13 janvier 2013

Les romans de Jane Austen

Ce n’est pas de la flemme de ma part. Je suis juste motivée par le manque de temps : je dois rattraper mon retard sur mes retours de lectures, donc je condense mes fiches. Je vais commencer avec celle destinée aux romans de Jane Austen, que je regroupe.
En 2012, j’ai enfin découvert la plume de cette auteure, dont des amies m’avaient dit beaucoup de bien mais que j’hésitais à lire car je craignais qu’il s’agisse de pure romance. J’avais peur de tomber sur des romans plutôt insipides.
Heureusement, j’ai eu l'occasion de changer d'avis et de les lire. J'ai acquis mon lecteur d’ebooks et découvert que le site Feedbooks propose 5 romans de Jane Austen, édités en format électronique par Ebooksgratuits, en téléchargement libre puisque désormais dans le domaine public.
Vous pouvez les récupérer via ce lien direct.
Je ne vais pas rédiger un retour en long, en large et en détail sur ces romans car vu leur succès, bien des sites les décortiquent et les ressources à leur sujet sont nombreuses. Je me contenterai de dire rapidement ce que j’en ai pensé.
Il me reste à mettre la main sur Raison et sentiments.


Emma, traduit par Pierre de Puliga, édité par le groupe ebooksgratuits

J’ai débuté mon incursion dans l’univers de l’auteur avec Emma, qui m’a beaucoup séduite. L’héroïne n’est pas mièvre, bien au contraire elle a plutôt le défaut d’avoir trop d’assurance et j’ai apprécié qu’il y ait du répondant en face d’elle pour l’aider à se remettre en cause. J’ai surtout découvert un roman fin, critique, avec des dialogues qui sonnaient justes. La romance n’était qu’accessoire, elle aurait pu être retirée sans rien changer du roman ni altérer ses qualités.
J’ai vraiment apprécié la restitution du contexte social de l’époque, que ce soit au sujet de la place des femmes ou de la scission de la société en classes.
De ce fait, j’ai récupéré les 4 autres romans pour les lire les uns après les autres.


Emma vit avec son père, un vieil homme veuf et malade. Elle est belle intelligente et riche. Avec le mariage de sa gouvernante qui la quitte, Emma décide de s'occuper du mariage de nombre de ses relations. Sûre d'elle, elle est persuadée d'avoir les talents pour cette activité. Mais son inexpérience de l'amour et des gens, ses propres erreurs de jugement sur ses émotions amoureuses, lui valent bien des surprises et déceptions. Ce roman décrivant la vie et les mœurs des jeunes femmes provinciales de la classe moyenne est souvent considéré comme le roman le plus abouti de Jane Austen.


L’Abbaye de Northanger (ou Catherine Morland), traduit par Félix Fénéon, édité par le groupe ebooksgratuits

C’est le roman de Jane Austen que j’ai le moins accroché, pour différentes raisons. J’ai eu l’impression qu’il comprenait deux moitiés distinctes et qu’on mettait trop de temps à parvenir à la deuxième, celle vendue par la 4ème de couverture… on passe plus de la moitié du roman à Bath, en réalité. C’est malgré tout un beau petit roman, dans lequel la critique sociale a encore la part belle. Les obligations de l’époque me donnent la chair de poule rien que d’y penser.
On y trouve en tout cas un personnage de femme intéressée qui n’est pas sans rappeler un autre personnage, présent dans Mansfield Park, et qui sonne juste. Il est amusant de mettre en parallèle les deux romans, car autant la naïve Catherine ne voit pas la femme qui séduit son frère sous son vrai jour, autant dans Mansfield, la douce Fanny se montre bien plus perspicace. De ce fait, les intrigues autour de ces personnages sont très différentes et toutes deux intéressantes à suivre.


A Bath, où elle séjourne avec des amis de la famille, la jeune Catherine Morland se lie d’amitié avec Eleonor Tilney et son frère, le séduisant Henry. Ces deux derniers l’invitent à passer quelque temps à la campagne, dans leur manoir de Northanger Abbey, vieille demeure médiévale, où ils vivent avec leur père veuf. Dans cette demeure gothique qui semble abriter des secrets inavouables, l’imagination fertile de Catherine entre en ébullition…


Mansfield Park, traduit par Léonard Bercy, édité par le groupe ebooksgratuits

Avec le recul, malgré les longueurs qui plombent ce roman, j’avoue qu’il est mon préféré. La critique familiale et sociale y est à la fois plus forte, presque violente, et surtout elle n’est pas atténuée par la présence de personnages proches de la caricature (tels que Mrs Bennett dans Orgueil et préjugés). Du coup, cela donne de la force au roman, qui m’a paru plus sévère aussi.
L’autre raison de mon coup de cœur, c’est la prise de risque consentie par l’auteur avec le choix de son personnage principal. En effet, la timidité maladive de Fanny n'en fait pas une héroïne "charismatique"... mais il ne faut pas se fier aux apparences, elle a du caractère, beaucoup même, elle souffre juste d'un total manque de confiance en elle. Sa caractérisation est juste excellente, mais cela en fait un personnage particulier, qui peut passer pour faible et ne pas plaire aux lecteurs.
Pour ma part, j'ai adoré car cela change et cela m'a fait plaisir de voir une telle personnalité mise en avant.

