28 janvier 2013

So shocking !

Roman contemporain d’Alan Bennett, traduit par Pierre Ménard, éditions Denoël & d’ailleurs.

Ma première lecture de l’année 2013 est due à un rapt. La couverture me plaisait, la 4ème promettait « fantaisie impertinente sur une libération sexuelle tardive et farce familiale qui vire au macabre se mêlent ici pour un régal de lecture impudique et subversive. » (je cite), donc j’ai emprunté le livre pour m’en faire ma propre idée.

Manque de chance, ça a été une déception, et je pense que cette 4ème de couverture y est pour beaucoup. Ainsi que la traduction du titre, le titre anglais ne laissant aucun doute quant à lui sur le fait que ce sont bien deux novellas distinctes.
Donc, Mrs Donaldson et la famille Forbes ne se croiseront jamais, leurs histoires sont indépendantes. Ensuite, c’est peut-être parce que dans l’imaginaire et les thrillers le subversif est bien plus présent et exploité, mais je n’ai pas trouvé ces novellas si irrévérencieuses, et certainement pas choquantes. Si on excepte le comportement des jeunes couples du 1er texte, entre un mec qui trouve ça normal de « punir sexuellement » sa copine parce qu’elle a flingué la chemise préférée (sic), l’autre qui ne s’inquiète pas que la sienne de copine chouine à chaque rapport sexuel et celle-ci non plus d’ailleurs (re-sic).


Surtout, je n’ai pas franchement adhéré à l’écriture, au style. Trop de show, don’t tell, l’auteur nous dit que ceci, que cela, surtout dans le deuxième texte. Il raconte l’histoire, mais on reste extérieur aux personnages. Ces derniers ont un capital sympathie plus que limité, voir inexistant, ce qui est normal puisque le but est de dénoncer leurs comportements, petits secrets, personnalités et j’en passe, mais la critique n’est pas à proprement parlé amusante ou caustique pour compenser. Donc je n’ai pas accroché.
Au final, ma première lecture 2013 a donc été une déception, vite lue, vite oubliée.

Mrs Donaldson et Mrs Forbes ont la cinquantaine. Mariées et mères de famille, elles sont ce que l'on pourrait appeler des «femmes respectables» de la middle-class anglaise. La première, vieille dame effacée que le veuvage vient de libérer d'un mariage trop ordinaire, s'apprête à goûter à la solitude altière et digne à laquelle son nouveau statut la prédispose. La seconde, matrone surprotectrice, a des idées bien arrêtées sur tout, et voit d'un œil critique les noces de son fils Graham, conseiller bancaire séduisant et passablement narcissique, avec la disgracieuse Betty. Mais voilà qu'un souffle libertin vient bousculer ce havre de respectabilité petit-bourgeois. Mrs Donaldson devient la logeuse de deux étudiants en médecine qui, en fait de loyer, offrent leurs ébats sexuels à ses regards voyeuristes. Quant à Mrs Forbes, il faut toute la ruse de son entourage pour lui camoufler les frasques de son fils, homosexuel non avoué, qui assouvit ses pulsions en louant les services d'un prostitué. Fantaisie impertinente sur une libération sexuelle tardive et farce familiale qui vire au macabre se mêlent ici pour un régal de lecture impudique et subversive.

2 commentaires:

  1. Trop de "tell" et pas assez de "show", donc.
    Non, je ne lâcherai pas. Appelez-moi "le pitbull hargneux".

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    1. Bah, c'est ce que je disais, Oph !
      Montre, ne dis pas.

      Enfin, dans tous les cas, on est d'accord.

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