11 février 2013

Le goût des pépins de pomme

Roman de Katharina Hagena, traduit par Bernard Kreiss, éditions Anne Carrière.

Ce roman a été sponsorisé par un membre de ma famille qui me l’a offert et que je remercie de tout mon cœur. Tout comme je remercie Sandrinoula de m’avoir poussée à le reprendre alors que je l’avais posé, un peu effrayée par le début. Il faut dire que celui-ci n’est pas joyeux : Iris, la narratrice, retrouve sa famille pour enterrer sa grand-mère. Grand-mère qui a terminé sa vie dans une maison de retraite, rendue dépendante par la maladie d’Alzheimer.
J’avais peur d’une lecture qui me plomberait le moral… or il n’en a rien été car l’auteur joue sur un équilibre fragile et parvient à le tenir jusqu’à la fin. À partir du moment où le testament est ouvert et qu’Iris investit la maison où elle a passé tous ses étés, enfant, afin de définir si oui ou non elle va en accepter l’héritage, je n’ai pas pu lâcher le roman.


Ce roman contemporain, situé dans les années 1990, parle des femmes de la famille maternelle d’Iris. Il aborde les drames auxquels elles ont été confrontées, des drames pourtant communs (la mort, les accidents, les déceptions sentimentales, la vieillesse, Alzheimer...) mais qui parfois vous touchent de si près, de façon si injuste, qu'il est difficile de "continuer avec". C'est un roman terriblement beau et bien écrit, avec des images magnifiques.
Iris parle d'elle, de sa mère, de ses deux tantes, et des deux absentes : la grand-mère qui vient de décéder... et sa cousine, morte à l'âge de 15 ans, quand elle même en avait à peine 13.
Surtout, elle parle de cette maison qui les relie, et plus encore de son jardin, qui semble faire écho à chacune de leurs joies, chacune de leur peine.

Ce roman est un bijou, même si les sujets abordés n'en font pas une lecture "joyeuse", et la grande force de l’auteur est d’avoir réussi à trouver un ton nostalgique qui s’illumine petit à petit, par touche, alors que tout tend vers le drame qui a eu lieu treize ans plus tôt et qu’il faudra bien qu’Iris regarde en face pour faire son choix, alors qu’elle a toujours fui.
En résumé, ce roman est un vrai beau grand coup de cœur, surtout que ses personnages sont très attachants. J’ai particulièrement aimé Max, si simple, si vrai, complètement chamboulé dans la petite routine qu’il a pris tant de soin à créer pour avoir la paix. Une chose est certaine, la prochaine fois que je ferai de la compote, j’y mettrai une touche de cannelle, un peu de muscade et je n’oublierai pas d’y broyer un pépin.

À la mort de Bertha, ses trois filles et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur propriété de famille, à Bootshaven, dans le nord de l’Allemagne, pour la lecture du testament. À sa grande surprise, Iris hérite de la maison et doit décider en quelques jours si elle va la garder ou la mettre en vente.
Bibliothécaire à Fribourg, elle n’envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. Mais à mesure qu’elle redécouvre chaque pièce de la maison, chaque parcelle du beau jardin qui l’entoure, ses souvenirs resurgissent, reconstituant l’histoire émouvante, parfois rocambolesque, mais surtout dramatique, de trois générations de femmes.

Les plus du roman :
- la plume juste sublime de l’auteur
- le jardin qui réagit en écho aux évènements
- l’intrigue et les digressions qui n’en sont jamais
- l’art et la manière d’aborder des sujets difficiles sans déprimer les lecteurs
- Max (je crois que je suis tombée amoureuse de ce personnage…)

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