3 août 2011

[Série] Mercy Thompson

Romans bit-lit / urban fantasy de Patricia Briggs, traduits par Lorène Lenoir, éditions Milady.

Tome 1 : L'Appel de la Lune

Mon deuxième « vrai » roman bit-lit, lu grâce à Melindra, que je peux remercier chaleureusement car c’est aussi l’un des livres qui m’a le plus accrochée depuis ce début d’année (2011). Autant dire que le ton, l’ambiance, n’ont rien à voir avec ceux de Succubus blues (qui est amusant et mignon, une vraie détente, mais loin d’être aussi prenant et abouti).

Le gros point fort de ce roman, c’est Mercy elle-même : indépendante, le caractère bien trempé, c’est une femme qui mène sa vie comme elle l’entend, sans se laisser mener par le bout du nez. Ce qui, vu son entourage masculin très « vieille école », est quasiment une lutte de tous les jours qui l’oblige a bien baliser ses plates bandes. Il faut ajouter que Mercy n’est pas une simple femme, elle est issue d’une ancienne race du nouveau monde : c’est une changeuse qui a la capacité de prendre l’aspect d’un coyote en un claquement de doigts. Autant dire que par moments, c’est bien pratique, mais cette double nature possède ses propres exigences. Le besoin de courir et de chasser, pour ne citer qu’eux. De plus, les personnes comme Mercy sont rares car leurs ancêtres ont été exterminés par les créatures en provenance de l’Europe tout comme les amérindiens se faisaient exterminés en parallèle par les colons humains.


Le deuxième point fort, c’est l’intrigue. Le roman se déroule comme un bon thriller efficace et se tient comme un one-shot, ce qui fait qu’on oublie qu’il s’agit du premier opus d’une série… mais j’ai déjà commencé à lire le tome 2 parce que le ton, l’ambiance, les relations entre les personnages sont autant de points forts. De l’attaque de la maison de l’Alpha au final musclé en passant par l’Essaim de vampires (avec d’intéressants effets secondaires sur le loup-garou qui a eu le malheur de réveiller les appétits de la Reine), la lecture est rythmée, tient en haleine et je n’ai pas pu décrocher du roman avant la dernière page.

Mercy Thompson est propriétaire d’un garage, spécialisé dans la mécanique et l’entretien de marques allemandes. Elle l’a racheté à Zee, le fae qui l’a formée. Un jour, elle vient en aide à Mac, un garçon à l’air paumé, sur la défensive, qui traîne autour des voitures. L’adolescent sent le loup-garou mais n’a pas l’air de connaître les us et coutumes des membres d’une meute. Ce serait un loup-garou forcé ? Mercy hésite à en parler à Adam, l’alpha de la meute locale, accessoirement son voisin qui ne perd jamais une occasion de lui casser les pieds. Un soir, Mac est agressé et Mercy lui vient en aide. Les conséquences sont telles qu’elle n’a plus le choix et doit prévenir l’alpha des Tri-Cities pour arranger tout ça… et effacer les traces.


Tome 2 : Les Liens du Sang


Je commencerai ce retour par une critique qui n’a rien à voir avec le roman lui-même mais avec son « packaging » : côté couverture, je me permets un « coup de gueule » tout personnel car j'estime qu'on bat un record. On croirait une pin-up de type très européen d’à peine 20 ans destinée à décorer la cabine d’un routier ou un atelier.
J’ai fait un test sur les hommes de mon entourage, ils ont confirmé (et se sont, accessoirement, payés ma tête en pensant que je lisais des romans à des années lumières de ce qu’est la série Mercy Thompson).

Franchement, où est la Mercy trentenaire, pudique et d’origine amérindienne décrite dans la série ?


Voici une couverture de bit-lit qui m’aurait coupé l’envie d’acheter le roman, par chance on me l’a prêté donc la question ne se pose plus mais quel gâchis d’avoir collé sur la couverture une minette à l’opposé du personnage principal !

C’est d’autant plus dommage que le roman est vraiment bon ! Et que sa narratrice ne mérite pas d’être réduite à cette parodie grotesque. Je me demande ce qu’avait en tête l’éditeur en commandant des trucs pareils.

Alors, hum, si j’en revenais au roman ?

Car je l’ai déjà dit : il est bon !
Mercy est toujours aussi attachante tout en défendant son indépendance. Si les loups-garous restent très présents, cet opus-là fait la part belle aux vampires… et aux démons. Le rythme est aussi trépidant que dans le 1er tome, peut-être même plus. Et je n’en parlerai pas davantage pour éviter de spoiler.

Les capacités de changeuse de Mercy lui permettent de résister de façon étonnante à la magie de l’ancien monde, en particulier celle des vampires. C’est pour cette raison que Stefan vient la trouver, afin de lui demander de l'accompagner en tant que témoin discret alors qu’il veut rencontrer un confrère. Voilà donc Mercy, sous sa forme de coyote, affublée d’un harnais en cuir souple superclasse portant tellement d’argent qu’on croirait un bijou. Ce qu’il ne faut pas faire pour aider quelqu’un envers qui on estime avoir une dette… et qui se rapproche le plus de ce qu’on pourrait considérer comme un ami. Même si la notion d’amitié, avec un vampire, reste toute relative.


