mercredi 27 avril 2011

Fedeylins, Les rives du monde


Tome 1 de la saga Fedeylins, roman fantasy de Nadia Coste, éditions Gründ.

Ce roman est particulier car c’est celui d’une personne que j’apprécie beaucoup à titre personnel, qu’il a été travaillé via le cycle de bêta-lecture du collectif CoCyclics et que c’est le dernier que j’ai lu en 2010, avant sa sortie officielle, car j’ai eu la chance de me voir offrir un exemplaire des épreuves non corrigées.
Je ne vais pas le cacher : je partage beaucoup d’affect avec ce livre dont je trouve la couverture aussi douce et apaisante que le contenu. J’ai préféré l’offrir a deux reprises déjà que de prêter ces épreuves, j’ai trop peur qu’on oublie de me les rendre ou qu’elles reviennent abimées…

Après, je ne dirai pas que la lecture a été un énorme coup de cœur car il m’a manqué un petit quelque chose pour cela. Par contre, le rythme du roman, desservi par un style magnifique, m’a permis de me poser et de suivre avec un grand plaisir l’évolution de Cahyl et le quotidien des siens. Car ce qui fait la force de ce roman, à mes yeux, c’est qu’il ne nous impose pas des rebondissements toutes les trois pages et pourtant les détails de la vie des Fedeylins, à la fois si proches et si différents de nous, sont addictifs. C’est un fait, Les rives du monde est un tome 1 où il ne se passe pas grand-chose et pourtant j’ai découvert cet univers avec ravissement.


Par contre, je comprends tout à fait que cela ne ravira pas tous les lecteurs et que certains arriveront à la fin frustrés : tout à l’air de vraiment commencer dans les trois dernières pages… comme si on avait lu un long prologue. En effet, il ne faut pas perdre de vue que c’’est une saga, prévue sur 4 tomes ; il est évident que ce tome 1 invite à la lecture de ses suites et ne fait qu’en préparer le terrain. Les tomes des Fedeylins ne sont pas conçus pour se lire indépendamment les uns des autres car c’est une seule et même histoire, cohérente, qui a été développée au point de nécessiter d’être ainsi découpée.
C’est amusant en tout cas de voir que là où de nombreux auteurs de fantasy vous emmènent dans des univers denses, gigantesques, pour vous en mettre plein la vue, Nadia Coste se focalise au contraire autour d’une mare et de son biotope. C’est pour le moins rafraichissant !

J’ai hâte de dépasser ce long prologue pour découvrir enfin la suite. En effet, l’autre point fort de cette histoire, à mes yeux, c’est la thématique principale : la dictature du bonheur. Naître Fedeylins, c’est accepter… Quelque part, on retrouve là une partie des travers de notre société. Tout au long de ce tome 1, les Fedeylins sont dans l’acceptation et on peut voir ce qui se passe quand l’un d’entre eux, comme Naï, ose remettre en cause ce fonctionnement. Viscéralement, parce qu’il est né Fedeylins et qu’il a été éduqué ainsi, Cahyl veut plus que tout être comme les autres. J’ai donc hâte de découvrir s’il va remettre en cause les fondements de sa société et si les tomes suivants vont lui permettre de lutter contre l’acceptation aveugle des siens pour s’émanciper.

Après cinq années passées dans sa bulle, sur un nénuphar, Cahyl éclot avec des dizaines d’autres Fedeylins. La première épreuve consiste à rejoindre la rive, nombreux sont les larveylins qui se noient. Cahyl est sauvé de justesse pas l’intervention d’un énorme têtard, qui portera la forme de ses petits doigts imprégnée sur son front tant le jeune Fedeylins effrayé s’y agrippe pour survivre.
À peine remis de ses émotions, Cahyl passe l’épreuve de la détermination des castes : un père fondateur vérifie la marque qui doit le lier à la sienne et à son destin. Mais Cahyl n’a pas de marque et le père fondateur, sans qu’il en connaisse la raison, ne le dit pas et le place parmi les transmetteurs.
Mais Cahyl s’interroge. Quelle est vraiment sa place, pourquoi sent-il l’inquiétude de sa mère ? Et s’il n’avait pas été destiné à survivre et à parvenir à la rive ? Alors qu’il doit cacher sa différence et sa maturité anormale, Cahyl doit aussi apprivoiser la trop forte empathie qui le lie à son peuple et perturbe ses nuits.

Les plus du romans :
- le peuple Fedeylins, très attachant
- la non violence et la paix de ce peuple (très bien mise en valeur par son Némésis, les Gorderives)
- les us et coutumes, les petits riens du quotidien qui font tout
- le ton mélancolique, nostalgique (ce qui peut être rédhibitoire pour certains lecteurs)
- les relations entre les membres d’une famille, d’une fratrie.

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