28 novembre 2010

Entrechats

Roman mi-fantasy mi-uchronique de Cécile Duquenne, éditions Voy’[el] 
(note : c'est un roman que l'on peut qualifié de "passerelle", destiné à un public adolescent / jeunes adultes, il vaut mieux le savoir en l'attaquant).

Voici un sympathique roman de jeune auteur française qui m’a beaucoup plu (pour Entrechats, vous pouvez adopter jeune dans tous les sens du terme ! Cécile est du genre génie précoce).
Bon, je l’avoue, je n’aime pas la couverture (voilà, c’est dit) qui, bien qu’esthétiquement parfaite, m’a valu une délicate remarque de la part de mon cher et tendre « Tu lis des romans à l’eau de rose maintenant ? ». Gasp. Le pire c’est qu’après lecture du quatrième de couverture, mon homme s’est montré très curieux, attiré par le roman. Il avoue tout de même qu’il ne l’aurait jamais acheté à cause du packaging (il ne l’aurait même pas pris en mains en librairie) ce qui est dommage, très, car ce roman n’est pas destiné à un public purement féminin.
Pour moi, le couple est en trop sur cette couverture.
J’ai conscience cependant d’avoir des goûts particuliers en la matière : je n’aime pas que l’on m’impose une vision détaillée des personnages d’un roman. Mais alors pas du tout, surtout si c’est pour les changer en gravures de mode (c’est une question de sensibilité personnelle).


Oublions la couverture d’Entrechats pour revenir au roman en lui-même : il est, je l’ai déjà écrit, très sympathique. Le genre de roman que l’on aime retrouver à la fin d’une journée pas toujours mémorable, afin de s’embarquer pour un univers à la fois proche du nôtre, comprenant des éléments qui nous sont familiers, et pourtant très dépaysant.
Imaginez… un monde où un immense pays (proche de l’Egypte antique) a réussi haut la main son passage dans l’aire moderne tout en conservant une forme de magie. Cette magie est utilisée à tous les niveaux de l’état, y compris dans les sciences. Imaginez la difficulté pour ses citoyens d’accepter l’arrivée d’étrangers à leur magie et à leur culture, qui apportent des technologies différentes ainsi que des procédés mafieux. Il faut l’avouer, l’idée de fond est purement géniale.
Cela ne suffit pas à faire un bon roman, me direz-vous, ce sur quoi je peux vous rassurer : le scénario est à la hauteur pour exploiter au mieux ces décors originaux. En cela, l’auteur d’Entrechats est parvenue à me séduire doublement. Je me suis régalée avec son roman. Ce n’est pas compliqué, je n’ai trouvé au final qu’un seul vrai défaut de fond : l’âge de certains personnages ne colle pas avec leur background, mais j’ai appris que ce décalage n’est pas du fait de l’auteur ni de la maison d’édition (le roman a en effet subit une première direction littéraire qui n’a, semble-t-il, pas toujours été très pertinente).

Un sphinx a été assassiné… Sa dépouille offre une occasion unique d’étudier cette espèce mystérieuse. Khephren, étudiant sous la coupe de son frère Qâa, procède à l’autopsie. Malheureusement, divers intérêts se heurtent autour de la dépouille de la créature et le jeune homme en fait les frais. Agressé, il est horriblement mutilé et pourtant laissé en vie.
L’inspecteur Meskhenet, ancien ami de Qâa, va enquêter pendant que deux protecteurs inattendus prennent place sur le lit d’hôpital de Khephren : deux chats dont la simple présence le rassure, alors que son étrange infirmière, qui semble être la seule à les voir, ne les supporte pas.

Les plus du roman :
- les chats (surtout lorsque l’on sait ce qu’ils sont) et bien entendu, les sphinx
- l’originalité de l’idée de fond, de l’univers : les décors en sont vraiment dépaysants
- les personnages et leurs interactions, il n’y a pas de « héros » dans Entrechats, cela peut déboussoler certains lecteurs mais c’est ce qui fait l’une des forces du roman
- dans ces personnages, ceux  que l’on pourrait qualifier de « méchants » : c’est au final ceux qui sont le plus intéressants car ils agissent beaucoup et évoluent en conséquence… parvenir à attacher ses lecteurs à la bad-team, c’est quand même fort !
- enfin, la magie, car son omniprésence et la façon dont elle est utilisée, son lien avec les anciennes divinités, c’est l’une des belles surprises du roman (je n’en dis pas plus)

2 commentaires:

  1. J'aime beaucoup la couverture même si pour l'histoire, le couple, en effet est de trop. D'ailleurs, à la fin de ma lecture, j'ai dû demander à Cécile "au fait... le gars, c'est qui exactement ?" parce qu'il n'était pas si présent que ça dans l'histoire, en fin de comptes...

    RépondreSupprimer
  2. Tu as raison, sur toute la ligne : en plus, ce n'est même pas un couple (bien au contraire...).

    RépondreSupprimer