D'ailleurs, le 4ème de couverture comporte une erreur : ce n'est pas à cause de son amour pour Edmund que Fanny refuse de s'engager, mais parce qu'elle a très bien deviné le genre d'homme qu'est celui qui lui fait la cours et n'a aucune confiance en lui
Toute timide qu'elle soit, j'insiste, elle a du caractère. C'est juste qu'elle ne sait pas comment l'imposer. Ce qui fait qu'elle décide d'appliquer le diction "vaut mieux seule que mal accompagnée" malgré les horribles pressions de son entourage. Rien que cette partie du roman, ça vaut d'être lu. La force de Fanny, c'est de s'imposer par la douceur et en campant sur ses positions. Comme tout le monde la sous-estime, elle est habituée à prendre sur elle (à s'en rendre malade), mais surtout elle est habituée à se placer en observatrice. Elle saisi ainsi beaucoup plus l'essence des gens qui l'entourent que ces-derniers ne le perçoivent, et avec justesse.
Comme toujours avec les romans de Jane Austen, Mansfield n'est pas une "simple romance", mais bel et bien d'une critique de la société de son époque, en particulier concernant la place des femmes. Si vous n'aimez pas les descriptions de rapports familiaux et les cancans, façon roman de terroir, vous n'accrocherez pas. Idem si vous n'aimez que les héros "forts en gueule".


Issue d'une famille miséreuse, Fanny Price est âgée de dix ans quand elle est adoptée par son oncle maternel, Sir Thomas Bertram, qui va prendre en charge son éducation. Accueillie dans le domaine de Mansfield Park, Fanny est élevée avec ses cousins et cousines qui, à l'exception d'Edmund, la traitent avec indifférence ou mépris. La gratitude et l'affection qu'elle éprouve à l'égard de son cousin se transforment au fil des années en un amour qu'elle garde secret. Quand un bon parti se déclare, Fanny n'a de choix qu'entre un mariage de raison ou un retour à sa condition première...


Les cinq filles de Mrs Bennett (ou Orgueil et préjugés), traduit par V. Leconte et Ch. Pressoir, édité par le groupe ebooksgratuits

Mon retour sur ce roman précis sera court et concis car il s’agit du plus connu de l’auteur, avec Raison et sentiments, donc ce n’est pas comme s’il avait besoin d’être mis en valeur. J’ai évidemment adoré la galerie de personnages et les intrigues. J’ai juste trouvé que deux des sœurs ne servaient à rien et n’avaient pas vraiment d’intérêt, mais de façon global, ce roman est excellent d’un bout à l’autre. Le réduire à une simple romance est vraiment une erreur, il est tellement plus que ça !


En Angleterre, dans la société provinciale guindée, fière de ses privilèges et de son rang social, Mrs. Bennett, mère de cinq filles, veut à tout prix les marier... Elle n'hésite pas à faire la cour à son nouveau voisin, Mr. Bingley, jeune homme riche qu'elle aurait aimé donner comme époux à sa fille aînée Jane. S'ébauche une idylle entre Jane et Mr. Bingley, qui pourrait bien aboutir à un mariage. Elisabeth, soeur cadette de Jane, se réjouit de cet amour naissant. Mais c'est sans compter le dédain et la méfiance de l'ami intime de Bingley, Mr. Darcy qui, n'appréciant pas les manières de Mrs. Bennett et de ses filles, empêche Bingley de se prononcer. Elisabeth de tempérament fort et franc, consciente de la valeur et du mérite de son milieu, affronte Mr. Darcy...


Persuasion, traduit par Mme Letorsay, édité par le groupe ebooksgratuits

Des cinq romans de Jane Austen que j’ai lu, celui-ci est sans conteste celui qui se rapproche le plus d’une romance classique. C’est sans doute la raison pour laquelle j’ai eu plus de difficultés à l’apprécier. Pourtant, c’était sans compter sur la qualité de la plume de l’auteur (encore), de ses dialogues (toujours) et de ses personnages secondaires (un vrai bonheur). De plus, les relations entre Anne et sa famille sont assez complexes et sources de critiques de la part de l’auteur pour avoir épinglé mon attention, j’avais vraiment envie de savoir comment la jeune femme allait s’en sortir.


Veuf et père de trois filles, le baronnet Walter Eliot est ruiné. Il doit laisser sa propriété en location pour se retirer à Bath. Sa fille Elisabeth le suit tandis que ses deux autres filles restent dans la région, Anne toujours célibataire à 28 ans trouvant refuge chez sa soeur Mary. Les nouveaux locataires de la propriété arrivent, il s'agit de l'amiral Croft et de sa femme. Celle-ci a un frère, le Capitaine Wentworth, qui a été fiancé il y a quelques années avec Anne. Celle-ci n'avait pas donné suite à cette liaison, suivant l'avis de son amie, Lady Russell, qui trouvait le capitaine d'un rang inférieur indigne d'Anne. Mais les années ont passé, le capitaine rend visite à sa soeur, il a réussi et s'est enrichi, il cherche à se marier. Anne n'a pas oublié Wentworth...


Les plus des romans :
- les dialogues
- les ambiances
- la qualité de la plume
- la finesse des rapports familiaux et sociaux
- la romance qui ne s’encombre pas de mièvrerie


2 commentaires:

  1. Beau billet !

    Persuasion est mon préféré je crois. Je n'accroche pas la plume de l'auteure dans son ensemble, mais le contenu est percutant et très riche. J'aime particulièrement Persuasion de par son héroïne discrète et profondément gentille, pleine d'abnégation... Bien loin des héroïnes des romans modernes, ce n'est plus ce genre de caractère qui est plébiscité de nos jours. Et pourtant, Anne est vraiment, vraiment touchante.

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    1. Il est certain que les personnages féminins de Jane Austen sont vraiment beaux et touchants... ou au contraire mesquins et de caractère vénal. Persuasion est loin d'être mon roman préféré, mais il est clair qu'il a de belles qualités. Je pense qu'il plait plus aux amateurs de romance que les autres.

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