20 avril 2012

Tigane


Roman fantasy de Guy Gavriel Kay,traduit par Corinne Faure-Geors, éditions J'ai Lu (poche) et L'Atalante (broché).

 

La lecture de Tigane m’avait permis de découvrir l’écrivain Guy Gavriel Kay, dont j’ai par la suite lu Les lions d’Al-Rassan.
J’aime beaucoup ces deux romans car ils proposent une fantasy proche du réel, avec très peu de magie et autres effets spéciaux, des intrigues captivantes et un décor original (pas moyenâgeux pour deux sous).

Tigane m’avait à ce point subjuguée qu’au départ, je ne savais pas de quelle façon en parler, l’ayant adoré d'un bout à l'autre malgré le défaut typique de l’auteur : l’ultra perfection de ses personnages. Concernant Tigane, même l'épilogue est terrible cependant je me suis aperçue qu’un nombre non négligeable de lecteurs passent complètement à côté. Dommage pour eux !

Pour ma part, l’attachement que j'éprouve pour Tigane vient du fait qu’il m’a heurtée en plein cœur, émue, ce qui n’est pas si fréquent que ça (je ne suis pas du genre à sortir facilement un mouchoir, si vous voyez ce que je veux dire).


Cette œuvre de Guy Gavriel Kay a donc été un roman riche en émotions pour moi, malgré les intrigues, les complots, les tortures, les faux semblants et les actes manqués. Je comprends tout à fait qu’il n’ait pas provoqué la même passion chez d’autres lecteurs, il en faut pour tous les goûts.
Derrière la barbarie, j’ai trouvé qu’il y avait énormément d'amour au sens large comme au sens propre. J'ai été terriblement réceptive pendant la lecture aux différentes facettes que pouvait prendre l’attachement au sein de ce roman. D’ailleurs, la plus belle romance qu’il contient n’est pas du tout située là où je l’aurais attendue.
J’ai peut-être tout simplement découvert Tigane au bon moment, je l’ai peut-être lu quand il le fallait pour que la rencontre se fasse.
Les personnages forment la grande force de ce roman, malgré leur agaçant côté plus que parfait (c’est le seul véritable défaut que je trouve à cet auteur) : aussi nombreux soient-ils, les personnages sont parfaitement gérés, entrelaçant leurs routes avec virtuosité. Ils sont crédibles et si certains sont de véritables ordures, on s’attache vraiment aux autres.
Guy Gavriel Kay parvient à échapper aux pièges du manichéisme, d’ailleurs je n’ai pas eu de coup de cœur pour les personnages auxquels je m'attendais au départ. Brandin par exemple est magnifique, charismatique, entier, alors qu’a priori... il est du mauvais côté. Il fait parti des envahisseurs, c’est par lui que tout commence, et c’est celui qui m’aura fait chialer tellement sa peine est magnifiquement retranscrite (d’autant plus qu’il en est en parti responsable, donc elle est mâtinée de culpabilité, ce qui la rend encore plus forte).

Cinq ans après sa lecture, je conseille toujours ce one shot si vous n’avez pas peur des livres denses… et du spleen post lecture si vous accrochez autant que moi. Il fait partie des romans que je compte relire. C’est en tout cas une fantasy subtile, originale, d’autant plus que le décor Renaissance ajoute encore plus de valeur à l’amour des arts et à la recherche d’identité culturelle de ceux qui sont nés en Tigane et ne peuvent même plus en prononcer le nom.

 

Depuis ce jour fatal où son fils bien-aimé fut tué, Brandin d'Ygrath ne vit plus que pour sa vengeance. Il ne lui suffit pas que Tigane soit rayée de la carte, il faut aussi que tous les natifs de la cité meurent à leur tour. Qui peut contrer le tyran ? Alessan, le prince héritier, engagé dans la résistance sous le masque d'un ménestrel ? Diandra ? Originaire de Tigane, elle s'est juré de le tuer, mais elle a un désir profond de cet homme. Alberico, le sorcier, avec qui Brandin partage le pouvoir ? À la seule évocation de Tigane, des forces obscures s'affrontent...

Ce grand roman d'aventures, somptueuse métaphore sur l'impérialisme et l'occupation, évoque la douloureuse expérience de l'exil en son propre pays et de la perte de son identité culturelle.

 

Les plus du roman :

- les personnages (même s’ils auraient été encore mieux avec quelques défauts)

- la façon dont les intrigues s’imbriquent

- les érotismes dans leurs différentes subtilités

- le traitement de l’amour filial, à travers le regard de deux pères (de trois, même)

- la dénonciation de l’acculturation

2 commentaires:

  1. Hiiiiiiiiiiiiii. Tu l'as fait exprès je suis sûre ! Tu sais que je voue à Tigane (et à G.G. Kay) un amour sans borne !!
    Ce roman est tellement incroyable. <3

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il me semble qu'on en avait déjà parlé, mais je ne savais pas que tu étais fan à ce point-là. ;)
      Ca me rassure quelque part, je ne suis pas la seule à avoir adoré...

      Supprimer