Tome 3 : Le Baiser du Fer

Je ne vais pas présenter de nouveau la série Mercy Thompson, dont j’ai déjà parlé pour le tome 1 L’Appel de la Lune et le tome 2 Les Liens du Sang (oui, avec les majuscules !). Ceux qui ont suivi savent déjà tout le mal que je pense des couvertures de cette série : pour une fois que l’héroïne est une métisse qui assume ses origines sans en faire tout un plat, ainsi que sa trentaine bien entamée, on nous colle en couv’  une minette de quinze ans de moins plus blanche que blanche (limite type irlandais), ça me hérisse.


Par contre, si vous suivez bien, vous savez tout le bien que je pense de ces romans. Pour ce troisième opus, l’auteur nous emmène en Faërie, du moins recentre son roman sur le peuple Fae. C’est un régal dans le sens qu’elle exploite le côté traditionnel que l’on peut retrouver dans les contes. Ainsi, ses Faes ne sont pas de gentilles mignonnes petites créatures, il ne faut pas oublier que dans son univers, avec les vampires, ils ont quasi éliminé les changeurs après leur arrivée dans le nouveau monde, ce qui fait qu’ils restent un danger pour Mercy qui en est une.

Mon bémol après lecture, c’est la tendance à en mettre plein la gueule à son personnage principal, bien plus encore que dans les tomes 1 et 2. Du coup, si elle continue ainsi, je me demande ce qu’elle va bien pouvoir faire subir d’atroce à Mercy dans les opus suivants sans la tuer ni la traumatiser définitivement. Il faudra donc que je les lise pour avoir la réponse…

Zee, le fae qui a formé Mercy avant de lui revendre son garage, lui demande un service : l’accompagner dans la réserve fae de Walla Walla pour l’aider, sous sa forme de coyote, à repérer l’odeur d’un meurtrier qui a déjà sévit à plusieurs reprises parmi les siens, afin de lui mettre le grappin dessus. Mercy s’acquitte de sa mission, d’autant plus qu’elle doit un service à Zee, et identifie l’assassin. Mais lorsque Zee se rend chez cet humain tout ce qu’il y a de plus banal, il y découvre son cadavre, la tête arrachée. Accusé du meurtre, Zee ne s’en défend même pas. Mercy, loyale et persuadée de son innocence, décide de le défendre malgré lui… et malgré les enjeux qui la dépassent.


Tome 4 : La Croix d'Ossements


Plusieurs mois après la lecture du tome 3 Le Baiser du Fer, j’ai craqué et acquis les 2 tomes suivants de la série Mercy Thompson. Sans surprise, l’auteur étant logique avec elle-même et toujours douée pour caractériser ses personnages, elle n’a pas pris à la légère le traumatisme provoqué par l’agression vécue par son personnage principal à la fin du tome 3.

Cette fois-ci, on délaisse un peu – mais pas tant que ça – les fae, afin de retrouver les vampires et les conséquences des actes et choix de Mercy (pour tout comprendre, il faut donc avoir lu le tome 2 Les Liens du Sang). Les fans de Stefan peuvent se lécher les babines, car il est de retour en force et qu’il a un rôle très intéressant. On y retrouve aussi les autres vampires importants de l’essaim de Marsilia, mais pas que. Car les vampires, tout autant que les loups-garous, ont aussi leurs légendes vivantes… autant dire que chez ces prédateurs, personne n’a envie de les croiser (pas même leurs congénères). Le hic, évidemment, c’est que Mercy attire les problèmes… du moins, c’est l’impression qu’elle peut donner et j’ai crains un instant un acharnement systématique sur le personnage difficile à avaler. Mais Patricia Briggs a plus d’un tour dans son sac, elle retourne toute la situation avec brio, démontrant que rien n’est dû au hasard, à la poisse, ou à Murphy. Si Mercy se retrouve de nouveau dans une situation très difficile alors qu’elle cherchait à en fuir une autre, c’est juste que les mâchoires d’un piège se referment avec précision sur elle. Le tout alors que c’est toujours autant le branle-bas de combat dans les Tri-Cities… La façon dont les intrigues s’emmêlent est bien gérée.


