20 avril 2013

Le chant d’Ekhirit

Roman d’anticipation d’Olivier May, éditions Griffe d’Encre.

Vu le sujet principal du roman, à savoir la disparition d’une fillette enlevée pour alimenter un réseau pédophile, je n’étais pas très portée sur le désir d’acquérir ce très court roman d’à peine 92 pages. Par chance, une amie me l’a conseillé avec cette remarque sibylline : « Tu vas adorer le retournement final. ».


Le genre de conseil qui, bien entendu, ne m’a pas laissée indifférente. Donc, dès que j’ai pu, j’ai mis la main sur l’ouvrage pour me faire mon idée. Je ne regrette pas car ce petit bijou mêlant anticipation et dénonciation d’un fléau social m’a embarquée en 2024. Il aborde évidemment un sujet difficile, qui ne laisse quasi-personne indifférent, mais sans jamais tomber dans le pathos. Au contraire… Car on suit essentiellement les parcours de Valentin, le père, et de Jon, le fils aîné, qui luttent chacun à sa façon pour combattre l’organisation tentaculaire, devenue puissante, qui use des techniques les plus modernes pour se développer, au détriment de centaines de petites victimes.
J’ai été un peu surprise, par moment, par le vocabulaire choisi (qui dénotait par son ton soutenu dans un texte tenant du thriller) puis j’ai fait abstraction, avide de savoir jusqu’où Jon irait, lui qui sait sa sœur en vie et ne nourrit qu’une obsession : la ramener, coûte que coûte.
Et mon amie avait raison : la fin est juste géniale !

24 juillet 2017 : Jon Zorn et sa petite soeur crapahutent dans l’île paradisiaque de Rhodes. Alors que le grand frère chargé de veiller sur elle s’éloigne quelques minutes, Maya disparaît.
Sept ans plus tard, la famille Zorn tente toujours de se relever du drame qui l’a brisée cet été-là. Dans un monastère bouriate, au bord du lac Baïkal, le mystérieux chant d’Ekhirit est en mesure d'apaiser les parents Zorn, mais ne peut rien pour Jon qui, rongé par la culpabilité, ne souhaite qu’une chose : retrouver sa sœur quoi qu’il en coûte.

Les plus du roman :
- le côté synthétique et condensé qui donne beaucoup de force au texte
- le choix de Jon d’aller jusqu’au bout, quitte à se perdre
- le traitement plein de finesse d’un sujet difficile
- le retournement final

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