15 avril 2011

Votre mort nous appartient

Novella d’anticipation à tendance ‘absurde’ d’Antoine Lencou, éditions Griffe d'Encre.

Ce très court roman est aussi une acquisition rapportée du festival Miroirs du Futur (Civray, 86). Pour ma part, sa lecture tombait sous le sens sachant que j’ai adoré la nouvelle « Ah la porte ! » parue dans l’anthologie « Ouvre-toi » du même éditeur et qui se situe… dans le même univers.
Cela remonte à presque 4 ans, à l’époque, je m’étais justement faite la remarque que l’auteur semblait à l’étroit dans le format nouvelle… autant dire que le développement sous le biais de novella ne pouvait que me plaire.


En toute sincérité, son univers est si complexe et absurde que je ne prétendrai pas avoir tout compris. Voilà, c’est dit. Mais ce ne sera qu’une invitation à relire ce texte à la fois court et riche, dans lequel personne ne peut prétendre être ce qu’il est ni même savoir ce qu’il est. Au final, les seuls qui soient fiables, ce sont ces objets aux personnalités souvent attachantes qui sont autant d’intelligences artificielles qui n’agissent que pour le bien de leur propriétaire. Installez-vous dans votre canapé, vous pouvez lui confier tout vos soucis ! La table basse se chargera de sélectionner le programme musical ad-hoc pendant que votre cuisine concoctera le repas qui sied à vos besoins énergétiques, sans risque pour votre cholestérol. Franchement, comment pouvez-vous encore avoir des angoisses existentielles dans ces conditions ?...

Roïn Venkoo a tout tenté depuis 4 ans sans résultat : il veut mettre fin à ses jours. Mais le bureau des suicides est une administration qu’il ne faut pas bousculer. C’est qu’il faut penser à remplacer les candidats. Quand on demande à Roïn de revenir dans six mois, il craque et désobéit. Il prend la liberté de se réapproprier son destin. Splash !
Autant dire qu’il a une drôle de surprise au réveil… eh non, il n’est pas mort. Ou du moins il ne l’est plus. Il n’était pas sur la liste des défunts autorisés.

Les plus du roman :
- l’idée même qui soutient tout le parcourt des trois personnages principaux
- la plume de l’auteur, légère, pleine d’humour : un délice !
- l’absurdité de son univers, un bon moyen aussi de réfléchir à celle du nôtre
- les meubles (si si !)

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