11 février 2013

Le jeu de l’amour et du hasard

Pièce de théâtre, comédie de Marivaux, éditions Le Livre de Poche.

Sans entrer dans les détails scolaires, cette pièce étant plus qu’étudiée par de nombreux lycéens, j’avoue que je ne la connaissais pas : j’ai eu à disséquer d’autres romans à l’époque où j’usais encore mes jeans sur des chaises de cours et je n’avais jamais lu un Marivaux. Or, j’estime que cela me manquait, car on doit tout de même à cet auteur le terme « marivaudage », j’ai donc supposé que sa façon de jouer avec ses personnages ne pouvait que m’apporter (notez que j’assume que cette lecture était intéressée).


(la couverture date et je doute que l’on trouve encore 
la pièce illustrée de cette façon… mon exemplaire est 
une réédition qui date de 1993, encore un 
« truc emprunté » dans les bibliothèques familiales !)

Je n’ai pas été déçue par ma découverte du jeu de l’amour et du hasard. Déjà, j’ai trouvé la langue délicieuse (il ne m’a pas paru forcément utile de m’aider des notes de fin d’ouvrage pour comprendre les anciennes expressions perdues ou ayant changé de sens depuis). Ensuite, en matière de chassé-croisé entre les personnages, l’auteur offre en effet une maîtrise intéressante, d’autant plus qu’elle est épicée par de l’ironie dramatique (à savoir que certains savent tout de la situation et en jouent).

Après, reste que c’est une œuvre d’époque… donc les personnages m’ont paru un poil caricaturaux (la servante forcément vénale, le valet grossier, le prétendant noble même quand il n’est pas censé l’être). En même temps, c’est aussi ce qui rend la pièce très drôle, alors je ne cracherai pas dans la soupe ! C’est du théâtre, ça va vite, ça se lit vite, c’est mignon tout plein et permet de passer un bon moment. Que demander de plus ? Pour le reste, je laisse la dissection de l’œuvre aux amateurs et aux littéraires.

Pour juger de la qualité du fiancé qu’on voudrait lui imposer, Silvia prend la place de Lisette, sa servante. Mais Dorante, le fiancé, a eu la même idée de son côté… Le dispositif ainsi truqué, la partie commence : jeu de l’amour, mais surtout jeux de l’esprit, marivaudage grâce auquel la vérité va triompher de l’apparence et l’amour de la raison.

Les plus du roman :
- l’art de manipuler les personnages
- le langage
- la vivacité des échanges

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