19 avril 2011

Les lions d'Al-Rassan

Roman fantasy de Guy Gavriel Kay, traduit par Elisabeth Vonarburg, Poche J’ai Lu (éditions L’Atalante).

En 2007, à l’époque de mon tout premier blog, un fan de Guy Gavriel Kay m’avait envoyé Tigane, un roman que j’avais trouvé magistral et terriblement émouvant. Par la suite, les amateurs de Kay de mon entourage m’avaient tous prévenus d’éviter La tapisserie de Fionavar (première œuvre de Kay, encore trop imprégnée de son travail sur celle de Tolkien, imbuvable selon la plupart des lecteurs) pour me conseiller au contraire Les lions d’Al-Rassan. J’ai donc acquis Les lions et le jour où j’ai pu enfin me poser avec, je me suis régalée.


Ce que je peux en dire avec le recul, c’est que ce roman aurait été parfait… si ses personnages l’avaient été moins (là, vraiment, trop c’est trop ! j’avais déjà remarqué ce travers dans Tigane mais il prend ici un caractère systématique).
Le deuxième point faible, c’est la marque fantasy qui n’est pas assez forte : l’auteur est presque trop dans du pur roman historique, ce qui fait que je me suis demandée à plusieurs reprises s’il était vraiment parvenu à se détacher de la vision qu’il avait du pan d’histoire de la péninsule ibérique qui a servi de base pour sa fresque, alors qu’il est pourtant incontestable qu’elle est bel et bien imaginaire. Je pense que pour certains lecteurs, il manque cette petite touche de magie présente dans Tigane.

Enfin, je cesse là mes critiques car ce roman reste une grosse claque, avec une maîtrise parfaite des évènements, des enchainements et de la montée en puissance dramatique. Elle présente un ballet remarquable de l’ensemble des personnages (et avec pas moins de 3 peuples principaux et 2 peuples secondaires qui se côtoient, chacun avec sa culture, ses intrigues politiques et ses intérêts, forcément ça aurait pu partir en eau de boudin).
Tout commence avec la chute annoncée d’un peuple et de sa civilisation… et l’arrivée des voisins, comme des vautours, bien décidés à prendre la place. Non, en fait j’avance trop vite. Tout commence par l’assassinat d’un lion par un autre lion…
L’autre grande force de Guy Gavriel Kay, c’est qu’il parvient à nous livrer dans un one-shot (c’est un dire un roman unique qui se tient tout seul) un univers dense, complet, là où d’autres auteurs vous pondraient une multilogie en 10 volumes sur laquelle je me serais essoufflée bien avant de parvenir à la fin. Il n’en reste pas moins qu’il est très difficile de faire un résumé du début tellement ce roman est riche…

Depuis l’assassinat de son dernier khalife, l’Al-Rassan – empire des asharites - s’essouffle à cause de son éclatement en cités rivales. Les Kindaths, le peuple sans terres, subissent de plus en plus de pressions et se replient dans les quartiers qui leur sont attitrés. En temps de crise, c’est toujours sur eux que les foules passent leurs nerfs. Médecin kindath, Jehane rencontre dans des circonstances étonnantes Ammar Ibn Khairan, poète asharite charmeur et pourtant venimeux : c’est lui qui assassinat le khalife, quinze ans plus tôt. A la grande surprise de la jeune femme, l’homme connait son père, ils se sont fréquentés quand ce derniers pouvait encore pratiquer la médecine. Juste après, Jehane rencontre un autre homme d’exception : Rodrigo Belmonte, qui vient du nord de la péninsule, l’Espéragne, terre d’élevage de chevaux superbes et vouée au culte du dieu-soleil Jad. Les dés sont jetés et les destinées vont se heurter alors que couve la guerre.

Les plus du roman :
- les kindath, les seuls qui luttent pour la connaissance et le droit d’être, et non pour des terres
- les images choisies pour les religions : les asharites vénèrent les étoiles, les jaddites le soleil, les kindath la lune
- la maîtrise des intrigues, qui restent très claires et abordables une fois qu’on a passé le cap du début et identifié qui est qui (ou qui est quoi)
- le côté terriblement attachant des personnages (malgré leur perfection qui peut vraiment faire grincer des dents)
- le développement de l’amitié entre Rodrigo et Ammar, dont on sait pourtant qu’elle ne peut avoir qu’une issue tragique
- le carnaval (ceux qui ont lu comprendront de quoi je parle !)

9 commentaires:

  1. Oh j'ai adoré ce roman ! Comme la plupart des romans de G.G. Kay ! ^^

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  2. Tiens, ça fait 2 ans qu'il est dans ma PAL et toujours pas ouvert !

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  3. Nyna : ça ne m'étonne pas, tu fais parti de ceux qui me l'avaient conseillé. ^^

    Jo Ann : franchement, ça en vaut la peine ! Le début va peut-être te donner du mal mais accroche-toi, car c'est du bon.
    (par contre, si vraiment ce n'est pas un livre pour toi, j'en serai désolée, j'ai une connaissance à laquelle j'avais chaleureusement conseillé Tigane qui a été super déçue, j'ai conscience qu'on attend pas toutes la même chose d'un roman)

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  4. Hello miss Roanne, j'espère que tu vas bien. Je vois que tu gardes donc une préférence pour Tigane! En ce qui me concerne, parmi les romans historiques de GGK, c'est celui-ci que je préfère, même si je suis tout à fait d'accord avec toi que les personnages sont "parfaits"...

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  5. Alsem, ça me fait super plaisir de te recroiser ici ! Oui, je garde une préférence pour Tigane, merci encore, énormément, de tout mon cour, pour me l'avoir offert !

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  6. Contente qu'il t'ait plu ce roman...
    Et tu penses à la chanson d'arbonne aussi ?
    Pour ma part, je viens de terminer le dernier rayon du soleil de GGK : je suis assez inculte question culture viking et je n'oserais peut-être pas te le conseiller ;-) mais j'ai adoré (bon OK je suis une inconditionnelle de l'auteur !).

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  7. Je ne les ai pas encore sur ma pile à lire ces deux là mais cela ne saurait tarder.
    Le dernier rayon du soleil me fait envie, car justement je n'ai jamais lu à ce jour de roman qui s'inspire de la culture Viking et qui ne soit pas juste décevant. Je suis persuadée que de la part de GGK, ça ne doit pas l'être. Par contre, le speech rappel drôlement celui des lions ! (3 héros issus de 3 peuples qui s'opposent et doivent s'allier...) : j'espère que toute ressemblance s'arrête là... ^^

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  8. Franchement, pour le dernier rayon du soleil, j'ai eu un peu de mal avec le 4ème de couv'... Enfin, dans l'édition Pocket. La 1ère moitié est OK, la 2ème partie en revanche n'est pas très fidèle à l'histoire. C'est quand même un peu plus complexe à mon sens.

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  9. Je ne m'en souviens déjà plus. Note pour l'avenir : acquérir Le dernier rayon du soleil sans relire le 4ème de couv'. :))
    (merci Biskot !)

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