, quand j’étais haute comme trois pommes « Quand je serai grande, je serai écrivain ! » : ce serait du pur mensonge.

J’ai commencé à écrire pour meubler mon premier blog, le faire vivre. Je me suis retrouvée obligée de finir ce que j’avais commencé pour les lecteurs qui me suivaient (pas nombreux, mais exigeants ! ils ne m’ont jamais lâchée et ça me motivait).
Je me suis piquée à l’écriture de nouvelles pour m’améliorer, je n’étais pas à l’aise, ni douée, dans cet exercice, mais il m’a sacrément aidée. A défaut de continuer à écrire des nouvelles, je suis redoutable pour aider un autre auteur sur les siennes. Si si ! Disons que 5 années de Piments & Muscade, ainsi que quelques bêta-lectures sur le Port incertain de CoCyclics ou en off pour des copines m’ont aidée à prendre confiance en moi. Là-dessus, je sais de quoi je suis capable.
Mais comme auteur de nouvelles, je me suis fait une raison, je ne vaux pas tripette.

Les romans me conviennent mieux, que ce soit par le format, ce qu’on peut y mettre, les affinités que j’ai avec ce support d’écriture.
Après, pourquoi est-ce que j’écris des romans alors que je me suis contentée, si longtemps, d’en lire ? Mystère. Surtout que je n’ai jamais autant lu que depuis que j’écris (sauf peut-être pendant mon adolescence).

Rien ni personne ne m’oblige à écrire :
> ce n’est pas mon gagne pain ni même un moyen d’arrondir mes fins de mois,
> aucun lecteur ne m’y pousse / encourage,
> aucun éditeur n’attend quelque chose de moi,
> je n’en ressens pas le besoin viscéral,
> si je n’écris pas, je ne suis pas en état de manque, ça ne me rend pas malade,
> j’ai bien d’autres activités qui me permettent d’occuper mon temps libre.

Je n’ai pas de message à faire passer :
> la politique ne m’intéresse pas (blasée je suis…),
> je n’ai pas une personnalité à m’engager pour des Causes (avec la majuscule),
> me prendre au sérieux ne me réussit pas,
> à ce jour, j’ai écrit de la fantasy mâtinée de chick-lit, une romance qui se joue des codes des contes de fée et du jeunesse : rien d’intello, bien au contraire !

En vrai, j’aurais même toutes les raisons d’arrêter d’écrire :
> c’est une activité chronophage, qui me bouffe un pourcentage non négligeable de soirées, week-end et congés,
> écrire, c’est douter, et je suis déjà quelqu’un qui doute beaucoup à l’état naturel,
> la préparation d’un nouveau projet sollicite beaucoup d’énergie,
> sa concrétisation aussi,
> les corrections sont pénibles,
> la digestion des premiers retours de lecture, c’est pire !
> la recherche d’éditeur, je n’en parlerai même pas.

Je n’ai pas une super plume ni de super idées qui arrachent tout :
> donc je n’écris pas pour satisfaire un besoin de reconnaissance,
> quand on écrit, c’est d’ailleurs plutôt le contraire, on s’en prend plein la gueule !,
> vu le nombre de romans déjà parus, si je cherche, j’en trouverai toujours qui mettent en scène des histoires qui me plaisent et des personnages qui me plaisent : je ne peux pas tout à fait affirmer que j’écris ce que j’aimerais lire, c’est faux… j’écris ce que j’ai envie de raconter…

La voilà donc, la vraie question : pourquoi est-ce que j’ai envie de raconter des histoires ?
Pourquoi me prendre autant la tête à caractériser des personnages, créer des interactions entre eux, dresser des obstacles qu’ils devront abattre ou contourner ?
Parce que ça m’amuse ? Réponse peu crédible vu l’énorme travail que cela demande.
J’avoue que je n’en sais rien. Ce qui ne m'empêche pas de continuer : après tout, pourquoi pas ? Doit-on absolument se justifier à chaque fois que l'on s'investit dans une activité plutôt qu'une autre ?

Par contre, une chose est certaine : à défaut de savoir pourquoi j’écris, je sais ce que je veux écrire.

Pour moi, c’est le plus important !

Si je décide de poursuivre l’écriture, avec une base d’environ un roman par an, je sais ce qu’il y aura dans mes textes. J’y conserverai toujours ma petite touche déjantée et la note de légèreté et d’espoir qui font que, quels que soient les sujets sur lesquels je pourrais être amenée à écrire, mes romans restent avant tout une source d’évasion.



1 commentaire:

  1. Oui, continue à écrire ! Pose ta voix, fais-la résonner, tu as raison à 100% !

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