24 novembre 2010

L'enfant des cimetières

Roman fantastique-horreur de Sire Cédric, France Loisirs avec l'autorisation des éditions Le Pré au Clerc.

Ma rencontre avec ce roman, c'est toute une histoire ! Sa lecture est à la fois un pari et la réalisation d'une envie de longue date : cela faisait 3 ans que j'entendais parler de Sire Cédric, avec toujours des échos positifs dès qu'il s'agit de ses recueils de nouvelles, nettement plus mitigés dès qu'il s'agissait de son premier roman (Angemort, il me semble) publiés chez feu les éditions Nuit d'Avril.

En avril dernier, à l'occasion de la JapaNiort, le hasard a fait que j'ai rencontré Robinson (le génialissime créateur d'Akiza) et Yushi. Allez savoir comment, nous nous sommes retrouvés à parler de Sire Cédric. Ils ont lu tous ses écrits -enfin, c'est ce que j'ai compris- et n'étaient pas tout à fait sur la même longueur d'onde pour le petit dernier. Du coup, comme je savais pouvoir me le procurer via France Loisirs, j'ai mis la main dessus et je l'ai passé en priorité de lecture (en gros, sur le haut de l'énooooorme pile de bouquins divers et variés que je stocke dans l'éventuelle attente d'une année sabbatique pour les lire...).
Quand on a des avis partagés sur un roman de la part de vrais fans de son auteur, cela pousse à se faire sa propre idée, non ?
Robinson, au passage, m'a conseillé de mettre la main sur les anthologies de Sire Cédric, il va falloir que je fouille sur le net... Lui aussi a qualifié ses nouvelles d'excellentes, donc forcément, ça me fait envie (très).

(couverture originale des éditions Le Pré au Clerc)

Bon, hum, si j'en revenais à L'enfant des cimetières, quand même ? C'est bien de raconter ma vie, mais c'est censé être un retour de lecture, restons concentrés.

Alors ce roman m'a réellement et agréablement surprise car il est parvenue à m'accrocher (façon je-ne-le-lâche-plus-tant-que-je-ne-l'ai-pas-fini) en utilisant... tous les clichés possibles du genre fantastique-horreur. Au point que c'est presque un exercice de style sur le sujet ! En parlant de style, j'ai trouvé celui-ci bien sympa, très efficace. Au début, les phrases courtes m'ont un peu surprise, dans certains passages elles coupent la respiration, et cela donne une tonalité au texte, on sent l'urgence qui étreint les personnages.
Alors pour en revenir à mon histoire de clichés, je m'explique : il faut avoir un minimum de culture sur le fantastique-horreur, du moins sur les bons romans d'auteurs américains que l'on pourrait cataloguer en "classiques". Le personnage principal terre à terre qui pratique une profession libérale, sa compagne artiste, le vieux flic célibataire et désabusé... Vous voyez ? Eh bien la grande réussite de Sire Cédric, c'est d'être parvenu à exploiter ces bases... en les adaptant à notre pays. Il a écrit un pur roman terreur "à l'américaine" qui trouve parfaitement son cadre dans un décor très familier.
Et, à titre personnel, je l'y ai suivi sans aucun souci.

Kristel, la compagne de David, pique une colère lorsqu'elle découvre au petit matin les clichés pour lesquels il a suivi sa collègue Aurore en pleine nuit : journalistes, ils ont couvert une affaire qui fera la une. Un fossoyeur pris de folie a massacré sa famille avant de se suicider.  La vision des photos des "sacs" met Kristel hors d'elle car elle estime que David gâche son talent. Contrairement à elle, le jeune homme manque d'assurance et préfère s'assurer un travail alimentaire. Sa compagne de son côté ne vit que pour son art, et le risque a payé : c'est une artiste peintre reconnue. Il faut avouer qu'elle est un peu aidée par une sorte de double vue. Malheureusement, celle-ci ne la protège pas : alors qu'elle rend visite à des enfants hospitalisés, un adolescent "possédé" lui tire dessus avant d'être lui-même abattu.
Anéanti, David va découvrir, en partie à l'aide de certaines de ses photos, que les choses ne sont pas ce qu'elles semblent être. Il va alors plonger dans une vraie décente aux enfers... Mais par 'chance', il ne sera pas seul dans l'ascenseur.

Les plus du roman :
- des personnages attachants (comme quoi, le talent fait tout, même en utilisant des profils "clichés")
- un vrai contexte fantastique-horreur, idéal pour les fans de gothique (d'ailleurs attention, le début est assez trash pour être réservé à un public averti)
- le vilain méchant pas beau (parce qu'il l'est vraiment, vilain, méchant et pas beau !)
- l'autre vilain méchant, parce qu'au fond il est peut-être pire
- l'atelier de Kristel


(il faut que je vous avoue un truc quand même ; en 2007, alors que je venais pour la première fois au salon du livre de Paris, j'ai croisé Sire Cédric et il m'a fait peur... du coup je ne sais plus si j'ai réussi à cafouiller une formule de politesse, mais chut, de toute façon tout le monde sait que je suis très couarde et impressionnable, pas la peine d'en rajouter, m'enfin du coup c'est mal barré pour une éventuelle dédicace si je vais de nouveau sur un salon où il est invité (je ferai comme pour Chien du Heaume, j'enverrai Beorn à ma place...))

Pour preuve que Robinson aime Sire Cédric, allez jeter un oeil ici ou ! Surprenant, n'est-ce pas ?

6 commentaires:

  1. En tous cas, unexcellente chronique qui donne envie de le lire, bonne journée et bien à vous.

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  2. Mémémé... Il ne fait pas peur du tout, Sire Cédric, c'est juste un grand jeune homme avec de grosses grolles marquées "New Rock", de longs cheveux auburn et un trait d'eye-liner autour des yeux !
    Et quand il parle, ça chante comme dans le Sud-Ouest, en plus.

    Tout ça pour dire que je n'ai jamais rien lu de lui.

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  3. Oph : c'est vrai qu'il a une très jolie voix et un accent charmant, je l'ai découvert aux dernières Imaginales.
    (m'enfin, tu oublies que je suis une naine à côté d'un elfe, forcément, ça complexe *rires*)

    Valmont : tant mieux si la chronique donne envie, cependant je préfère prévenir, c'est du pur fantastique-horreur, ça ne peut pas plaire à tout le monde.

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  4. Je suis bien une hobbit, moi, et ça ne m'empêche pas de baver devant des elfes !

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  5. Hein, quoi ? Tu as de grands pieds poilus ? Dingue, je n'avais pas remarqué... :))

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  6. Normal, je me fais épiler les pieds régulièrement à l'institut de beauté (et le pire, c'est que je n'invente rien).

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