31 juillet 2011

L'ange noir

Thriller fantastique de John Connolly, traduit par Jacques Martinache, Presses de la Cité

Ce roman est arrivé sur ma pile à lire par accident : une amie qui faisait du vide dans ses propres bibliothèques pensait que, visiblement, les miennes n’étaient pas assez chargées. Autant le dire tout de suite, ce roman s’adresse à un public averti car il est sombre et violent (très) et que l’on devine très vite que ça ne va pas se finir bien pour tout le monde. La violence n’y est pas forcément explicite, c’est juste que cet auteur pousse très loin la psychologie de ses personnages et ses ambiances, ce qui fait qu’on se sent un peu « pris au piège » avec eux.

Ce qui est amusant, c’est qu’à des détails, j’ai deviné que je lisais un opus qui s’inscrit dans une série avec « héros » récurrents… Alors que le roman se tient très bien comme un one-shot. En effet, je ne connaissais pas du tout John Connolly. Heureusement, j’en ai discuté avec Macalys qui en est fan et qui a su éclairer ma lanterne. La série Charlie Parker est dense : cet écrivain est prolifique. Et quand j’affirme que c’est « du lourd », je ne mens pas : tout commence avec l’assassinat de la femme et de la fille de Charlie Parker… 4 tomes plus tard, cela le hante toujours…


Cela m’a fait drôle quand même de lire coup sur coup deux romans qui se déroulent à New York mais dans des ambiances si opposées. Ce que j’ai vraiment apprécié dans L’ange noir, c’est la façon dont thriller et fantastique s’emmêlent et s’imbriquent, avec efficacité. Un fait étrange, en temps normal je n’aime pas les personnages « sur caractérisés », donc au départ j’ai tiqué concernant Louis. Mais l’auteur amène si bien les choses que finalement c’est passé, j’ai accepté ce personnage, alors que ce n’était pas gagné. Je pense que c’est son compagnon qui lui redonne et insuffle l’humanité qui fait défaut à son côté monsieur parfait.

Quand une prostituée toxicomane disparait à New-York, personne ne s’en souci. Sauf qu’il s’agit d’Alice, la cousine de Louis, qui s’était promis de la protéger. Son meilleur ami, Charlie Parker, décide de l’aider même si cela risque de sonner le glas de son couple : sa femme n'accepte plus qu'il se lance dans des enquêtes dangereuses et leur enfant n’est encore qu’un bébé, elle a peur pour la petite fille. Mais il s’agit de la famille de Louis, Charlie ne peut pas rester sans agir. D’autant plus qu’au fond de lui, avec cet instinct un peu effrayant qu’il possède, il le sent déjà : il est trop tard pour Alice.
Sur la piste de la jeune femme, Charlie et Louis vont découvrir l’art de la sculpture sur os humains ainsi que les traces d’une légende à laquelle des gens croient vraiment, au point de tuer en son nom : cette légende parle de L’Ange noir, une moitié d’ange à la recherche de son autre moitié, depuis des siècles.

Les plus du roman :
- la psycho fouillée des personnages
- la chute des anges
- les passages historiques
Brightwell : flippant à souhait
- les changements de point de vue, alternant la narration externe et celle de Charlie Parker

Les titres de la série :
Tout ce qui meurt
Laissez toute espérance
Le baiser de Caïn
Le pouvoir des ténèbres
L'ange noir
La proie des ombres
Les anges de la nuit
L’empreinte des amants
Les murmures

En tout cas, vous l’avez compris, John, Connolly ne chôme pas ! Mais ce que j’ai vraiment envie de récupérer, c’est Le livre des choses perdues, qui me parait à mi-chemin entre Alice au pays des Merveilles et Faëries, mais dans une version bien plus sombre puisque c’est écrit par John Connolly. Au fond, je ne suis même pas vraiment convaincue que ce soit du jeunesse pur et dur. Donc peut-être plus proche du labyrinthe de Pan, bien qu’il semble que Connoly y revisite vraiment les contes « classiques », à sa sauce.

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