22 août 2014

[Série] Rachel Morgan

Série bit-lit / urban fantasy de Kim Harrison, traduit par Lénaïk Corveller, éditions Milady (Bragelonne).

Lorsque j'ai parlé pour la première fois de cette série après la lecture du 1er opus (ce qui remonte à mars-avril 2011), j'avais écrit "Aaaaaah enfin un roman de bit-lit dont j’aime la couverture ! Hum, désolée pour cet enthousiasme qui n’apporte sans doute rien à cette fiche, mais il fallait que ce soit dit."
Je ne change pas d'avis ! Les couvertures de cette série sont sympas, même si j'en ai découvert d'autres encore mieux depuis.

Mon premier réflexe en fin de lecture du 1er tome de Rachel Morgan fut d’écrire à Melindra – grâce à laquelle je l’ai lu – via le forum CoCyclics, « J'ai moins accroché à Rachel Morgan qu'à Mercy Thompson mais pour la bonne raison que ce n'est pas du tout le même genre. ». J’avais aussi ajouté « Rachel c'est plus (beaucoup plus) délirant... » et ça, c’est très important, parce qu’avec le recul, j’en garde un sacrément bon souvenir de lecture.

Du coup, je me suis attelée à la lecture de la suite, et j'ai encore plus accroché. En fait, je crois que je suis accro à cette série déjantée et qu'au final j'apprécie plus sa lecture que celle des autres séries bit-lit que j'ai pu lire. Sauf Kate Daniels et surtout Kitty Norville, quand même, il ne faut pas pousser.

En 2013 et 2014, j'ai lu les 4 autres tomes traduits en français. Je suppose que les suites ne le seront pas, ce qui est à la fois frustrant et agaçant car la fin du 5ème se termine sur un drame dont j'aimerais bien savoir qui en a été l'outil...


J'ai décidé de ne pas faire de retour détaillé sur ces tomes, pas seulement par manque de temps, mais aussi parce qu'il est très difficile de ne pas spoiler. En effet, comme l'a souligné Melindra, l'une des qualités de la série Rachel Morgan, c'est que chaque tome répond aux interrogations / mystères principaux du précédent. L'auteur ne se moque pas de ses lecteurs et ne fait pas traîner en longueur. Ainsi, dans le tome 2, on découvre la réelle nature de Trent, et ainsi de suite. Cela offre une véritable dynamique à la série.


Reste que chaque Rachel Morgan est un pavé, toujours très riche en détails, peut-être que l'auteur aurait gagné à condenser un peu, pour ma part je n'en suis même pas certaine vu le plaisir que j'éprouve à suivre sa narratrice pas à pas, jusque dans son apprentissage en détail de la magie des lignes.

Et il y a de vraies tranches de plaisir dans cette série... morceaux choisis :
- des démons plus timbrés les uns que les autres (et flippants, vraiment)
- un pixie définitivement craquounet, surtout dans sa version "taille humaine" (son espérance de vie étant courte, j'ai mal d'avance)
- un personnage que j'adore qui se révèle un vrai salaud
- un véridique salaud que je n'arrive pas à détester
- un loup-garou procédurié amateur de paperasses (et de jolies filles)
- l'apparition d'une véritable princesse, qu'il ne faut pas emmerder
- un mariage huppé complètement foutu en l'air, avec une fiancée furax qui reste sur le carreau
- et surtout, honte de ma vie, un vampire qui aura réussi à me faire chouiner (qui l'eut cru ?)

... pas étonnant que j'accroche, malgré les longueurs, n'est-ce pas ?

Sorcière pour l'échafaud

Dans ce premier volet, ça part dans tous les sens, certains actes au début vont même un poil trop vite et si je me mets en mode « alpha-lectrice » je trouve à redire sur des points de détails, des choses qui auraient mérité d’être mieux justifiées ou amenées. Mais je me suis rarement autant amusée avec un roman, les situations loufoques permettent d’éviter l’auto-atermoiement de bien des héroïnes et Rachel ne se prenant pas franchement au sérieux, on peut même affirmer que ce n’est pas avec son amour propre qu’elle s’étouffera. Bref, c’est un roman qui dépote.
C’est bien la première fois qu’un auteur m’offrait, en guise de personnage féminin principal, une femme qui sent mauvais quasi d’un bout à l’autre du roman, au point que monter en voiture avec elle est un calvaire pour les autres personnages. Il fallait oser. Maintenant, j’y pense à chaque fois que je sens de la lavande, c’est vrai qu’à haute dose, c’est hyper écœurant.


