24 mars 2013

Un amour vintage

Roman contemporain d’Isabel Wolff, traduit par Denyse Beaulieu, éditions Jean-Claude Lattès (broché) et Pocket (poche).

J’ai découvert Isabel Wolff grâce à sa plume vive et déjantée d’auteur de chick-lit. Je m’étais intéressée au titre Un amour vintage suite à la lecture de chroniques et commentaires, me promettant de le lire si l’occasion se présentait. Autant dire que, lorsque le roman est arrivé en partenariat sur le forum Mort Sûre, je me suis jetée dessus. Par chance, j’ai pu l’obtenir et je remercie chaleureusement Louve pour sa confiance renouvelée.

Sans surprise, j’ai retrouvé avec un grand plaisir la plume délicieuse d’Isabel Wolff… dénuée cette fois-ci du côté déjanté que je lui connaissais. Vu le sujet du roman, ce n’est pas étonnant et tout à fait justifié !
Le marketing est d’ailleurs étrange : titre et couverture annoncent une romance, ou du moins un roman chick-lit – après tout, vu l’auteur, c’est normal – alors qu’Un amour vintage est bien plus que ça. Très clairement, Isabel Wolff a signé un roman de littérature contemporaine sur le deuil et la culpabilité, rien de moins.


Ses personnages étant toujours terriblement attachant, sa plume nous embarque et certains passages sont très émouvants. Comment ne pas trembler pour Phoebe quand elle ressasse la nuit terrible au cours de laquelle elle a perdu sa meilleure amie ? Souffrant du poids de la culpabilité qui la ronge depuis six mois, elle s’échappe comme elle peut, par un nouveau travail, par des flirts, mais elle devra affronter et accepter certaines vérités pour, enfin, faire son deuil.
En cela, de façon étonnante, une vieille dame qui a aussi porté son propre fardeau va l’épauler. Laquelle aide le plus l’autre au final, quelle importance ? Leur belle amitié va apporter à ces deux cœurs abimés la chance de cicatriser.

Là, évidemment, vous vous dites « Mais, heu, il n’a pas l’air joyeux, ton roman ? ».
Je vous rassure tout de suite : il faut compter avec la plume et le talent de l’auteur. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Un amour vintage est un véritable coup de cœur. Car il est animé par une incroyable galerie de personnages, chacun avec ses rêves, ses soucis, ses excentricités (la palme revient à la mère de l’héroïne, je pense, que j’ai adorée), qui obligent Phoebe à rester ouverte aux autres, à aller de l’avant. Dans ce contexte, situer le roman dans le cadre de l’ouverture d’une boutique vintage, avec l’omniprésence de l’histoire de la mode, apporte une fraîcheur bienvenue et même salutaire, sans rien de superficiel.
Un peu comme ces robes de promotion américaines, délicieusement surnommées robes cupcakes, qui ont le don de changer la vie de celles qui craquent dessus.

Phoebe Swift vient d'ouvrir une boutique de vêtements d'occasion à Blackheath. Pour surmonter sa tristesse due à la mort de sa meilleure amie Emma, elle se réfugie dans son métier : rendre à ces merveilleuses pièces vintage leur splendeur passée et leur offrir une nouvelle vie. Un jour, Phoebe rencontre Thérèse, une vieille dame française qui souhaite lui vendre quelques tailleurs et costumes élégants. Parmi sa garde-robe, Phoebe découvre un manteau d'enfant bleu ciel, datant des années 1940. Dans un premier temps, Thérèse préfère garder le secret sur l'histoire de ce manteau, mais à mesure que les deux femmes deviennent amies, elle se confie à Phoebe, qui écoute attentivement son récit sans se douter que celui-ci a un lien profond et intime avec sa propre vie....

Les plus du roman :
- le sujet principal, difficile et pourtant traité avec brio
- la description si vivante des vêtements
- le côté très attachant des personnages
- l’histoire du manteau d’enfant bleu, cousu à la main

2 commentaires:

  1. Je plussoie le tout. Je l'ai lu pendant ma grossesse en me disant "avec un 4e pareil, ça va pas faire mal au cerveau et me reposer les glandes lacrymales". Erreur ! Mes hormones ont beaucoup réagi au manteau bleu...
    :D
    Un bon moment de lecture.
    Chwip

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    1. Oups, j'en déduis que tu as sacrifié des mouchoirs ?
      En tout cas, rien que le prologue du roman, je trouve que ça met dans l'ambiance. J'avais un nœud dans la gorge dès le début.;)

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