Puis Mercy reste armée de sa canne fae, objet de pouvoir toujours aussi attaché à elle qui continue d’apparaître aux moments et endroits les plus inattendus… C'est-à-dire de préférence quand il peut être utile à la changeuse.
Les amateurs de romance seront comblés, car celle-ci devient prépondérante dans ce 4ème tome, vu la fin du tome 3. Pour ma part, c’est surtout la faille de plus en plus importante présente chez Samuel qui m’a intriguée (à cause de ça, je me suis jetée sur le 5ème tome, me demandant ce que l’auteur allait en faire et comment elle allait l’exploiter, je dois dire que je n’ai été qu’à moitié déçue, ce qui n’est pas si mal).
Enfin bref, tout ça pour dire que malgré la romance, on reste sur du bon page-turner, avec beaucoup d’action, des personnages secondaires soignés et bichonnés par l’auteur et un méchant très très méchant pour les empêcher de dormir sur leurs deux oreilles…

Marsilia, la Reine des vampires de la région, a appris que Mercy l'avait trompée en tuant l'un des membres de son clan... et elle n'acceptera que le prix du sang pour venger cette trahison. La changeuse vient de tomber sur un os, car la sentence qui pèse sur elle en fait la cible de toutes les créatures à la botte des vampires. Heureusement que Mercy peut compter sur Stefan et sur Adam, qui a juré de la protéger. Mais s'ils étaient menacés par sa simple présence ? Et si, pour les épargner, Mercy n'avait plus qu'un seul choix : partir ?



Tome 5 : Le Grimoire d'Argent

La série autour du personnage de Mercy se poursuit avec un retour en force de la féérie, ce qui n’était pas pour me déplaire. La lecture de cet opus-là m’a bien plu, sans doute plus que le précédent. Par contre, on sent que la série commence à s’essouffler et qu’il faudrait l’arrêter (notez que ce n'est que mon avis personnel, je connais des lectrices qui trouvent au contraire que c'est de plus en plus bon et ne souhaitent pas que la série s'arrête). J’avoue qu’à la toute fin, j’ai hésité à me plonger dans le tome 6.
Je renonce à vous mettre le 4ème de couverture, car en toute sincérité, il n’est pas à la hauteur du roman et ne résume pas vraiment ce qu’il s’y passe. Ca vous évitera des spoilers, dans tous les cas.


Tout ce qu’il faut que vous sachiez, c’est que Mercy aimerait bien se poser un peu (non, sans déc ! qui ne le voudrait pas à sa place ?) mais qu’elle se retrouve embringuée dans une histoire de grimoire renfermant des secrets faes que trop de monde souhaiterait récupérer. Certains artefacts ne sont pas à mettre entre toutes les mains et, pour empêcher une nouvelle catastrophe autant que pour protéger ses proches, Mercy va devoir prendre sur elle et agir de nouveau.


Tome 6 : La Marque du Fleuve

Comme je le disais précédemment, je commençais à me lasser de la série, trouvant qu’elle s’essoufflait – à moins que ce ne soit moi qui m’essouffle, moins endurante que les personnages. J’hésitais à lire ce tome 6, de peur de rester sur une grosse déception.
Au final, j’ai craqué à cause de la promesse d’en apprendre plus sur les origines amérindiennes de Mercy, sur le chamanisme qui la rend si singulière. De ce côté-là je n’ai pas été déçue, bien au contraire et c’est à mes yeux le gros point fort du roman.


Par contre, l’impression après lecture reste pour moi mi-figue mi-raison car j’ai trouvé l’intrigue un peu faible, avec des éléments limite absurdes (bon sang, mais qu’est-ce qu’une loutre fae sous forme humaine fichait au restaurant ? ou plus tard dans une boutique ? elle est arrivée si loin de sa rivière comment ?) et puis la répétition systématique en début de roman n’est vraiment pas passée (on a compris, au tome 6, que les loups ne peuvent pas nager, que les vampires sont ce qu’ils sont, qu’Adam est topissime canon, etc : là ça m’a clairement gonflée).

Je ne regrette pas cette dernière lecture de la série car elle clôture bien, que ça se lit toujours facilement et qu’en plus, l’ayant récupérée sous format ebook, ça a été très agréable et pas coûteux de la lire, mais il est temps pour moi que ça s’arrête.

Mercy et Adam passent leur lune de miel au bord de la Columbia. Tout devrait être parfait, mais une présence maléfique hante les eaux, emportant des vies innocentes. Mercy est une marcheuse: elle peut voir les fantômes. Et voilà que l'esprit de son père, mort avant sa naissance, décide de lui rendre visite.Il est temps pour elle de renouer avec son héritage pour affronter la diablesse de la rivière.


Les plus de la série :

- les personnages bien campés
- le traitement des créatures et de la magie
- les loups-garous en particulier
- toute la thématique et les explications sur le « coming out »

3 commentaires:

  1. Rha tu me donnes trop envie !

    J'en entends parler de partout et tes chroniques me donnent l'eau à la bouche.

    Sinon, bon courage pour le boulot. J'espère que tu n'es pas trop crevée.

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  2. Ma pile comprenant Lemashtu et les 3 Mercy est posée sur mon bar et n'attend qu'un salon de thé pour changer de mains. Heu, Lemashtu s'appelle revient quand même ! (surtout que ce roman reste ma couverture préférée : je l'adooooore !)

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  3. Merci mille fois Roanne ! Je les ai tous dévorés et j'en redemande !

    J'ai lu Lemashtu aujourd'hui et c'était bien aussi.

    J'adore ce genre de vacances !

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