16 juin 2011

Blanche ou la triple contrainte de l'enfer

Roman historico-fantastique d’Hervé Jubert, éditions Albin Michel.

Il est temps que je reprenne mes fiches de lecture, sinon je n’arriverai jamais à parler des excellents romans que j’ai lus dernièrement. Ce serait dommage. Et ce même si j’en ai aussi plusieurs qui me sont tombés des mains en cours de route (j’ai de moins en moins de scrupules à reposer, en regard de mon énoooorme pile à lire).

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un roman jeunesse que l’on m’a offert et qui a été une super surprise. Évidemment, il y a bien quelques petites choses que j’aurais à redire, des choix de l’auteur auxquels je n’ai pas adhéré ou bien qui aurait pu être mieux exploités à mon sens, mais cela n’aurait pas vraiment d’intérêt que je m’attarde dessus (en plus, les spoilers, c’est le mal). Ce que je retiens, c’est que ce roman se lit comme un bon polar historique, mâtiné de fantastique, avec une jeune héroïne de bonne famille super attachante livrée à elle ; ce qui lui convient bien vu sa nature débrouillarde et indépendante.


Blanche ou la triple contrainte de l’enfer est un roman dynamique, faussement léger, dans lequel le ballet des victimes et des bourreaux ne cesse de s’inverser. Les personnages sont bien campés, la paire formée par le commissaire Gaston Loiseau (l’oncle de Blanche) et son collègue Arthur Léo fonctionne, les amitiés de Blanche – et leurs limites ! – aussi. Que demander de plus ?

Par contre, question qui tue : pourquoi tous les auteurs qui font de l’historique, de l’uchronie ou du steampunk situés fin XIXème siècle se croient-ils obligés de faire intervenir Sarah Bernhardt en guest-star ? Ca devient un véritable cliché en soi, à force. Quoique ce n’est pas dans Blanche que cela m’ait le plus ennuyé car là, elle y tient un vrai rôle, avec entre autre une scène truculente en fin de roman qui m’a beaucoup fait rire.
Enfin, je peux poser la même question pour Jack L’Eventreur…

Note : ce roman est le premier tome d'une série mais - merci à l'auteur ! - se lit comme un one-shot. Et ça, j'apprécie vraiment !

Alors que sa famille fuit en direction d’Angers l’arrivée des Prussiens, Blanche est séparée d’elle par un moment d’inattention et un mouvement de foule. Elle manque le dernier train qui parvient à quitter Paris. Cela ne la chagrine pas : sûre d’elle, elle retourne dans l’appartement familial, ravie de retrouver son amie Emilienne, la fille des concierges de son immeuble. Blanche se sait en sécurité, d’autant plus que son oncle reste à Paris pour assurer ses fonctions de commissaire. Justement, quelque chose gêne la jeune fille dans l’enquête qui vient de s’ouvrir concernant la mort d’un chapelier. Un tout jeune homme se voit accuser alors que Blanche est persuadée de son innocence. Elle va donc, sans aucun scrupule, marcher sur les plates-bandes de son oncle pour mener sa propre enquête.

Les plus du roman :
- le contexte historique maîtrisé qui fait plonger les lecteurs dans une ville de Paris assiégée
- les personnages principaux, en particulier Claude et son ambivalence
- le panel de personnages secondaires (gros coup au cœur pour l’un des médecins)
- la motivation de la vengeance qui soutient toute l’intrigue
- le ton du roman

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