9 janvier 2012

L'Ame de Ténèbres

Thriller fantastique d’Emmanuelle Maia, éditions Rivière Blanche.

Pour commencer, je dois avouer que le dernier roman d’Emmanuelle Maia m’a plu sans m’avoir touchée et emballée autant que le précédent, Résurgences.
L’Ame de Ténèbres offre une trame bien plus classique pour ce type de littérature, avec une part du roman contemporaine, l’autre part se déroulant en 1912. Procédé classique, donc, mais efficace. J’avoue que j’ai particulièrement apprécié les passages qui se déroulent au début du XXème siècle. Ils m’ont permis, accessoirement, de découvrir un superbe poème : Le vase brisé, de Sully Prudhomme, utilisé de façon on ne peut plus appropriée.
Les personnages sont attachants, très attachants même, surtout Nello dont le handicap est au centre du roman. C’est même, à mes yeux, ce qui fait le principal intérêt de L’Ame de Ténèbres : le roman se déroule en partie dans un centre d’accueil et de soins pour adultes handicapés moteur cérébraux en évitant tout travers allant vers le pathos.


Pourtant il y a des petites choses qui m'ont gênée.
D’une part, je regrette que la relation entre Nello et les autres jeunes adultes handicapés, qui semblait si prometteuse au début du roman, n’ait pas été exploitée plus que cela.
De plus, la Malveillante ne m’a pas vraiment convaincue. Ce que je veux dire, concernant cette dernière, c'est que le personnage qui la devient n'avait pas un fond assez mauvais pour devenir aussi horrible, du moins, je n’ai pas vraiment adhéré au traitement des deux facettes du personnage, à la  transformation de l'un en l'autre. Il m’a manqué quelque chose. J’ai conscience que c’est un point de vue très personnel.
Enfin, j’ai trouvé la fin hyper convenue et j’avoue avoir été déçue qu’on ne revienne pas sur le point de vue de Nello, alors que le roman s’ouvrait avec lui. J’aurais aimé savoir comment il avait vécu la toute fin des évènements et s’en remettait, l’influence qu’ils ont pu avoir sur lui, son entourage.

J’ai donc apprécié la lecture dans son ensemble, d’autant plus que la plume de l’auteur est toujours un régal, sans en être pleinement satisfaite. Autant dire que ce retour me coûte beaucoup, vu que j’apprécie énormément Emmanuelle, j’aurais aimé pouvoir faire preuve de plus d'enthousiasme.
Notez que le roman est suivi de nouvelles dont je parlerai à part car je ne les ai pas encore lues.

Aube Claire… un lieu de vie pour des personnes aux handicaps très lourds. Mais c'est la mort qui frappe, abominable, inacceptable, au sein de ce foyer protégé. Gino Morandi et Serge Deschamps, deux inspecteurs de la B-crime, mènent l'enquête. Malgré tous leurs efforts, d'autres meurtres sont perpétrés pendant que l'assassin continue à leur glisser entre les doigts.
Genève, 1912. Claire de Segny s'ennuie ferme parmi tous ces aristocrates venus de l'Europe entière pour suivre une cure à Champel-les-Bains. Jusqu'à sa rencontre avec un jeune poète rebelle qui brise la monotonie de son quotidien et provoque en elle de troublants émois.
Y aurait-il un lien entre tous ces destins, entre la Genève d'hier et celle d'aujourd'hui ?

Les plus du roman :
- la finesse de l’écriture
- les scènes qui se déroulent en 1912
- tout ce qui concerne Nello, son entourage et les gens qui prennent soin de lui
- la « voyante » (ceux qui ont lu me comprendront, j’ai envie de madeleines maison depuis cette lecture !)

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