19 novembre 2012

L'Après-dieux

Roman de fantasy (très) proche du réel, de Maëlig Duval, éditions Griffe d’Encre.

Il y a des textes, comme ça, que je débute parce qu’ils ont été écrit par une personne que je connais. Ou parce que la quatrième de couverture m’intrigue. Ou parce que la couverture est trop belle.
Avec L’Après-dieux, ça a été les trois à la fois. Comme il s’agit d’un très court roman (une novella, me corrigeraient certains), je n’ai pas pu m’empêcher de le passer en tête de ma pile de lecture car j’ai commencé à le lire dans la file d’attente de la librairie de l’édition 2012 des Utopiales. Où il m’a tout de suite accrochée.

L’idée de fond est d’une extrême originalité, ce que ne permet pas de saisir la quatrième de couverture : si le monde microcosmique dans lequel se déroule l’intrigue est très proche du notre, avec des rouages administratifs et une technologie moderne, il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un monde dans lequel les dieux étaient bel et bien présents… sauf qu’ils ont disparu, six ans avant le début de l’histoire. Il s’en est suivi une guerre civile qui a débouché sur la mise en place d’une société bancale, autoritaire, dans laquelle parler des dieux devient tabou, car cela réveille une douleur nostalgique insupportable. D’autant plus insupportable que sans ses dieux, l’humanité reste démunie et stérile.
L’administration s’occupe donc d’éradiquer toute trace des dieux.


Albert, un homme effacé, rencontre accidentellement Eva, mère d’un adolescent qui paraît un peu attardé. En cherchant à les aider, Albert va aller bien plus loin que tout ce qu’il aurait pu imaginer.
L’air de rien, ce court roman aborde des thématiques fortes et surprend. Je ne peux pas en dire plus sans casser la magie, le mystère, légers comme des plumes. Je pense que chaque lecteur pourra le recevoir de façon différente, en fonction de sa propre sensibilité. Pour ma part, je me suis attachée aux personnages sans discernement, ce roman est une vraie claque du point de vue de leur caractérisation, tellement ils sont vrais, simple, normaux... tout simplement humains... Je les ai tous aimés, au point d'avoir parfois envie de les prendre dans mes bras : ce n'est pas le genre de sentiments qu'on éprouve souvent, en lisant un roman. Je ne m'attendais pas à ça.
J’ai adoré de bout en bout, y compris la fin d’une implacable logique et qui se termine pourtant sur un beau cadeau.
J’ai particulièrement aimé Irène, deux fois amoureuse et pas vraiment aimée en retour, ainsi qu’Eva, pour différentes raisons. Le réalisme et la finesse des situations, des réflexions, tombent toujours de façon juste. Riche et émouvante, c’est une lecture qui me marquera, en grande partie pour son humanité intense.

À la fin, il m’en est resté comme une envie de brioche… de la brioche vendéenne, afin d’avoir des petits grains de sucre croustillant sur le dessus. Sortant juste du four, si possible.

Albert Vaclau est fonctionnaire au bureau de la Reconstruction.
Il évalue de 1 à 5 les dégâts de la guerre civile dans les villages à reconstruire.
Il classe les organisations non gouvernementales de 1 à 9, selon leur niveau de sédition.
Mais quand il rencontre Eva et son fils, il doit se rendre à l’évidence : aucune échelle de valeurs ne peut s’appliquer à eux.

Les plus du roman :
- les personnages, plus vrais et attachants les uns que les autres
- la relation entre Éva et George, son fils
- l’évolution d’Albert, sa mutation et sa prise de conscience
- l’originalité du contexte, la prise de risque de l’auteur (car ce roman est hors normes !)

1 commentaire:

  1. Petit ajout avec le recul (ne pas lire pour ne pas être spoilé !)





    Avec le recul, mon coup de coeur à la fin, malgré la cruauté de celle-ci, vient de la façon dont l'auteure nous montre le talent d'un conteur, d'un légendier, qui peut transformer un évènement terre-à-terre et dramatique en une véritable légende épique, en quelques lignes... comme un cadeau à ceux qui sont tombés, ainsi qu'à ceux qui restent.

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