2 novembre 2012

Mes idées folles

Roman surréaliste d’Axl Cendres, éditions Sarbacane.

Ce roman est l’un de mes coups de cœur de l’année. Lu sur les conseils d’un proche, il m’a permis de découvrir une plume extra, alerte et décalée, qui n’hésite pas à placer ses personnages dans des situations absurdes et improbables. Il suffit de lire l’ouverture pour se mettre dans le bain :
« Je me souviens précisément du moment où j’ai pensé que j’étais en train de perdre la boule, et je me souviens précisément de la pensée qui a suivi : La bonne nouvelle, c’est que je suis déjà dans un asile de dingues ; la mauvaise, c’est que c’est moi le médecin. »


Le principal souci d’Abel, tout au long de ce roman, c’est qu’il a un viscéral instinct de survie chevillé au corps, sans lequel tout serait plus facile. Il a aussi un don pour se mettre dans des situations impossibles, telle que celle d’accueillir Jésus chez lui, un chez lui qu’il a bien du mal à obtenir puisque la vieille à laquelle il a acheté son appartement en viager en met du temps, à passer l’arme à gauche… Le ton du roman est à la fois léger et désespéré, porté par des personnages très attachants et complètement barrés. Le remède anti-gueule de bois à lui tout seul donne le ton.


J’avoue que je suis surprise de ne pas en avoir plus entendu parler et j’en conseille vivement la lecture, pourvu que vous ayez (beaucoup) d’humour.

Au pavillon 43, il y a un Napoléon, un Jésus et une Théière Humaine. Et, à la barre, Abel Francis Sandro, jeune psychiatre à l'alcoolémie savamment contrôlée (0,8 g dans le sang, jamais plus, jamais moins). Quand il ne rattrape pas les gaffes de son ami Johnny « Rotten Watker », Abel est obsédé par une idée folle : comprendre comment les gens marchent. Depuis son enfance à l'orphelinat, il cherche à croire en l'humanité - c'est même pour cela qu'il est devenu médecin. Mais il se rend vite à l'évidence : sa méthode ne fonctionne pas. Ce qu'il comprend des gens, c'est leurs maladies, pas eux. Alors, le désespoir te gagne. Il mettrait volontiers fin à ses jours, si l'instinct de survie, « cette saloperie », voulait bien le lâcher...

Les plus du roman :
- les personnages décalés
- les situations dans lesquelles ils se mettent
- l’asile, en particulier la secrétaire et Rose
- l’inoubliable séjour à l’Hôtel du Lac

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