Même si les déboires de Rachel sont très drôles, il n’empêche que c’est bien sympa de suivre ses aventures trépidantes, y compris (surtout ?) sous forme de vison. Le fait est que Rachel, comme toute héroïne de bit-lit, n’est pas épargnée par son auteur (c’est moi ou c’est une constante du genre, à savoir que les personnages principaux de bit-lit s’en prennent vraiment plein la gueule, au sens propre, au point que parfois ça doit vraiment sembler… too much, non ?).

Bon, j’avoue, j’ai aussi eu un vrai coup de foudre pour les pixies. Rien que pour eux, j’ai envie de lire les suites… Les pixies, c’est un peu comme le cassis, pour ceux qui se souvienne de la pub Petit Pimousse. Je ne parle même pas des autres « créatures » qui ont fait leur coming out dans cet univers où une maladie véhiculée par les tomates a décimé l’humanité, obligée de se reconstruire en acceptant la présence de ces voisins qui se cachaient jusque là et de manger… autre chose que des tomates (rien que ce postulat de départ, j’étais déjà en train de me marrer, bref).

Rachel Morgan, sorcière de son état, est associée à Jenks, un pixie, pour opérer des missions visant à mettre en taule ceux qui pratiquent la magie noire sans licence. Ils opèrent dans le Cloaque, charmant nom porté par une zone de vie réservée aux créatures non humaines de Cincinnati. Rachel se morfond au cours de ces missions d’un ennui mortel, sans espoir d’amélioration car son chef l’a dans le nez.
Le soir où elle arrête une Leprechaun qui lui propose trois souhaits contre sa liberté, sa vie et celle de Jenks basculent : ils décident de quitter la Sécurité de l’Outremonde (SO) afin de monter leur propre boîte. Sauf que Ivy, vampire aux motivations douteuses, va les suivre et démissionner aussi afin de bénéficier du troisième souhait. Or Ivy est une Coureuse efficace que le SO n’est pas prêt à laisser démissionner : ne pouvant l’atteindre, c’est sur la tête que Rachel qu’une prime est posée.

Le bon, la brute et le mort-vivant

Plus de deux ans après la lecture du 1er opus, je me suis donc décidée à acquérir la suite pour m’y replonger. Grand bien m’en a pris car je n’ai quasiment pas retrouvé les défauts du premier tome (qui tenaient plus sur des points de détails qu’autre chose) alors que j’ai pu, avec joie, me replonger dans cet univers particulier et plonger à pieds joints et avec jubilation au milieu des déboires de Rachel.
Sa relation avec les vampires devient de plus en plus compliquée, y compris (surtout !) avec sa colocataire. Son petit ami joue avec le feu concernant les démons, inconscient du véritable danger qu’il court. Et on en découvre un peu plus sur Trent et sa clique (ce qui les rend encore plus dangereux…). Un vrai bonheur ! Avec en prime un chapitre d’un érotisme tendre et détonnant entre Rachel et Nick, qui rend leur relation d’autant plus intéressante et m’a fait mal pour eux vu la direction qu’elle prend à la fin du roman.


Une chose est sûre, il y a des dettes qu’il va falloir payer et les tomes suivants ne déçoivent pas, à ce niveau !



Sorcière blanche cœur noir



Pour une poignée de charmes


Et pour quelques démons de plus



Les plus de la série :


- le traitement des créatures non humaines, qui les rend très présentes et crédibles
(il ne faut quand même pas perdre de vue que ces romans sont assez déjantés, d’un bout à l’autre, tout de même)
- le ton de la narration, au moins pour ceux qui cherchent de la détente
- l’univers développé autour de l’uchronie de départ
- les pixies et leur mœurs (leurs enfants sont trop meugnons… et efficaces !)
- le « méchant » qu’on adore détester

3 commentaires:

  1. Ah ben voilà, j'ai bien fait de venir moi... pfff, plein de choses tentantes dans tes nouveaux articles...

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    1. Oups. Désolée ! ^^
      Note que cette série est quand même très spéciale :
      - ce sont des pavés (je ne blague pas !)
      - c'est assez barré
      - et, principal problème, l'éditeur français a arrêté de les traduire car le succès commercial n'a semble-t-il pas été au rdv
      Du coup, je préfère prévenir, quand même.
      Je ne suis vraiment pas certaine que ce soit des romans "tout public" que tout le monde accroche. D'ailleurs, il me semble que les avis sont très partagés. Pour ma part, j'aime parce que c'est un univers très riche, déjanté, avec beaucoup de personnages secondaires. En plus, la notion de "vampire vivant" / "vampire mort", avec la problématique du passage, est originale et bien sympa. Mais bon, voilà, il faut être capable de digérer les volumes...

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    2. J'aime bien le déjanté, et les pavés ne me font pas peur! J'achèterai le tome 1, pour voir. Suis curieuse moi comme fille!

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