19 novembre 2012

Le journal intime d'un arbre

Roman de Didier Van Cauwelaert, éditions Michel Lafon.

J’ai lu ce roman il y a plusieurs mois, mais j’ai repoussé avec constance le moment d’en toucher deux mots parce que, en toute sincérité, je ne savais pas par quel bout le prendre.
Tout est séduisant à l’approche : la couverture, la quatrième et le sujet même. J’ajoute le style de l’auteur : j’ai relu certains passages en cours de lecture juste pour le plaisir. Notez que c’est le journal intime d’un arbre mort dont il s’agit, même s’il reste bien vivant à travers ce qu’il reste de lui, c’est étrange. Après tout, pourquoi pas ? Surtout que sa « chute » est magnifiquement décrite, ainsi que la façon dont sa conscience reste présente.

Pourtant, malgré la qualité de la plume de l’auteur et des réflexions justes sur les conditions végétale et humaine, je n’ai pas plus accroché que ça ce roman. J’ai eu une impression de décalage, je lui ai trouvé un côté bancal. Comment m’expliquer ? C’est comme s’il était coupé en deux parties inégales… La première moitié, en gros, m’a bien plu, alors que je n’ai pas cessé de décrocher sur la suite. Je pense que c’est lié aux personnages en grande partie. Plus le roman avançait, moins je les sentais vrais, ancrés. Il m’a manqué quelque chose et j’ai eu l’impression, par exemple, que l’enfance brisée du personnage féminin principal n’était qu’un prétexte de caractérisation et n’avait pas de réelle raison d’être pour l’intrigue et son évolution propre. D’ailleurs ce personnage disparaît, d’une certaine façon, laissant un grand vide et des questions sans réponses, comme si l’auteur ne savait plus quoi en faire.


Quant à la toute fin, malgré l’intérêt d’un « détail » dont je ne parlerai pas pour ne pas spoiler, elle ne m’a pas convaincue. Voilà qui explique que je sois ressortie de cette lecture mitigée, avec l’impression d’être passée à côté de quelque chose et de ne pas être particulièrement bien placée pour en parler. Je peux avouer, avec sobriété, que même si je ne regrette pas cette lecture, la rencontre ne s’est pas faite. J’en attendais sans doute autre chose en regard du sujet.

Il s’appelait Tristan, il avait trois cents ans, il avait connu toute la gamme des passions humaines. Une tempête vient de l’abattre, et c’est une nouvelle vie qui commence pour lui.
Planté sous Louis XV, ce poirier nous entraîne à la poursuite du terrible secret de ses origines. Des guerres de religion à la Révolution française, de l’affaire Dreyfus à l’Occupation, il revit les drames et les bonheurs dont il a été le témoin, le symbole ou la cause.
Mais, s’il est prisonnier de sa mémoire, il n’en reste pas moins lié au présent, à travers ce qui reste de lui : des racines, des bûches, une statue de femme sculptée dans son bois, et les deux êtres qui ont commencé à s’aimer grâce à lui…
Comment « fonctionne » un arbre ? De quoi se compose sa conscience, de quelle manière agit-il sur son environnement ? Son récit posthume nous fait voir le monde, la nature et les hommes d’une manière nouvelle, par le biais d’une pensée végétale qui évolue au rythme d’un véritable suspense.
Captivant, drôle et poignant, Le Journal intime d’un arbre apporte une réponse inédite à une question universelle : quelle est, pour un arbre comme pour un être humain, la meilleure façon de ne pas mourir ?

Les plus du roman :
- le style de l’auteur (un vrai bonheur !)
- les pensées de l’arbre, surtout quand elles concernent les hommes

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire