27 juin 2012

Le dernier des Francs

Roman uchronique de Michel Pagel, éditions Rivière Blanche.

J’ignore ce qui m’a attirée dans ce roman, certainement pas la couverture qui ne correspond pas à mes goûts personnels… Sans doute le pari fait par l’auteur d’offrir un roman d’uchronie historique très osé : que se serait-il passé si Jules César avait été assassiné avant de prendre Alesia ?
Dans tous les cas, ma curiosité m’a poussée à me positionner sur ce partenariat offert par la maison d’édition Rivière Blanche au forum Mort-Sûre. J’ai trouvé le quatrième de couverture alléchant, assez pour avoir envie de découvrir ce petit roman.


Possédant une connaissance très approximative de l’histoire de la construction européenne, j’ai su dès les premières pages que cela ne poserait aucun problème. En effet, l’auteur part d’un évènement historique majeur qui change tout et, de là, remanie complètement la géopolitique du continent et même les influences religieuses. Faisant table rase de nos connaissances et de notre histoire pour en rebroder d’autres, il donne juste ce qu’il faut d’information pour ne pas noyer ses lecteurs tout en leur évitant de se perdre. Ce qui est en soi une réussite, d’autant plus appréciable qu’en dehors du  prologue, la narration du roman est entièrement portée par Lucius Antonius Tubero,

Ce personnage participe pour beaucoup à l’attrait du roman : devant composer avec un handicap physique dans une Rome obnubilée par l’apparence, il fait avec sans s’apitoyer sur lui-même et compense par l’esprit ce que son corps ne peut lui apporter. Au début du roman, il a donc l’ambition de devenir sénateur et de forcer le respect par sa position tout en acquérant du pouvoir.
Ce qui est sans compter sur les évènements dans lesquels son oncle va l’entraîner.

Car la véritable intrigue n’a pas grand-chose à voir avec les francs, en réalité, ce qui ne l’empêche pas d’être passionnante et de laisser une belle place au personnage d’Alrik, moins attachant mais bien décrit dès le départ pour ce qu’il est, à savoir « déjà mort ». Alrik est avant tout un personnage clé, celui qui va pousser les autres à se dépasser.
Mon seul regret concerne Lirane, il est dommage que le personnage féminin principal flirte à ce point avec la Marie-Sue de base. Elle est juste parfaite, sur tous les points, et c’est agaçant. Le fait qu’elle subisse un traumatisme n’y change rien d’ailleurs, ce qui est étonnant. Heureusement l’auteur compense en gérant bien les conséquences sans non plus tomber dans le pathos. Le fait est que Le dernier des Francs est avant tout un roman d’action, sans temps mort, ce qui explique qu’il se lise d’une traite.
Je sors donc de ma lecture dépaysée (même si l’on y trouve des termes comme « psychologie » qui dénotent un peu dans le contexte) et séduite par ce page-turner que je n’ai pas pu lâcher une fois commencé.

Quand Brennus meurt devant Alésia, après avoir assassiné Jules César, il ne sait pas qu'il vient de changer la face de l'Histoire. Huit siècles plus tard, un Empire celte unifié affronte toujours Rome. Sous couvert de son mariage avec la jeune Lirane, Lucius Antonius Tubero ("le bossu") accompagne son oncle sénateur pour une mission secrète à Gergovie d'où dépendra la survie de l'Empire romain. Parmi les guerriers de leur escorte se trouve Alrik, le dernier des Francs.

Les plus du roman :
- le rythme
- l’intrigue et les retournements
- le personnage principal
- les petites explications qui permettent de ne pas se perdre
- la fluidité du style (ce qui m’a permis de lire ce roman en un après-midi)

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