6 février 2011

[Série] Les Mondes de Chrestomanci


Romans fantastiques / urban fantasy de Diana Wynne Jones, éditions Folio junior / Gallimard jeunesse.
Ma sœur est une sorcière, tome 1, traduit de l’anglais par Florence Seyvos
Les neufs vies du magicien, tome 2, traduit de l’anglais par Sylvie Simon
La chasse aux sorciers, tome 4, traduit de l’anglais par Henri Robillot
Les magiciens de Caprona, tome 5, traduit de l’anglais par Sabine Sirat
… je dois mette la main sur le tome 3 Le destin de Conrad, le seul qui me manque. Il reprend les personnages du tome 2, si j’ai bien compris, alors que ce n’est pas le cas des autres volumes, qui peuvent se lire indépendamment).
Sinon, à noter, il reste 2 volumes qui n’ont pas été traduits en français (les anglophones ont de la chance, ils peuvent toujours les importer et les lire en VO).

Les Mondes de Chrestomanci ne forment pas à proprement parler une multilogie mais plutôt un univers dans lequel l’auteure anglaise Diana Wynne Jones a placé plusieurs intrigues souvent indépendantes les unes des autres, avec juste, en fil rouge, le personnage clé de l’enchanteur Chrestomanci (et encore, ce n’est pas toujours le même car Chrestomanci est un titre, ce qui fait que le jeune héros d’un volume peut tout à fait devenir le Chrestomanci d’un autre).

J’ai découvert la richesse de D. W. Jones grâce à l’adaptation animée de son roman Le château de Hurle par Miyazaki (titre de l’animation traduite par « Le château ambulant »). J’ai été très séduite par le roman en question et j’ai plongé ensuite avec délice dans Les Mondes de Chrestomanci, dans lesquels la magie est omniprésente et les mondes parallèles une réalité.
J’ai conscience que j’aurais peut-être dû rédiger un retour de lecteur sur Le château de Hurle pour commencer, j’essaierai d’y penser à l’occasion, car dans ce roman aussi l’auteure exploite les réalités parallèles (ce qui a été occulté pour les besoins du film d’animation, qui a pris beaucoup de libertés vis-à-vis du roman ce qui donne un résultat très différent).

Je pense que j’ai été charmée par l’écriture sans concession de Diana Wynne Jones autant que par le caractère de ses personnages. Les enfants ne sont pas de jolies têtes blondes mignonnes et parfaites, bien au contraire. Certains sont vraiment ignobles ou lâches, la plupart des « jeunes héros » sont des gamins un peu paumés, souvent considérés comme des « loosers » ou manquant de confiance en eux (de préférence, les deux en même temps). Cela les rend d’autant plus attachants qu’il leur faut évidemment relever le menton et accepter qu’ils valent quelque chose et peuvent réussir ce qu’ils entreprennent.
Quant aux adultes, ils ne sont pas mieux traités ! Entre ceux qui manipulent les enfants sans vergogne et ceux qui ne leurs sont pas d’une grande aide car eux-mêmes pas très courageux, ils n’ont pas toutes les réponses et c’est tant mieux.
Le ton de Diana Wynne Jones est atypique et c’est ce qui peut plaire ou déplaire : il est stupéfiant de voir la façon dont elle arrive à faire passer des sujets graves, voir des actes plus que répréhensibles, comme une lettre à la poste et ce grâce à la légèreté de sa plume. Ainsi, Ma sœur est une sorcière raconte ni plus ni moins un lent fratricide et la jeune sorcière n’éprouve aucun scrupule.


Chat est un enfant timide. Il a survécu au naufrage qui a coûté la vie de ses parents en s'accrochant à Gwendoline, sa soeur, qui ne pouvait se noyer puisque c'est une sorcière.
Gwendoline est une enfant capricieuse, ambitieuse mais vraiment douée pour jeter des sors. Lorsqu'ils sont tous les deux recueillis par la famille de Chrestomanci, un mage puissant, l’adolescente se comporte comme une peste pour se faire remarquer, avide de prouver ses capacités.
Elle déclenche sous le regard horrifié de son petit frère bien des catastrophes. Mais celui-ci ne dit rien, persuadé que seule sa sœur tient à lui et surtout éperdu d’admiration pour elle. Jusqu'au jour où elle pousse un peu trop le bouchon.


Christopher Chant, issu d’une famille d’enchanteurs, peut se transporter en rêve dans des mondes parallèles. Délaissé par ses parents qui se livrent à une guerre froide dont l'un des effets est de provoquer la fuite de leurs domestiques, l’enfant tombe sous le charme de l’oncle Ralph, que sa mère vient juste de lui présenter. Sous prétexte de le préparer à entrer à l’école, l’oncle Ralph impose une gouvernante à l’aspect fade, qui accuse Christopher de vol lorsqu’elle découvre les objets qu’il rapporte des Ailleurs après qu’on les lui ait offerts. L’oncle Ralph préfère écouter l’enfant et lui laisser expliquer la façon dont il procède pour rapporter les objets en question.


Au collège de Larwood, le professeur Crossley trouve un billet entre deux cahiers de géographie à corriger « Il y a un sorcier dans cette classe ! ». Il est bien embêté par cette accusation… Car l’inquisition n’aime pas les sorciers et qu’il n’a pas envie de risquer la venue de ses représentants dans l’établissement. Les élèves y sont tous plus ou moins eux-mêmes des orphelins de sorciers condamnés, la probabilité que l’un d’eux en soit un est évidente. Pendant que le professeur se demande la suite à donner, les élèves du pensionnat complètent leur « journal intime », sachant qu’il n’a rien d’intime puisqu’il est lu par la directrice. Ce qui ne les empêche pas d’avoir beaucoup de choses à raconter.


La cité italienne de Caprona risque de plonger dans le chaos : les deux familles les plus influentes, qui se vouent une concurrence farouche depuis des générations, perdent leurs pouvoirs. Voilà qui ne fait pas leur affaire, vu qu’elles aiment s’envoyer des sortilèges à chaque fois qu’elles se croisent.
Les jeunes Tonino Montana et Angelica Petrocchi sont un peu les vilains petits canards de leurs familles respectives… pourtant, ils vont se trouver réunis et dépasser leurs a priori pour défendre leur cité de la personne qui se sert des rivalités familiales pour lui faire du tort.

Les plus de ces romans :
- Le style fluide et direct
- L’humour so british, décalé
- Les personnages atypiques
- La réalité de ces Mondes, qu’on aimerait bien parcourir

2 commentaires:

  1. Vous n'avez pas d'image de l'oncle Ralph?
    C'est pour un exposé!

    RépondreSupprimer
  2. Google est ton ami : https://www.google.com/search?tbm=isch&q=chrestomanci%20uncle%20ralph&biw=1173&bih=648&sei=xgXHT_v-HsLQ0QWRrJDADw

    Il y a entre autre une chouette photo de Jude Law mais c'est lié à un blog dont l'auteur s'est amusé à faire son propre casting des personnages... en dehors de ce "dream cast", il y a peu d'illustrations consacrées aux différents personnages des mondes de Chrestomanci, sans doute parce que les romans n'ont pas été adaptés ?

    RépondreSupprimer