5 février 2011

Djeeb le Chanceur

Roman fantasy de Laurent Gidon, édition Mnémos.

Attention, si vous aimez les beaux héros tout propre sur eux qui volent au secours de la veuve et de l’orphelin, ce roman n’est pas pour vous !
Car Djeeb incarne un tout autre type de personnage et c’est bien pour cela que je l’ai adoré dès le départ, surtout avec sa capacité à rebondir sur ses envolées lyriques même quand il se « déchire » brillamment.
Car c’est un fait, Djeeb est brillant, il a même une capacité (un pouvoir ?) plutôt effrayant ; je n’en parle pas davantage car ce serait un affreux spoiler que l’auteur pourrait ne pas me pardonner.


L’autre grand pan de personnalité qui rend cet artiste-aventurier si intéressant, à mon humble avis, c’est qu’il n’est pas « droit dans ses bottes », ses intérêts passent avant tout le reste et s’il doit faire du tort ou s’abaisser à quelque lâcheté, cela ne lui pose pas de problème de conscience (notez quand même qu’il y a bien plus lâche encore dans ce roman !).
Au moins, Laurent Gidon nous a offert là un vrai personnage plein de fougue, de confiance en lui, et ça change des héros pleurnicheurs si courants dans les genres de l’imaginaire. C’est même salutaire. On ne sait même pas réellement après quoi court cet homme qui passe le roman à fuir et s’échapper.
Alors c’est sûr, on peut ne pas trouver Djeeb attachant, on peut estimer que sa quête n’a pas de sens, mais est-ce là l’important ? Puis au final, quand même, il la sauve l’orpheline…

Quant au personnage féminin principal auquel Djeeb va se frotter, je l’ai trouvée absolument extraordinaire, bien campée, et c’est tellement rare d’avoir des femmes de cette envergure ! Disons que là aussi, j’ai peut-être trop lu dernièrement des histoires où les personnages féminins principaux étaient toujours jeunes et donc en pleine découverte de la vie / recherche de leur devenir. Fran est une mère divorcée, elle n’a plus d’illusions mais entretien ses passions sans compromis possible, quitte à le payer cher.

Ambeliane est à la fois une ville, un port et un mystère car les étrangers ne peuvent y accéder. Djeeb, à peine devenu propriétaire d’un bateau, tente le pari d’y entrer malgré les interdits et le tabou qui protègent la riche cité. Et il y parvient ! Sauf qu’une fois sur place, il lui faut trouver moyen de s’héberger et même de se nourrir tout en échappant aux personnes qu’il s’est mises à dos. Il faut avouer que son accostage n’est pas passé inaperçu. S’associant avec un artiste et gagnant son surnom de Chanceur, il parvient à s’inviter dans une soirée mondaine organisée pour la haute société Ambeliane. Mais ce qu’il y découvre ne lui plait pas… manipulations et faux semblants s’entretiennent en autant de laideurs qui le heurtent.

Les plus du roman :
- Les envolées lyriques qui tombent au ras des pâquerettes,
- Ambeliane et sa société, surtout lorsque l’on découvre le véritable envers du décor
- Les relations au sein de la famille Herold (le grand-père est très attachant… sans naïveté)
- Les coups bas et la compétition entre les artistes

2 commentaires:

  1. Wouaou ! Merci pour cette belle lecture de mon petit Djeeb. J'ai l'impression que le livre vous a fait un peu plaisir, et c'est ma foi tout ce qui compte pour moi.

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  2. Oh, merci d'avoir laissé un mot ! C'est la première fois qu'un auteur me fait ce plaisir et ça me rend toute chose...
    Par contre, je dois rectifier le tir, la lecture de Djeeb ne m'a pas fait "un peu" plaisir : "beaucoup" serait plus approprié, j'ai vraiment trouvé le rythme du roman trépidant et j'ai adoré le traitement atypique des personnages. Un vrai délice.
    De ce fait, je n'ai qu'une envie : lire la suite !

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