14 mars 2012

Des milliards de tapis de cheveux

Roman de science-fiction d’Andreas Eschbach, traduit par Claire Duval, éditions L'Atalante, disponible en poche.

Voilà un livre que j'ai acheté, il y a déjà quelques années, car j'en avais entendu du bien sur le forum Psychovision et j'ai eu la chance de le trouver en rayon dans ma librairie préférée de l’époque. De ce fait je suis repartie avec, désireuse de découvrir ce que tous saluaient unanimement comme un bijou de la science fiction. Cette fiche est donc, si vous suivez bien, un déterrage en règle de mon ancien blog.
Habituellement, je ne suis pas fan de science fiction (j'en lis très très peu et quasi toujours de façon accidentelle). Pourtant, je ne regrette vraiment pas cette lecture et c'est bien la raison pour laquelle j'en reparle sur Plumes Sauvages. Elle vaut le détour.



Ce roman n'est pas facile d'accès, il est heureusement porté par une belle écriture. Au départ, j'ai cru que j'allais l'abandonner, stupéfaite par cette description en série de vies gâchées les unes après les autres. Je me demandais où l’auteur voulait m’emmener : j’avais davantage l’impression de lire un recueil de nouvelles qu’un roman.
La curiosité a pris le dessus. J'ai voulu savoir, comprendre, l'origine de ces sociétés affreusement bridées, dans lesquelles il n'y a plus aucune notion de liberté et nul espoir de s'affranchir de sa destinée. Dans lesquelles seul l'Empereur et son culte sont tout puissants.
L'auteur a choisi comme contexte la démesure d'un empire gigantesque, mais ce qu'il dénonce peut tout à fait se retrouver à notre niveau : cela en est d'autant plus troublant. J'avoue que les échelles de temps, sur la fin du roman, m'ont perturbée : je les ai trouvées vraiment trop importantes (c'est subjectif, j’en ai conscience). Au final c'est bien l'unique défaut que je peux encore reprocher à cette œuvre parfaitement écrite, maîtrisée et dont la chute laisse pantelant quand on découvre - enfin - le devenir et la raison d'être de ces milliards de tapis de cheveux.

Tout ce que je peux ajouter sans trop spoiler, c'est que ce roman prouve que la vengeance est un plat qui se mange froid... très froid... et qu'on peut être le plus grand des plus grands et avoir quand même un sacré problème d'égo que l'on s'avère incapable de relativiser. Et quand on voit les conséquences...

Noeud après noeud, jour après jour, toute une vie durant, ses mains répétaient les mêmes gestes, nouant et renouant sans cesse les fins cheveux, comme son père et le père de son père l'avaient fait avant lui... Les tapis composés des cheveux de ses femmes et de ses filles devaient être parfaits, puisqu’ils étaient destinés à la demeure de l’Empereur.
Pourtant, on dit qu’Il serait mort, abattu par des rebelles… Impossible. L’Empereur est immortel.

Les plus du roman :
- le style de l’auteur
- le côté fascinant du fil rouge qui lie l’ensemble
- la réalité qui se cache derrière les tapis de cheveux
- la claque que l’on prend à la fin, quand toutes les pièces du puzzle s’imbriquent enfin

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